République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivie d'une biographie de Flora Tristan. "Pour émanciper les serfs il faut les instruire, c'est pourquoi j'ai fait ce livre qui sera mon testament. Je l'adresse spécialement aux femmes afin de les délivrer de la superstition qui abrutit leur âme et rétrécit leur coeur [...]. Leurs droits sont les mêmes que ceux des hommes! elles ont de plus la divine prérogative de la maternité! Qu'elles soient donc mères, car les hommes sont des enfants! Assez elles ont régné par la ruse, assez elles ont triomphé par la corruption; l'heure est venue de la chasteté et de la justice! Oui, de la chasteté! [...] Oui, l'heure de la justice est venue [...]. La femme n'est pas une propriété, et le droit infâme de propriété sur les êtres libres s'appelle l'esclavage. La femme n'est pas née pour être esclave. Femmes, mes soeurs, vous avez souvent repoussé mes paroles parce qu'on vous disait que je voulais vous perdre. Non, vous dis-je; je veux vous sauver, mais il faut vous instruire, il faut vous dégager des scrupules d'une fausse religion, il faut vous armer de courage. Quand vous saurez vouloir, tout sera fait, car les hommes ont besoin de vous, comme l'enfant a besoin de sa mère!" - Flora Tristan

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Flora Tristan. "Pérégrinations d'une paria" est le récit autobiographique de deux années de la vie de Flora Tristan. Femme de lettres franco-péruvienne, féministe, militante socialiste et figure majeure du débat social au milieu du XIXe siècle, l'auteur de "L'émancipation de la femme" et de "L'Union ouvrière" raconte ici ses pérégrinations pendant les années 1833 et 1834. Années de voyage, de combat et d'émancipation pour se libérer d'abord d'un mari tyrannique puis pour tenter de récupérer l'héritage qui lui est dû auprès de sa très illustre famille installée au Pérou. Mais, soumise à l'arbitraire de la société patriarcale de l'époque, mesurant que le droit est contre elle en raison de son statut de bâtarde, elle échoue dans ses demandes légitimes de reconnaissance. Elle décide alors de revendiquer haut et fort la qualité de "paria" et se change en justicière des droits bafoués de la femme et en porte-parole des victimes de l'ordre social.

empty