Sciences humaines & sociales

  • De la Grèce ancienne à ses multiples interventions dans les affaires de son temps, c'est toujours en tant qu'historien que PVN aura agi et pensé : une réflexion profonde sur le sens de l'histoire et de la mémoire, par François Hartog. Historien, historien public, " historien en personne ", tel a été et s'est voulu Pierre Vidal-Naquet (1930-2006). Qu'il s'agisse de ses recherches sur la Grèce ancienne, de ses multiples interventions dans les affaires de son temps, ou de l'écriture de ses Mémoires, c'est toujours en tant qu'historien qu'il a voulu engager et mener le travail. Interroger cet en tant qu'historien - la manière dont il s'est constitué, les formes qu'il a prises, ses transformations - est une façon de traverser, avec lui et au-delà de lui, plus d'un demi-siècle d'histoire et d'historiographie : de la torture en Algérie au négationnisme, en passant par l'interminable conflit israélo-palestinien. Mais aussi tous les débats qui ont ponctués les dernières décennies : histoire et mémoire, juge et historien, histoire et vérité, autobiographie et histoire, usages politiques du passé, sans oublier les usages modernes de l'Antiquité ou les interrogations sur démocratie ancienne et démocratie moderne. Pour celui qui s'était qualifié d'" homme-mémoire ", l'histoire, très tôt devenue une évidence, a d'abord été une raison de vivre. Son oeuvre et son parcours singulier permettent ici à François Hartog de poursuivre sa propre réflexion sur ce qu'il a appelé l'" évidence de l'histoire ", et de proposer une lecture critique stimulante du " moment-mémoire " que vivent les sociétés modernes depuis les années 1980.

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