• Ce livre est un manuel - la partie centrale d'un manuel - publié pour la première fois en 1963. Au début des années soixante, Fernand Braudel fut en effet sollicité pour rédiger un texte consacré aux grandes civilisations, désormais au programme des classes de terminale, un projet qu'il défendait de longue date. La langue de Braudel, éloquente et limpide, sa volonté de transmettre à un jeune public une vision de l'Histoire nourrie des autres sciences humaines, servirent à merveille la conviction qui fut toujours la sienne : «Enseigner l'histoire, c'est d'abord savoir la raconter.» Par son ambition - il s'attache successivement à l'Islam, à l'Afrique noire, à l'Extrême-Orient, aux civilisations européennes, à l'Amérique et à la Russie - et la clarté de son propos, Grammaire des civilisations est devenu un classique traduit en plusieurs langues.

  • Dans ce bref et lumineux ouvrage, Fernand Braudel présente les conclusions de trente ans de recherches sur l'histoire économique du monde entre le XVe et le XVIIe siècle.
    Loin d'être une discipline aride, l'histoire économique, nous dit Braudel, est l'«histoire entière des hommes, regardée d'un certain point de vue. Elle est à la fois l'histoire de ceux que l'on considère comme les grands acteurs, un Jacques Coeur, un John Law ; l'histoire des grands événements, l'histoire de la conjoncture et des crises, et enfin l'histoire massive et structurale évoluant lentement au fil de la longue durée».
    Excellente introduction aux travaux de Braudel et à ses principaux concepts, La Dynamique du capitalisme offre une leçon d'histoire concrète, ancrée dans le quotidien des villes, des marchés et des bourses du monde entier, qui parcourt le long chemin de notre modernité.

  • "Je le dis une fois pour toutes : j'aime la France avec la même passion, exigeante et compliquée, que Jules Michelet. Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j'accepte moins facilement. Mais cette passion n'interviendra guère dans les pages de cet ouvrage. Je la tiendrai soigneusement à l'écart. Il se peut qu'elle ruse avec moi, qu'elle me surprenne, aussi bien la surveillerai-je de près. Peut-être un tel effort me sera-t-il facilité par mes travaux antérieurs. Dans mes ouvrages sur la Méditerranée ou sur le capitalisme, j'ai aperçu la France de loin, parfois de très loin, comme une réalité, mais au milieu d'autres, pareille à d'autres. J'arrive ainsi tard dans ce cercle tout proche de moi, si j'y arrive avec un plaisir évident : l'historien, en effet, n'est de plain-pied qu'avec l'histoire de son propre pays, il en comprend presque d'instinct les détours, les méandres, les originalités, les faiblesses. Jamais, si érudit soit-il, il ne possède de tels atouts quand il se loge chez autrui. Ainsi, je n'ai pas mangé mon pain blanc en premier, il m'en reste pour mes vieux jours."
    Au soir de sa vie, le grand historien nous livre avec rigueur et passion les clefs de l'histoire de France : il en observe, fasciné, l'extrême diversité ; analyse les mouvements profonds et silencieux qui traversent l'espace ; situe les enjeux de son milieu géographique et de sa position européenne ; révèle les poids énormes des origines lointaines, des techniques et des traditions qui ont modelé son paysage.

  • Les deux volumes formant le second volet de L'Identité de la France - Les hommes et les choses - s'organisent autour de deux thèmes, étudiés dans la longue durée : la démographie et l'économie. Le premier volume, en décrivant l'évolution du nombre des hommes, fait apparaître une série de France successives, différentes et semblables, heureuses ou tourmentées, au gré des fluctuations qui ont, au fil des siècles, agité les masses vivantes de notre histoire. Cette relecture systématique du passé de la France est menée de la Préhistoire jusqu'à nos jours. Avancées et reculs, essors et rechutes se sont succédé de la Gaule celtique au milieu du XIVe siècle, jusqu'au cataclysme démographique de la Peste noire et de la guerre de Cent Ans qui, de 1350 à 1450 environ, fit disparaître la moitié ou plus de la population. Jamais plus, malgré les famines - fréquentes encore jusqu'au XVIIIe siècle -, malgré les guerres, la France ne connaîtra de catastrophe comparable. Une ère démographique nouvelle assure désormais une montée de la population, plus ou moins hâtive, plus ou moins régulière, mais ininterrompue depuis cinq siècles. Les problèmes de la France d'aujourd'hui ont d'autres noms : la dénatalité, générale en Europe mais amorcée chez nous beaucoup plus tôt que chez nos voisins - une originalité à expliquer -, et l'immigration, problème brûlant.

  • Les deux volumes formant le second volet de L'Identité de la France - Les hommes et les choses - s'organisent autour de deux thèmes, étudiés dans la longue durée : la démographie et l'économie. Le second volume s'intéresse à la longue primauté de l'» économie paysanne» en France - forme d'économie globale où la vie rurale est encore dominante par rapport à d'autres activités, industrielles et commerciales. Tous les pays d'Europe ont vécu, des siècles durant, en «économie paysanne» et tous s'en sont dégagés plus ou moins vite. La France plus lentement que quelques autres. Cette économie de la France d'hier est d'abord présentée dans son infrastructure : la vie rurale elle-même, avec son poids démographique, les rythmes que lui impose la nature, la lente évolution de ses techniques, le rôle des nouvelles cultures importées du Nouveau Monde, la place respective de l'élevage, de la vigne, des céréales, de la forêt... Le second chapitre est consacré aux superstructures, plus sujettes au changement et aux ruptures, et montre comment les villes, l'avènement de la grande industrie, le commerce, les progrès des moyens de transport, le développement du crédit et du capitalisme modernes ont été les instruments d'une déformation progressive de l'économie paysanne. Jusqu'à l'irruption d'une autre économie, et à l'émergence d'une autre France à travers les turbulences, les changements et les violences de la contemporanéité.

  • De 1450 à 1650, pendant deux siècles particulièrement mouvementés, l'Italie aux diverses couleurs, toutes éclatantes, a rayonné au-delà de ses limites propres, et sa lumière s'est répandue à travers le monde. Cette lumière, cette diffusion de biens culturels issus de chez elle, se présente connue la marque d'un destin exceptionnel, comme un témoignage qui, par son ampleur, pèse à son vrai poids une histoire multiple dont le détail, vu sur place, en Italie même, ne se saisit pas aisément, tant il a été divers. Voir l'Italie, les Italie, de loin, c'est rassembler en un faisceau unique une histoire fragmentée entre trop de récits, entre trop d'états et d'états-villes. Finalement, c'est dresser un bilan inhabituel qui est une sorte d'opération de vérité, en tout cas une façon particulière de comprendre la grandeur italienne et ainsi de mieux lui rendre, justice.

  • « Avec la Méditerranée, j'ai pris le large, j'ai visité avec ravissement à peu près tous les pays et tous les dépôts d'archives de Méditerranée. Cela m'a pris une vingtaine d'années. »
    Ce premier volume suit pas à pas les genres de vie qu'imposent aux hommes de Méditerranée la nature et les héritages de civilisation. Grands propriétaires des plaines et leurs paysans asservis, montagnards pauvres mais libres, peuples des marins, des pêcheurs et des corsaires, nomades du désert, immenses troupeaux des transhumances entre plaine et montagne, bêtes de somme et chariots, mers animées à la belle saison et désertées chaque hiver quand les vents mettent en péril voiliers et galères - telle nous apparaît la Méditerranée du XVIe siècle, toujours au bord de la disette, misérable et cependant richissime, à la croisée des routes du grand commerce mondial.

  • « Avec la Méditerranée, j'ai pris le large, j'ai visité avec ravissement à peu près tous les pays et tous les dépôts d'archives de Méditerranée. Cela m'a pris une vingtaine d'années. »
    Ce troisième volume est celui de l'histoire vive des événements durant le demi-siècle que domine le règne de Philippe II. En Méditerranée le conflit est permanent entre les deux grands champions de l'Islam et de la Chrétienté, l'Espagnol et le Turc. La paix avec la France, en 1559, marque le début d'un âpre duel, jusqu'au triomphe de la flotte chrétienne à Lépante, en 1571. Paradoxalement, celui-ci inaugure une longue période de paix. C'est que les flottes des deux adversaires, chacun aux prises avec ses propres drames, désertent la Méditerranée pour le grand bonheur des corsaires turcs et chrétiens, dont la petite guerre va remplacer la grande.

  • « Avec la Méditerranée, j'ai pris le large, j'ai visité avec ravissement à peu près tous les pays et tous les dépôts d'archives de Méditerranée. Cela m'a pris une vingtaine d'années. »
    Le deuxième volume de La Méditerranée est consacré aux économies et aux sociétés. Tout au long du XVIe siècle, la Méditerranée, bien qu'envahie par les bateaux du Nord, reste la puissance économique prééminente : l'or et l'argent que déversent en Espagne les mines d'Amérique aboutissent dans les mains de banquiers italiens, maîtres du crédit à travers toute l'Europe. Cependant, la Méditerranée partage les difficultés de sociétés en crise dans une montée à la fois d'inflation, de banditisme, de guerres civiles et religieuses - un destin commun aux deux civilisations qui la divisent : Islam et Chrétienté.

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