• Né de la première guerre mondiale, élaboré dans la seconde par des survivants de l'extermination, le témoignage littéraire des violences politiques de masse est aujourd'hui un genre international majeur. De la Russie à la Chine, en passant par le Rwanda, l'Amérique latine, l'Algérie et le Cambodge, le témoignage va au rebours des conceptions cyniques ou décoratives de l'art par son ambition éthique et son exigence de vérité. Il bouleverse les catégories de la philosophie du langage et de la critique littéraire : les faits deviennent inséparables des valeurs, la stylisation de la recherche de la vérité. Le témoignage littéraire dépasse la mission éducative du « devoir de mémoire » et contribue à faire évoluer la notion de littérature mondiale autour de valeurs fondamentales liées aux Droits de l'homme. Toutefois, de faux témoignages et des romans historiques complaisants occupent également le devant de la scène. En prenant notamment appui sur les oeuvres de Primo Levi, et celles d'auteurs qui estiment qu'après la mort des témoins, la fiction romanesque l'emporte sur l'histoire, François Rastier interroge la « déconstruction » de l'histoire et de la littérature.

  • Loin d'être dépassé le texte est toujours devant nous. Agrémenté d'images ou de musique le texte demeure la dimension essentielle de la culture et de sa transmission. La linguistique a longtemps évité de prendre les textes pour objet tandis que les études littéraires ont toujours préféré l'esprit à la lettre. Pour renouveler ces problématiques et mettre fin à de stériles divisions académiques entre lettres et sciences, ce livre présente, parmi diverses approches de textes, des développements récents et inattendus de la philologie numérique à l'herméneutique matérielle. Qu'est-ce qu'un style, un thème, une figure ? En proposant de nouvelles réponses à ces questions qui intéressent toutes les oeuvres, voire tous les objets culturels, cet ouvrage veut contribuer à une sémiotique des cultures.

  • Pour la sémantique moderne, le sens d'un texte n'est plus seulement accessible à l'intuition : il peut se décrire rationnellement. L'analyse reconnaît d'abord dans chaque mot des composants élémentaires propres à la langue, que le contexte et la situation de communication convoquent ou virtualisent. Paradoxalement, cette microsémantique permet aussi de fonder la sémantique textuelle. Si bien qu'en deçà comme au-delà de la prétendue limite de la phrase se met à l'oeuvre une théorie descriptive unifiée. De manière cohérente, elle permet de rendre compte de questions éparses léguées par les traditions de la logique, de la rhétorique, de l'exégèse ou de la critique littéraire : métaphore, double sens, hypallage, tautologie, contradiction, thème et topos, etc. Toutefois le sens du texte n'est pas donné, mais construit par des stratégies de lecture. Aussi cette recherche s'ouvre-t-elle sur une théorie de l'interprétation, qui va de l'assignation du sens lexical à la construction des grandes unités textuelles. Elle ne cherche pas à énoncer le sens, mais à évaluer la plausibilité de divers parcours interprétatifs. Ce traité propose aussi des outils descriptifs aux linguistes, spécialistes de la littérature, historiens, psychologues, enseignants, bref à tous ceux qui ont affaire au texte, cette dimension majeure des langues.

  • Les recherches cognitives, certes prometteuses mais difficiles à cerner, peuvent être ici présentées et évaluées, car le point de vue du linguiste les ordonne et les met en perspective, loin d'une interdisciplinarité sans principe. Par une réflexion historique et épistémologique, le statut de la linguistique en leur sein se précise, jusque dans les débats entre cognitivisme et connexionisme. La sémantique est mise en jeu au premier chef, et d'abord dans ses rapports avec l'Intelligence artificielle, définie comme technologie. En second lieu, la sémantique se trouve bouleversée par les progrès de la psychologie cognitive et de la neuropsychologie. Les données expérimentales sur la catégorisation et la typicalité éclairent d'un jour nouveau la sémantique componentielle. En deçà, la neuropsychologie étaye une théorie originale de la perception sémantique. Rompant avec la problématique classique des rapports entre langage et pensée, une nouvelle sémantique peut ainsi aider l'ensemble des sciences sociales à relever le défi des recherches cognitives.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le plurilinguisme est en Europe la forme la plus souhaitable de communication pour le débat public : il porte des valeurs de tolérance et d'acceptation des différences et des minorités. C'est également un important facteur de développement économique, tant pour la communication au sein des entreprises qu'entre elles et en direction des marchés. Alors qu'une vision dominante de la mondialisation tend au monopole d'une seule langue de communication instrumentalisée, il faut pouvoir affirmer la supériorité du plurilinguisme.

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