• Désobéir

    Frédéric Gros

    Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brulante. Dans cet essai intempestif, Frédéric Gros réinterroge les racines de l'obéissance politique. Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? C'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'étudier, d'inventer, de provoquer de nouvelles formes de désobéissance : la dissidence civique, la transgression lyrique... Rien ne doit aller de soi : ni les certitudes apprises, ni les conventions sociales, ni les injustices économiques, ni les convictions morales.
    La pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences et aux généralités, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. à l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.
    Philosopher, c'est désobéir. Ce livre en appelle à la démocratie critique et à la résistance éthique.

  • La marche à pied connaît de plus en plus d'adeptes qui en recueillent les bienfaits : apaisement, communion avec la nature, plénitude... Nous sommes très nombreux à bénéficier de ces dons. Marcher ne nécessite ni apprentissage, ni technique, ni matériel, ni argent. Il faut juste un corps, de l'espace et du temps.
    Mais la marche est aussi un acte philosophique et une expérience spirituelle. Allant du vagabondage au pèlerinage, de l'errance au parcours initiatique, de la nature à la civilisation, l'auteur puise dans la littérature, l'histoire et la philosophie : Rimbaud et la tentation de la fuite, Gandhi et la politique de résistance, sans oublier Kant et ses marches quotidiennes à Knigsberg.
    Et si l'on ne pensait bien qu'avec les pieds ? Que veut dire Nietzsche lorsqu'il écrit que « les orteils se dressent pour écouter » ? C'est ce que l'on cherche ici à comprendre.
    À la fois traité philosophique et définition d'un art de marcher, ce livre en réjouira beaucoup, qui ne se savaient pas penseurs en semelles.

    Une lecture sensible et incarnée qui donne envie de partir en promenade toutes affaires cessantes.

    © Carnets Nord, 2009 / Albin Michel
    © et (P) Audiolib, 2020
    durée : 6h07

  • Possédées

    Frédéric Gros

    En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions et d'hallucinations. Elle est bientôt suivie par d'autres soeurs et les autorités de l'Eglise les déclarent « possédées ». Contraints par l'exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent bientôt leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville. L'affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes. Frédéric Gros en fait le roman d'un homme : Urbain Grandier, brillant serviteur de l'Eglise, humaniste rebelle, amoureux des femmes, figure expiatoire toute trouvée de la Contre-Réforme. Récit d'une possession collective, le texte étonne par sa modernité, tant les fanatismes d'hier ressemblent à ceux d'aujourd'hui. Frédéric Gros, pour Possédées, fait partie des 12 auteurs sélectionnés pour le Prix Stanislas.

  • Passionnés ou dilettantes, d´autres le furent avant vous et le dirent, de leurs mots sages ou fous. Nos petites bibliothèques recueillent ces paroles d´amateurs à l´adresse des amateurs, échos d´un même imaginaire. Des textes à lire et relire, à partager ou à garder pour soi, à portée de main.
    À quoi sert de marcher ? Et d´où vient que nous sommes de plus en plus nombreux à randonner ? Marche-t-on différemment en ville, en montagne et en forêt ? Vaut-il mieux cheminer seul ou accompagné, avec ou sans objectif ? Le sac à dos - gage d´équilibre et maison portative - est-il indispensable au marcheur ? Quelle liberté, quel rapport à l´espace et au temps expérimente-t-on lorsque l´on est en route ?
    Dans les textes ici rassemblés, des poètes, des philosophes et d´autres écrivains marcheurs d´hier et d´aujourd´hui répondent à ces questions et à bien d´autres - témoignant chacun à sa façon de ce qui le fait marcher. De ce que la méditation allante, la vie motrice, pourvoyeuse d´énergie et de vigueur, a toujours été le meilleur rempart contre la mélancolie.

  • Dénoncer les relations de pouvoirs occultes, provoquer des résistances, permettre aux voix trop souvent étouffées de s'exprimer, produire des savoirs vrais qui puissent s'opposer aux gouvernementalités dominantes, défier nos libertés et nos possibilités d'action, faire surgir l'historicité de nos systèmes de savoir, de pouvoir et de subjectivation, montrer que rien en nous n'est fatalité, en définitive changer nos vies : telle est la tâche du philosophe selon Michel Foucault. À partir de l'analyse de ses oeuvres, cet ouvrage nous montre comment la philosophie de Foucault s'élabore dans des récits - histoires de la folie exclue, de l'accueil de la mort, des systèmes de pensée, des prisons, des guerres ou encore de l'aveu ou des plaisirs - qui, s'ils ne recherchent plus des significations ultimes, nous permettent de nous inventer à nouveau. À lire également en Que sais-je ?... Georges Canguilhem, Dominique Lecourt La folie, Roland Jaccard

  • Atlas d'immunologie

    Frédéric Gros

    • Dunod
    • 19 Septembre 2018

    Cet ouvrage présente de façon  synthétique et illustrée, les nombreux mécanismes de la réponse immunitaire et les différents types de cellules intervenant dans le système immunitaire.
    Les notions de base en immunologie, les modes d'explorations de l'immunité et les applications médicales de l'immunologie et les pathologies sont présentés sous forme de fiches illustrées par de nombreux schémas et photos en couleur.

  • Franz-Anton Mesmer publie son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal en 1779. Il y révèle l'existence d'un fluide universel aux pouvoirs thérapeutiques. Par simples effleurements de la main, ce fluide pourrait guérir et rétablir l'harmonie du corps et de la nature. Rejetée par la médecine officielle, portée par quelques guérisons « spectaculaires », cette théorie vaut à Mesmer une foudroyante popularité. La fièvre mesmérienne enflamme les imaginations, dans la France prérévolutionnaire des Lumières où son harmonie universelle fait écho aux aspirations à l'égalité et à la fraternité. C'est au coeur de cette histoire fascinante, celle d'un homme en qui s'incarne toute l'effervescence d'une époque, que Frédéric Gros, puisant sa matière romanesque au coeur de l'événement historique, nous entraîne.

  • 'Sécurité publique', 'sécurité alimentaire', 'sécurité énergétique', 'sécurité des frontières' : la sécurité constitue aujourd'hui dans tous les États un Principe régulateur, c'est-à-dire, confusément et tout à la fois, un sentiment, un programme politique, des forces matérielles, une source de légitimité, un bien marchand, un service public.
    Ce Principe est le fruit de quatre acceptions historiques : la sécurité comme état mental, disposition des grandes sagesses stoïciennes, épicuriennes et sceptiques à atteindre la fermeté d'âme face aux vicissitudes du monde ; la sécurité comme situation objective, ordre matériel caractérisé par une absence de dangers (c'est l'héritage du millénarisme chrétien) ; la sécurité comme garantie par l'État des droits fondamentaux de la conservation des biens et des personnes, voire comme bien public (surveillance, équilibre des forces, raison d'État et état d'exception) ; la sécurité comme contrôle des flux à notre époque contemporaine, avec ses concepts nouveaux : la 'traçabilité', la 'précaution', la 'régulation'.
    Loin d'être des acceptions successives, ces dimensions sont des 'foyers de sens', toujours à l'oeuvre conjointe ? la tranquillité du Sage ne dépend plus de techniques spirituelles mais d'un bon gouvernement et d'un État fort ; les ressorts millénaristes ont été recyclés par les révolutions totalitaires du XXe siècle ; la tension s'est installée entre la sécurité policière et la sécurité juridique, entre la sécurité militaire et la sécurité policière qui prétend, à son tour, combattre 'l'ennemi intérieur' ; la biosécurité et ses logiques de sollicitations permanentes ? être toujours et partout accessible, réactif ? sont à l'opposé de l'idéal antique de la stabilité intérieure ; tandis que la sécurité du marché impose un démantèlement de l'État-providence, des politiques de santé publique et des logiques de solidarité : la sécurité-régulation se substitue à la sécurité-protection.
    Pour finir, le Principe Sécurité se définit toujours par une retenue au bord du désastre.

  • La parenté des figures du génie et du fou est sans doute une constante de la culture occidentale, sinon de toute culture. Elle figurerait vite comme synthèse anthropologique, dont la philosophie pourrait alors dévoiler la dimension fondamentale. Mais cette grande parenté dans sa généralité pure, c'est le propre d'une époque de lui donner un style d'existence unique où se précipite l'historicité têtue de nos concepts. Cette étude tente de ressaisir la structure concrète d'un questionnement autour de la folie artiste dans la littérature psychiatrique des années 1850 jusqu'à l'aube du XXe siècle. Elle voudrait décrire le grand passage de l'écrivain paranoïaque à l'artiste schizophrène, l'invention de la dimension politique d'une synthèse art/folie, l'émergence et la transformation des parentés culturelles : l'artiste et le fou, d'abord perçus dans le cousinage sombre du criminel et de la prostituée, seront bientôt affiliés au primitif et à l'enfant. Trois axes ont été dégagés au cours de cette étude : la constitution d'une science clinique de l'écriture aliénée ; l'élaboration de la figure du génie malade à travers les notions psychiatriques d'hallucination, de transe nerveuse et de dégénérescence supérieure ; la stratégie sociale recouverte par l'affirmation brutale chez les aliénistes de la qualité artistique des oeuvres de leurs patients.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Quelles significations a pu prendre la folie dans les époques précédentes, avant d'échouer dans une stricte détermination médicale ? Questionner la folie a signifié pour Foucault entreprendre une étude des constitutions historiques des sens de la folie, ce qui l'éloignait de ses positions marxistes et l'obligeait à emprunter ses grilles de lecture à une phénoménologie des formations historiques de sens.

  • « En humaniste, bien que misanthrope, Wittgenstein n'a cessé de se soucier de l'humain, depuis sa lecture du Déclin de l'Occident de Spengler après la première guerre mondiale. Au point de développer à partir des années trente une véritable anthropologie, motivée d'ailleurs aussi par le déploiement de sa grammaire philosophique, qui exige comme arrière plan un ensemble de remarques consacrées à l'humain, ses réactions, son éthologie, ses us et coutumes, ses pratiques régulières etc. »

    Extrait de: Christiane Chauviré. « Le moment anthropologique de Wittgenstein. » iBooks.

  • This book addresses the possibilities of analyzing the modern international through the thought of Michel Foucault. The broad range of authors brought together in this volume question four of the most self-evident characteristics of our contemporary world-'international', 'neoliberal', 'biopolitical' and 'global'- and thus fill significant gaps in both international and Foucault studies. The chapters discuss what a Foucauldian perspective does or does not offer for understanding international phenomena while also questioning many appropriations of Foucault's work. This transdisciplinary volume will serve as a reference for both scholars and students of international relations, international political sociology, international political economy, political theory/philosophy and critical theory more generally.

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