Éditions de l`École des hautes études en sciences sociales

  • L'histoire semble aller de soi. Pourtant, prononcer « l'évidence de l'histoire », c'est aussitôt ouvrir un doute. L'évidence est le fil conducteur de ces pages qui interrogent le statut du récit historique, l'écriture de l'histoire, la figure de l'historien, hier et aujourd'hui, de la Méditerranée antique à la France de la fin du xxe siècle. Depuis Hérodote, l'histoire est devenue une affaire d'oeoeil et de vision. Voir et dire, écrire ce qui s'est passé, le réfléchir comme un miroir : tels ont été quelques-uns des problèmes constituant l'ordinaire de l'historien. Les nombreuses reformulations modernes ont poursuivi ce travail sur la frontière du visible et de l'invisible. Parvenir à la vue réelle des choses, en voyant plus loin et plus profond. Mais, avec la fin du xxe siècle et la domination du présent, cette forte évidence de l'histoire s'est trouvée mise en question. Quel rôle pour l'historien face au « défi narrativiste », à la montée du témoin, à celle du juge, et alors même que mémoire et patrimoine sont devenus des évidences ?

  • Que le passé se prête à des usages politiques, toute l'histoire de l'historiographie l'atteste. D'où vient alors que le souci d'une manipulation du passé se fasse toujours plus insistant, comme en témoignent la récente querelle des historiens allemands sur la signification du nazisme ou celle, en cours, sur le communisme ? Autour de quelques dossiers actuels, cet ouvrage s'attache à réfléchir sur notre présent historiographique et ses multiples usages politiques.

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