• Un voyage au Mont Athos est le récit d'une double initiation, mystique et sensuelle. Allant de monastère en monastère sur la Montagne Sainte, le voyageur prend peu à peu conscience de son véritable Moi. Refusant de revenir chez les mortels, il se retire dans la région des cavernes où il accède enfin à cet Etat pur que l'Occident s'obstine à vouloir appeler Dieu. Mais l'esprit habite la matière et ce qu'Augérias appelle la Claire Lumière Primordiale illumine autant les secrets de la nature que les mystères de l'âme.
    François Augérias appartenait à ces esprits libérés des contingences qui forgent leurs propres mythes et leurs propres religions dans une solitude sommitale et dont l'oeuvre se crée hors de toutes modes comme de tous dogmes.

  • Publié à l'initiative de Jacques Brenner en 1964 et anonymement (avec pour seule mention « par l'auteur du Vieillard et l'enfant »), l'Apprenti sorcier fait partie des textes souterrains, secrets de la littérature française... Au coeur du Périgord noir, dans le Sarladais, « pays de revenants, de cavernes fraîches et de bois », un adolescent est placé chez un prêtre de trente-cinq ans. L'adolescent passe du rang d'élève à celui de serviteur puis d'initié. Il va bientôt percevoir « avec une extrême acuité les secrets du mouvement de la vie, la croissance des plantes, la fermentation des eaux mortes, tel mouvement imperceptible de l'air. » Il cachera son âme à l'abri des hommes dans une source secrète de la Vézère ; il gagnera contre la loi sociale. Et l'on comprend que ce récit ténébreux, brûlant d'amour, est un éloge de la différence, un apprentissage de la pureté.

  • Ce journal tenu alors que l'auteur était berger dans le Sahara dans les années cinquante est un ouvrage scandaleux ultime. Scandaleux dans l'aveu d'un plaisir naturel tiré des garçons, des jeunes filles, des animaux. Ultime car la quête d'Augiéras, dont le désir se lève contre « la vulgarité de l'Europe », est plus pure et plus passionnante que ses actes : traquer le secret d'une nouvelle alchimie, d'une nouvelle « mathématique » du verbe. Au risque de se brûler.
    De ces « notes ouvertes sur l'avenir » s'échappe le cri d'un homme : « Je ne suis qu'un barbare et j'ai vécu trop seul ». Epouvantable et prodigieux.

  • A la fin des années soixante, Augérias, fuyant la civilisation, s'installe dans une caverne en Dordogne. Entre feu et musique, il y invoque les forces surnaturelles. Domme ou l'essai d'occupation raconte cette vie retranchée. Dans un double mouvement de retour à l'état divin et de perte d'identité, l'auteur annonce la venue d'un « Homme » nouveau en osmose avec l'Univers... La société, des médecins ont cru Augérias fou, qui affirmait avoir « les goûts et les tendances d'un autre monde ». Les incantations de cet homme, médium et suspect, résonnent aujourd'hui étrangement dans un monde en chaos. Voici, littéralement, un livre culte.

  • Cette correspondance regroupe plus d'une centaine de lettres inédites de 1952 à 1971, année de la mort de l'auteur. Elle est accompagnée d'un texte de présentation, Lettre à un ami, et d'une postface, Le pacte secret, de Paul Placet, ainsi que de nombreuses notes et références à d'autres correspondances. L'ampleur de la période et la continuité du lien qui unit les deux hommes font de ces pages un événement pour comprendre l'oeuvre complexe et parfois réduite à son aspect marginal. Elles éclairent, nuancent et renforcent la vision des livres et des lieux : le Mont Athos, Domme, le désert, la Vézère et l'Afrique.

    Il y a chez moi une fatalité de voyage et d'instabilité, d'autant plus grande que, mettant le meilleur de ma vie dans mes livres ou dans ma peinture, je ne perds rien en brisant tout derrière moi ; j'emporte les livres et les tableaux comme les nomades emportent leurs dieux...

    François Augiéras à Paul Placet
    décembre 1962

  • Dossier consacré au peintre et écrivain François Augérias comprenant un texte d'introduction de Salah Stétié, des inédits d'Augérias, dont les trente feuillets retirés de la première édition de La trajectoire, une étude d'Olivier Houbert sur André Malraux et Augérias et la reproduction en couleur de sept icônes modernes.

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