• Au cours de ces dernières 15 années, Fernand Gigon, journaliste international d'origine suisse, spécialiste des problèmes d'Extrême-Orient, a fait dix-huit séjours dans ce qui fut l'Indochine et qui est devenu un Vietnam dramatique. Son livre actuel, il l'a divisé en deux parties pour mieux montrer l'affrontement des deux adversaires : les Américains et les Vietcong. Au delà des combats et des hommes, cette guerre met en cause des méthodes, des façons de penser et de sentir, des stratégies totalement différentes. Elle oppose aussi deux civilisations qui finalement se disputeront le monde. C'est avec cette optique que Fernand Gigon a visité, depuis le début de l'escalade américaine, les bases de Da Nang et de Bien Hoa, la 7e Flotte, les « popotes » du delta du Mékong où se récoltent les confidences des soldats ; il a participé à de nombreuses opérations. Du côté Vietcong, fernand Gigon a pu questionner déserteurs et prisonniers. Grâce à leurs révélations, l'auteur de cet ouvrage peut montrer les rouages qui transforment un simple nha-qué - paysan des rizières - en un révolutionnaire ou un combattant. L'organisation communiste qui conduit une guerre révolutionnaire préfigure justement un type de guerre qui se complique et se perfectionne chaque jour. On ne peut rester indifférent à cette évolution car notre avenir et celui de nos enfants en dépendent.

  • Moins de trois millions d'habitants, mais le plus grand gisement de bauxite du monde, quatre-vingt-dix pour cent d'illettrés, mais les plus jeunes ministres dont on puisse rêver, une indépendance jouée à pile ou face, mais obtenue - pour la première fois dans l'histoire - sans verser une goutte de sang, des sacrifices et des incantations dans les villages reculés, mais un gouvernement écouté et efficace jusqu'au fond de la forêt, bref un pays que le monde entier surveille avec la plus extrême attention et où la France, la Chine et un marxisme un peu dissous par les chaleurs, jouent leur prestige et leur influence, voilà ce qu'est aujourd'hui la Guinée livrée à elle-même. Dans ce livre, Fernand Gigon ne s'est pas contenté de nous raconter son entrevue avec Sékou Touré, de nous faire assister à une séance décisive du Conseil des ministres, ou de nous décrire la population de Konakry, travaillant volontairement le dimanche pour restaurer les rues de la ville : il a, certes, photographié la Guinée, le sourire éblouissant de son Président, la gesticulation ancestrale de ses tribus et, à l'autre limite de la brousse, le comportement des ouvriers noirs sur l'immense chantier de Fria, mais c'est pour analyser ensuite et mieux comprendre une expérience politique et humaine, probablement unique dans l'histoire du siècle. Si la Guinée, malgré les balbutiements d'une liberté aussi soudaine, ne trébuche pas dans les mois à venir, tous les autres pays d'Afrique noire seront tentés d'imiter son exemple. Si, au contraire, Sékou Touré et son parti vont à un échec, leur faillite entraînera avec elle beaucoup d'illusions et de désordre, et les événements auront établi que la société africaine ne peut être déterminée que par des règles étrangères à l'Afrique. Or, Fernand Gigon, au terme de son enquête, affirme que les chances de la France sont restées intactes en Guinée. N'est-ce pas la France qui a révélé aux Africains le respect de l'homme ? Aujourd'hui, Sékou Touré offre à l'Occident une chance historique : avant de penser en marxiste, il pense en Africain, et avant d'agir en Communiste, il laisse parler la réalité de son pays. Cette option peut assurer, il en est temps encore, la continuité de la France sous l'équateur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Jeudi noir : très vite, tout le monde - banquier de Wall Street, fermier de l'Arizona, ouvrier berlinois, commerçant parisien-a su que le 24 octobre 1929 serait un jour noir que l'Histoire n'oublierait pas. En 104 minutes, un cyclone de ventes bouleversait la Bourse de New York qui, à 10 h 30 encore, ne donnait aucun signe de nervosité. Une panique hystérique secouait la Bourse, provoquait des suicides, éliminait d'immenses fortunes, ébranlait l'Amérique d'abord, puis le monde et se terminait dans le sang et les larmes de la Deuxième Guerre mondiale. C'est cette catastrophe, reconstituée grâce à des témoignages recueillis et des documents découverts aux États-Unis, que Fernand Gigon relate dans Jeudi noir. Il existe des milliers d'ouvrages sur ce krach et la grande dépression qui s'ensuivit, mais presque tous parlent chiffres ou statistiques. L'homme y est oublié. Fernand Gigon, au contraire, a placé les témoins au centre de son récit. Il décrit minute par minute la chute de la Bourse du pays le plus puissant de l'univers. C'est un monde hallucinant qui révèle les pires inconséquences des hommes. Le président de la Bourse n'a-t-il pas séjourné à Sing Sing ? D'autres banquiers, héros de la colossale fortune américaine, n'ont-ils pas été convoqués devant des cours de justice, puis condamnés, puis humiliés ? A chaque page, il fait surgir le visage de la crise : l'incroyable - même dans la misère - est toujours présent. Son récit fascine. Il raconte et explique. On ne peut, découvrant ce passé, que songer à ce qui pourrait arriver aujourd'hui.

  • Née le 10 novembre 1965 dans un journal de Shanghai, la Révolution culturelle est morte le jour où Liou Chao-Chi a été jeté dans la poubelle de l'histoire, ainsi que l'écrit le "Drapeau rouge", soit le 31 octobre 1968. Entre ces deux dates, le Président Mao Tsé-Toung a inondé la Chine et le monde de son "Livre rouge", tiré à un demi-milliard d'exemplaires, il a lancé dans la rue près de 15 millions de Gardes Rouges et a brisé, dans vingt-neuf provinces et villes, les structures communistes pour les remplacer par le pouvoir maoïste. Jamais, au cours de sa longue histoire la Chine n'avait été si profondément ébranlée. C'est cette histoire, crue et chaude, que Fernand Gigon raconte dans "Vie et mort de la Révolution culturelle". Il a trouvé, en Chine même les documents qui détaillent cette épopée politique. C'est la première fois qu'un auteur occidental en décrit les étapes.

  • Voici vingt ans que la Chine communiste existe. A Pékin, Mao Tsé-toung l'a proclamée "démocratique et populaire" le 1er Octobre 1949 devant un demi-million de ses compatriotes. Comment la vieille Chine des fumées d'opium et des filles fleuries vendues pour un sac de riz a viré au rouge, c'est ce que raconte, jour après jour, le journaliste suisse Fernand Gigon dans "Et Mao prit le pouvoir". Ce récit qui passe du drame à la comédie, c'est la vie fantastique du peuple chinois au cours de l'an 1949. Des centaines de témoins ont raconté à l'auteur de "La Chine devant l'échec" et "Vie et mort de la révolution culturelle" ce qu'ils ont vu, entendu et souffert pendant dix mois de combats. C'est de l'histoire crue, inimaginable, qui permet de comprendre la Chine contemporaine.

  • Dans les laboratoires de l'hôpital de Minamata, au Japon, une grosse et belle chatte qui porte autour du cou le médaillon n° 400 se met un jour à trembler de tous ses membres. Le poil hérissé, l'oeil fou, elle étire nerveusement ses pattes et miaule à fendre l'âme. Elle s'agite, se crispe, saute comme un ressort, se précipite enfin contre un mur et se fracasse le crâne. En mourant, cet humble animal a révélé au monde le drame de Minamata et du même coup a vaincu un des plus puissants trusts du Japon industriel en l'obligeant à payer plus d'un milliard de yens de dédommagement aux parents des victimes de la pollution. L'histoire est simple : une usine de produits chimiques dans le sud du pays répand ses déchets mercuriels dans la mer. Le plancton végétal, puis animal les absorbe. Les poissons s'en nourrissent. Au moment où les pêcheurs consomment ces poissons pollués, ils contractent ce qui sera appelé « la maladie de Minamata itaï-itaï ». Ce drame qui incarne le premier cas classique de pollution de notre temps, Fernand Gigon le raconte sans effets littéraires, brutalement. Les faits explosent dans la conscience des hommes qui s'aperçoivent soudain que des milliers de petits Minamatas les entourent et menacent la santé de leurs enfants. Fernand Gigon a vécu sur les tatamis avec les victimes de cette terrible pollution. Il a vu les handicapés, leur a parlé, les a interviewés. Il a vu les mères porter sur leur dos de véritables squelettes humains et a entendu leurs confidences. Il a rendu visite aux savants qui ont lutté pendant dix ans pour définir l'étrange maladie de Minamata. Il a longuement interrogé les jeunes militants qui ont donné à ce problème sa solution politique et ses dimensions universelles. Son témoignage, de première main, est unique et total. Il retentit comme un cri d'alarme qu'il n'est pas possible d'ignorer.

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