• L'histoire semble aller de soi. Pourtant, prononcer « l'évidence de l'histoire », c'est aussitôt ouvrir un doute. L'évidence est le fil conducteur de ces pages qui interrogent le statut du récit historique, l'écriture de l'histoire, la figure de l'historien, hier et aujourd'hui, de la Méditerranée antique à la France de la fin du xxe siècle. Depuis Hérodote, l'histoire est devenue une affaire d'oeoeil et de vision. Voir et dire, écrire ce qui s'est passé, le réfléchir comme un miroir : tels ont été quelques-uns des problèmes constituant l'ordinaire de l'historien. Les nombreuses reformulations modernes ont poursuivi ce travail sur la frontière du visible et de l'invisible. Parvenir à la vue réelle des choses, en voyant plus loin et plus profond. Mais, avec la fin du xxe siècle et la domination du présent, cette forte évidence de l'histoire s'est trouvée mise en question. Quel rôle pour l'historien face au « défi narrativiste », à la montée du témoin, à celle du juge, et alors même que mémoire et patrimoine sont devenus des évidences ?

  • De la Grèce ancienne à ses multiples interventions dans les affaires de son temps, c'est toujours en tant qu'historien que PVN aura agi et pensé : une réflexion profonde sur le sens de l'histoire et de la mémoire, par François Hartog. Historien, historien public, " historien en personne ", tel a été et s'est voulu Pierre Vidal-Naquet (1930-2006). Qu'il s'agisse de ses recherches sur la Grèce ancienne, de ses multiples interventions dans les affaires de son temps, ou de l'écriture de ses Mémoires, c'est toujours en tant qu'historien qu'il a voulu engager et mener le travail. Interroger cet en tant qu'historien - la manière dont il s'est constitué, les formes qu'il a prises, ses transformations - est une façon de traverser, avec lui et au-delà de lui, plus d'un demi-siècle d'histoire et d'historiographie : de la torture en Algérie au négationnisme, en passant par l'interminable conflit israélo-palestinien. Mais aussi tous les débats qui ont ponctués les dernières décennies : histoire et mémoire, juge et historien, histoire et vérité, autobiographie et histoire, usages politiques du passé, sans oublier les usages modernes de l'Antiquité ou les interrogations sur démocratie ancienne et démocratie moderne. Pour celui qui s'était qualifié d'" homme-mémoire ", l'histoire, très tôt devenue une évidence, a d'abord été une raison de vivre. Son oeuvre et son parcours singulier permettent ici à François Hartog de poursuivre sa propre réflexion sur ce qu'il a appelé l'" évidence de l'histoire ", et de proposer une lecture critique stimulante du " moment-mémoire " que vivent les sociétés modernes depuis les années 1980.

  • Que le passé se prête à des usages politiques, toute l'histoire de l'historiographie l'atteste. D'où vient alors que le souci d'une manipulation du passé se fasse toujours plus insistant, comme en témoignent la récente querelle des historiens allemands sur la signification du nazisme ou celle, en cours, sur le communisme ? Autour de quelques dossiers actuels, cet ouvrage s'attache à réfléchir sur notre présent historiographique et ses multiples usages politiques.

  • L'odyssée ; des dieux et des hommes

    ,

    lu par Gaël KAMILINDI
    • Lizzie
    • 10 Octobre 2019

    L'Odyssée, est-il nécessaire de présenter ce " très vieux poème " ? La superbe traduction (en vers) de Philippe Jaccottet fait revivre l'épopée d'Homère, qui vient " à son lecteur ou, mieux peut-être, à son auditeur un peu comme viennent à la rencontre du voyageur ces statues ou ces colonnes lumineuses dans l'air cristallin de la Grèce... ".
    D'après la tradition antique, Homère, l'aède aveugle, aurait vécu au IXe siècle avant J.-C. et serait l'auteur de cette épopée universellement connue, composée après
    L'Iliade.
    Cette traduction de référence est complétée par le bel essai de l'historien François Hartog,
    Des lieux et des hommes, qui parcourt l'espace géographique et maritime, mental et poétique du monde d'Ulysse.

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