• 639 de l'ère chrétienne. L'empereur Héraclius regagne Constantinople, malade, ayant dû abandonner la Terre sainte aux irrésistibles cavaliers du désert qui combattent au nom d'Allah. Au même moment, Dagobert 1er, maître des royaumes francs, se fait transporter à Saint-Denis, près de Paris, où il souhaite mourir. La même année encore, le calife Omar, deuxième successeur de Mahomet, contemple avec allégresse sa conquête : Jérusalem, où il est entré l'année précédente.
    Dagobert n'aura rien su de son contemporain Mahomet. Pourtant, moins d'un siècle plus tard, le duc Charles, dit « Martel », devra affronter les combattants arabes en Provence et dans le Poitou. Personne n'aurait pu prévoir la fulgurante expansion de l'islam, qui allait ensuite créer une civilisation originale sur les bords de la vieille mer romaine.
    Ces personnages, souvent stylisés ou mythifi és par l'historiographie ou la légende, revivent ici tels qu'ils furent : des hommes de chair et de sang, en proie à des rêves, à des ambitions, à des passions, à des doutes, à des peurs, jetés dans des événements dont ils peinent souvent à comprendre les enjeux.
    Dans le prolongement de L'Écriture du monde (Stock, 2013), ce tableau romanesque explore de façon vivante et incarnée des « âges obscurs » dont la trace marque encore le monde d'aujourd'hui.

  • VIe siècle de notre ère. L'empire romain d'Occident s'est effondré, laissant place aux instables royaumes « barbares ». Constantinople cependant ne renonce pas à l'espoir de reprendre les territoires perdus. Au coeur de cette époque troublée, déchirée par les dissensions religieuses, deux figures historiques vont tenter de frayer les voies d'une société nouvelle. 
    Cassiodore, romain de vieille souche, intellectuel et homme d'État passé au service du roi ostrogoth Théodoric, nouveau maître de l'Italie, impulse une politique de paix, de tolérance et de fusion des populations. Ses projets anéantis par la tyrannie et la guerre, il se retire du monde pour fonder un monastère, le Vivarium, voué à la préservation de la culture ancienne, profane ou sacrée.
    Théolinda, jeune princesse germanique promise à un roi franc, s'enfuit à seize ans pour l'Italie du nord, où elle s'offre au roi des Lombards, Autharis. Elle va se révéler une reine énergique, audacieuse, et jouer un rôle politique décisif, s'efforçant de stabiliser la conquête lombarde dans une alliance secrète avec le pape Grégoire le Grand. 
    C'est aussi une période inventive et foisonnante. Justinien à Constantinople fait édifier Sainte-Sophie, Clovis implante dans les Gaules la dynastie franque, Benoît de Nursie organise la vie monastique occidentale. Un moine nommé Denys établit le calendrier à partir de la naissance du Christ...Ces temps obscurs et pourtant fondateurs sont retracés dans un tableau romanesque passionnant qui vient éclairer ce que nous apprend l'histoire.

  • « Je le regarde, ce François de la photographie, un peu compact dans son blouson soigneusement fermé, avec sa bonne grosse tête sous sa tignasse coupée en frange. Il y a de la gravité dans son regard ; on sent qu'il ne prend pas les choses à la légère. De la défiance, aussi. Il paraît sur ses gardes. Il veut bien jouer le jeu, puisqu'il n'a pas le choix, mais on sent qu'il organise des défenses.
    Je lui dois tout, à ce François de sept ans, c'est lui qui détient dans son regard grave et ferme le secret de toutes mes ténacités, de mes obstinations, de mes solidités. »

  • À la veille de la Grande Guerre, Edmond Rostand est une superstar. Il a connu une ascension fulgurante, à moins de 30 ans, après le triomphe inouï de son Cyrano de Bergerac. Propulsé au coeur des mondanités du Paris de la Belle Époque, élevé au rang de plume nationale, représenté dans le monde entier, il jouit d'un prestige sans égal.
    Pourtant, il semble toujours avoir voulu fuir secrètement son rôle public, dans sa retraite basque au plus loin de Paris, dans un amour tardif et passionné, et aussi dans une continuelle dépression. Il prédira sa mort, conscient peut-être que la guerre met fin à une époque et qu'il sombre avec elle. La jeune génération littéraire l'oubliera bien vite.
    /> Ce sont les failles de ce poète doutant perpétuellement de lui-même, qui connut trop tôt la gloire et s'y brûla les ailes, qu'évoque François Taillandier, nous invitant à partager une fascination et une complicité qu'il éprouve depuis longtemps.
    Romancier, François Taillandier est notamment l'auteur de Anielka (Grand Prix du roman de l'Académie française) et de La Grande Intrigue, une suite romanesque en cinq volumes. Il a également publié plusieurs essais biographiques sur Balzac, Jorge Luis Borges et Louis Aragon.

  • Jesus

    François Taillandier


    Jésus, la biographie d'un romancier et d'un croyant.

    On a tout dit de Jésus de Nazareth : personnage de légende, imposteur, sage, mythomane et bien sur fils de Dieu. " Et vous, qui dites-vous que je suis ? " demande Jésus à ses disciples. Deux mille ans plus tard, la question demeure et chacun - athée, sceptique, agnostique ou croyant - tente d'y répondre. C'est à la fois en tant que romancier et croyant que François Taillandier propose sa vision. Sensible aux mots, à la construction des récits et à leur force, il revient aux textes qui parlent de Jésus : les Évangiles. Une interrogation guide sa réfl exion : qui nous raconte quoi ?
    A priori, les auteurs de ces textes n'ont pas connu Jésus. Ils ont écrit le récit de sa vie des décennies après sa crucifixion dans une langue qui n'était pas la sienne : le grec. Que peut-on penser de faits et croyances rapportées comme l'Annonciation, le miracle de Cana, les innombrables guérisons et la Résurrection ?
    Pour approcher Jésus, François Taillandier a appris le grec ancien. Il revient aux sources avec une totale liberté de ton, quitte à prêter à polémique. Dans cette biographie, le regard du lecteur critique et celui du catholique " libre " convergent pour soustraire à la banalisation et à " l'habitude chrétienne " une présence et un message qui ont changé l'histoire.

  • Solstice

    François Taillandier

    Solstice est le troisième et dernier volet d'un récit historique qui court de l'an 476 de notre ère jusqu'à l'empire de Charlemagne.
    En Espagne, l'émir omeyyade Abdéramane affronte le petit royaume chrétien des Asturies, regroupé autour de la légende de saint Jacques et du tombeau de Compostelle : ainsi prend corps un mythe qui imprègne toujours nos sensibilités.
    À Aix-la-Chapelle, la capitale qu'il a fondée pour rivaliser avec Constantinople, Charles, roi des Francs, s'efforce de fusionner la « Francie » romanisée et la Germanie encore païenne, tandis que les papes de Rome veulent faire de lui l'empereur de l'Occident.
    À ces personnages historiques, le romancier en adjoint un autre, imaginaire : Ahasvérus, le « juif errant », l'homme qui a vu crucifi er Jésus. Sa légende, souvent l'expression d'un vieil antijudaïsme chrétien, se mue ici en une quête à la fois historique et spirituelle. Ahasvérus, éternel migrant, est le témoin de tous les grands événements, et du destin du peuple juif dispersé, obstinément fi dèle à un Dieu qui semble l'avoir abandonné.
    L'empire de Charlemagne se disloque, la civilisation arabo-musulmane s'épanouit, la « Reconquista » espagnole commence... Le monde poursuit son histoire entre ordre et chaos, clarté et ténèbres. D'où l'invocation du solstice d'hiver, célébré à la fois dans les cultures païennes et chrétienne : le moment le plus sombre de l'année, qui promet la lumière et le recommencement.

  • On a popularisé un Borges « écrivain fantastique » ; on a commenté ses thèmes d'élection, la Bibliothèque, les labyrinthes, la circularité du Temps, les jeux de miroirs. Or plus je le lisais, plus il me semblait que le dilettante Borges, apparemment si indifférent au réalisme, si réfractaire à toute idée d'« engagement » de l'écrivain, parlait bel et bien de nous et de notre siècle. C'est la conviction que j'ai voulu faire partager : sans jamais poser à l'intellectuel et au maître à penser, Borges oppose aux croyances variées de son temps - marxisme, freudisme, rationalisme, scientisme - une persistante révocation en doute. En envisageant les hypothèses métaphysiques les plus étranges, en nous promenant dans l'histoire des religions et des hérésies, des révélations et des inquisitions, il nous renvoie à nos superstitions, à nos pseudo-certitudes, à nos intolérances. Il nous incite avec humour au réexamen de nos convictions les plus ancrées. C'est un sceptique ; un contestataire, en somme. Nous avons plus que jamais besoin de lui. F.T.

  • Depuis mai 2007, au fil de ses chroniques hebdomadaires dans L'Humanité, François Taillandier commente d'une plume acérée la France de Nicolas Sarkozy. On se souvient que l'élection du président avait été perçue alors comme un événement notoire, voire comme une ère nouvelle. Les idées, le comportement, le style de l'homme tranchaient sur tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. Comme beaucoup d'autres, François Taillandier en fut intrigué, surpris, souvent heurté... Mais au fond, qu'est-ce qui a vraiment changé durant toutes ces années, par-delà l'influence de la seule personnalité présidentielle ? Que dire de tous ces bouleversements qui atteignent notre quotidien dans son langage, ses habitudes les plus ancrées, sa perception du monde ? Dans ces croquis qui ne se privent ni d'humour ni de liberté, François Taillandier traque sans relâche la couleur du temps, avec souvent la nostalgie d'une culture et d'un art de vivre qui se meurent...

  • « Il ne sera donc plus jamais là, dans ce grand appartement un peu sombre, rue Guénégaud, où j'allais quelquefois, timide, pour le voir. On causait de tout et de rien. Et avec l'air de rien, cet homme me disait tout. "La politique ? Foutez-vous de ça, Taillandier ! Votre politique, vous la faites dans vos livres. Il n'y a que ça qui doit compter. Relisez-vous, et barrez tous les mots inutiles !" 
    Jean Dutourd m'a fait découvrir, quand j'avais vingt-cinq ans, une grande chose : qu'il ne fallait jamais croire ce que la société dit d'elle-même. Que seuls nos écrivains, nos peintres, ceux qui se sont brûlés juste pour donner au monde leur petite mélodie unique, sont les seuls à dire la vérité. Comment, me dira-t-on ? Cet écrivain bourgeois, cet académicien ? Oui. Il savait et il me l'a dit. Il a ouvert ça devant moi. Le père Jean. Il savait tout de notre langue, de notre histoire, de nos poèmes. Il n'aimait que ça. Il aimait comme il faut aimer : par coeur ! Il croyait, comme son cher général de Gaulle, que la France ne cesserait jamais, à cause de Corneille, à cause de Balzac, à cause de Toulet. Il espérait qu'il y aurait toujours des écrivains français. Qu'ils soient auvergnats ou qu'ils soient nègres, qu'ils se croient lorrains comme Barrès ou parisiens comme Proust. »Par François Taillandier,
    quelques jours après la disparition de son père en littérature.

  • On entre dans La Grande Intrigue, suite romanesque en cinq tomes, par une porte ou une autre et cet avant-dernier volume, comme le dernier (qui paraîtra en août 2010), peuvent donc être abordés par des lecteurs qui ne connaissent pas les précédents. On apprend peu à peu sur les personnages et leurs faits et gestes... Comme dans la vie.
    Dans ce tome comme dans les précédents, la chronologie est brisée, et l'auteur constate qu'il est obligé d'aller au-delà du cadre temporel qu'il s'était fixé (environ la seconde moitié du xxe siècle).
    Il joue ainsi sur les télescopages temporels, évoquant aussi bien la guerre 1914-1918 et les traces laissées dans les familles Maudon, Herdoin et Rubien, qu'une partouze parisienne à laquelle participent Nicolas Rubien et sa compagne et cousine Louise Herdoin et qui le fait remonter à la Genèse et au mythe judéochrétien de la Chute. Et sur les décalages générationnels comme lorsque le jeune Gregory Rubien initie son grand-père, François, le vétérinaire retraité de Villefleurs, aux secrets d'une émission de télévision, Cool Quartier, formule mixte entre Loft Story et Plus belle la vie (l'auteur s'est amusé à forger un nouveau concept de la télé-poubelle).
    On pourra aussi bien croiser un homme d'affaires chinois, numéro un mondial des sites de rencontres sur Internet, qui invente une nouvelle langue universelle, l'Unilog, que les méditations inquiètes du curé de Vernery-sur-Arre qui voit s'effondrer le catholicisme... Mais les échos d'un chapitre à l'autre montrent bien que l'on parle du même monde, d'un monde où les héritages du passé continuent subrepticement de peser sur les vivants, et dont l'avancée et les évolutions flirtant parfois avec l'absurde suscitent autant d'interrogations.

  • Le cinquième et dernier volume de La Grande Intrigue, Time to turn, prend une légère teinte d'anticipation ; l'action se déroule au-delà de l'année 2010. On est déjà dans World V, le monde délocalisé prévu par le mystérieux « Charlemagne ». C'est toujours notre monde, un peu aggravé. « Time to turn » est un message publicitaire lancé par un leader des réseaux numériques, et qui rencontre un écho exceptionnel. Le « turn », c'est changer de vie, d'habitudes, de références, de culture, de pays, de comportement. Cela peut être la métamorphose, l'ouverture à l'innovation, l'aventure... aussi bien que l'abandon, le reniement, la trahison. On ne sait pas. Mais le concept éclaire la vie ou la mort des personnages.
    Le fil conducteur est constitué par deux histoires amoureuses, en contrepoint. Greg Rubien rencontre Clara, ancienne disciple et confidente de « Charlemagne ». C'est d'abord une belle histoire d'amour, et puis cela se transforme (turn !) : Greg découvre en lui une puissance de jalousie irrésistible. Cette obsession empoisonne peu à peu leur histoire. Clara s'enfuit.
    Dans le même temps, Nicolas, son père, parti faire de l'urbanisme en Afrique (turn), noue une liaison avec une nommée Anne-Lise, project manager de l'entreprise Aelys qui fournit des transports, des adductions d'eau et du numérique. À l'inverse de l'histoire naïve et sincère que vit son fils, c'est une relation entre deux personnes dites « adultes », plus ou moins désillusionnées, qui au fond n'y croient pas elles-mêmes et, après quelques plaisirs, s'offriront surtout de la déception. Nicolas se reproche d'être infidèle à Louise mais ne trouve pas de raisons suffisantes pour agir autrement. Dans quelle mesure sommes-nous capable d'amour ? C'est la question qui inaugurait le tome IV.
    Cependant François Rubien, l'ancien vétérinaire de Villefleurs, est mort en 2009, laissant deux maisons, celle de Villefleurs et celle de Vernery-sur-Arre, qu'il tenait de son épouse. Emmanuelle, une des soeurs de Nicolas, après avoir gagné beaucoup d'argent en développant la chaîne de prêt-à-porter Celiman, va se réinstaller dans la maison de famille à Vernery. Elle semble se muer ainsi en une sorte de figure tutélaire, préservant tant bien que mal un lien entre passé et présent.
    « "Homère ne conclut pas, la Bible ne conclut pas", notait Flaubert. Eh bien moi non plus. Il n'y a aucune élucidation finale dans La Grande Intrigue, pas de grand secret, pas de thèse. On y a parlé de ce monde et de ses transformations, des morts et des vivants, des pères et des fils, de l'origine et du turn, de l'amour ou de son absence. Je crois bien que j'ai terminé. » F. T.

  • En s'attaquant à la langue française dans sa dimension politique et culturelle, François Taillandier constate son déclin avec une pointe de nostalgie et beaucoup d'humour, et cherche une autre approche, une troisième voie, pour convaincre de l'urgence qu'il y a à la défendre.

  • L?histoire de cinq familles racontée sur cinq générations, en cinq volumes. Tel est le projet ambitieux de La Grande Intrigue avec lequel François Taillandier renouvelle le roman familial et sociologique. Contrairement à ses célèbres prédécesseurs, d?Émile Zola à Roger Martin du Gard, l?auteur se promène librement d?un personnage à l?autre, d?une époque à l?autre, sans souci de chronologie. Il permettra ainsi à chaque volume d?être lu séparément et dans le désordre. Les événements relatés se situent entre 1955 et 2010, et se déroulent dans cinq types de lieux : le monde rural, la province, la ville classique, la banlieue moderne, l?espace mondialisé. Comme promis, voici le deuxième tome de La Grande Intrigue, Telling, où l?on retrouve - ou découvre - Étienne Maudon le grand-père qui a fermé sa gueule toute sa vie, Jeanne, qui dénonce le silence sans savoir quel silence elle dénonce, Athanase le petit Africain qui sera le vrai auteur de ce cycle romanesque, Nicolas Rubien qui s?interroge éternellement sur le rôle du roman, l?auteur de La Grande intrigue qui se demande dans quelle langue il écrit.

  • Option paradis est le premier tome d'une grande saga familiale en cinq volumes : La grande intrigue. François Taillandier renouvelle le roman familial et sociologique : contrairement à ses célèbres prédécesseurs, d'Émile Zola à Roger Martin du Gard, l'auteur se promène librement d'un personnage à l'autre, d'une époque à l'autre, sans souci de chronologie. Chaque volume pourra être lu séparément et dans le désordre. Les événements relatés se situent entre 1955 et 2010, et se déroulent dans cinq types de lieux : le monde rural, la province, la ville classique, la banlieue moderne, l'espace mondialisé. Selon un « philosophe » anonyme, la société occidentale aurait proclamé, dans les années cinquante, qu'elle réaliserait, « ici et maintenant », le Paradis qui permettrait d'échapper aux déterminismes anciens. Il décrit ce paradis sécularisé, son édification et ses contradictions. Option Paradis commence en mai 2001. Nicolas Rubien et sa cousine Louise Herdouin, devenue sa maîtresse, passent quelques jours en Bourgogne, dans la maison de feu leur grand-mère Gabrielle Maudon. Libérés des convenances et des silences mensongers, ils évoquent l'histoire familiale, leurs souvenirs d'enfance, leur mariage et leur divorce, leurs liaisons amoureuses. Louise et Nicolas sont aux marges du Paradis annoncé et de ses valeurs qui façonnent les individus. Devant les mutations sociologiques qui font tout exploser, Nicolas éprouve à la fois nostalgie et horreur du passé. Architecte fasciné par les utopistes, il est convaincu que le monde qui advient ne peut pas être le sien.

  • Dans ce troisième volume de La grande intrigue, on retrouve Louise Herdoin et Nicolas Rubien, les cousins amants, au QG de campagne d'un candidat à la présidence de la République, un dimanche d'avril 2002 de sinistre mémoire.
    Au cours de l'été 2005, Christophe Herdoin, le frère de Louise, perd son ombre sur une plage vietnamienne. En 1976, on apprend la mort de Pauline Doni, d'une péritonite aiguë. On n'avait plus de nouvelles depuis son installation à Paris avec son époux dans les années 1920. On découvre alors qu'elle a mené une vie bien différente de ce qu'on aurait osé imaginer. 
    Enfin, à l'automne 2009, Athanase, le jeune Africain qui travaille à Bruxelles, sait qu'il ne terminera pas sa thèse sur les Bantamas, son ethnie d'origine. Il décide alors d'écrire un roman. Il sera Sobel l'écrivain. 
    Il n'y a personne dans les tombes est un roman foisonnant où les vies s'entrecroisent, révélant les mystères intimes et les désirs étouffés dans une société de plus en plus normative. François Taillandier replace l'individu dans une histoire qui n'oublie pas les mythes anciens qui l'ont constitué. Architecture, religion, économie, littérature, en pleine mutation explosent dans ce récit multiple et mordant. Il joue avec les ruptures de style, dévoile les impostures des jargons et des codes institutionnels pour créer une langue pleine d'invention et de saveur.

  • 1942. Un acte antisémite - un coup de pied à la hanche, lors de la récré - a sauvé la vie de Maurice, 12 ans. Dans les heures qui suivent, l'ensemble de sa famille est pris dans une rafle. L'enfant, lui, est hospitalisé.Bientôt, son mal dégénère en tuberculeuse osseuse. Transporté d'hôpital en hôpital, Maurice n'a plus qu'un seul bien : une petite voiture, offerte à l'hôpital Saint-Louis par sa tante Régina. Ayant vu l'arrestation de son père, une conviction naît en lui : " Tu es orphelin. Tu n'as plus personne. À toi de te débrouiller. " Un jour, un médecin le cache pour lui éviter d'être évacué parmi les enfants juifs de l'hôpital. Plus tard, il ne sera pas autorisé à bénéficier d'une " machine miracle " censée soignée la tuberculose... et le seul à survivre de toute la chambrée.À la Libération, Maurice est confié à l'Assistance publique, puis recueilli par sa tante. Il aimerait suivre des études, mais la tante a besoin de ses bras. Une autre aventure commencera bientôt, avec l'achat d'un petit magasin...

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