• Le terme « appropriation » est de plus en plus utilisé en sciences humaines, sans pour autant que l´on sache à partir de quels postulats il se trouve justifié, que ce soit pour expliquer une action ou pour en faire une méthode de recherche. Le but de ce court essai est de l´intégrer à une théorie de l´interprétation qui en révèle pleinement sa puissance, et c´est à partir du pragmatisme de Charles Sanders Peirce que cela est possible.

  • Penser le point de rencontre entre les pratiques sociales généralisées et les pratiques transformatrices, qui modifient les espaces socionumériques et leur permettent de devenir autre, implique de mettre en suspens deux préjugés persistants - soit le premier selon lequel les humains ne font que se déplacer dans les espaces en les laissant inchangés, et le deuxième selon lequel des catégories fixes prédéfinissent l'expérience réelle en réifiant ce que nous sommes et ce que nous pouvons être. Il s'agit plutôt de ramener à l'avant-plan l'idée selon laquelle les espaces, tout comme les catégories les définissant, sont des constructions actives du réel, continuellement en train de se faire et de se défaire. Or, quelle place prennent les pratiques humaines dans la transformation des espaces socionumériques ? Par quels processus ces espaces se transforment-ils ? Comment l'humain est-il lui-même transformé par l'avènement et la prégnance des espaces numériques ? Est-il possible de repenser les dynamiques spatiales du social autrement qu'en fonction de la dichotomie centre/marge ? Pourrions-nous, par exemple, reformuler ces dynamiques spatiales du social à partir des pratiques transformatrices basées sur l'appropriation et la résistance ?

  • Depuis plus de 20 ans maintenant, l'intermédialité transforme la façon de penser les textes, tous médias confondus. Elle a provoqué de nouvelles synergies entre les disciplines, induit de nouveaux partages et emprunts méthodologiques, et permis d'établir de nouvelles lignes de démarcation entre les cultures universitaires. Pour souligner ses 15 ans, la revue Intermédialités propose « Cartographier (l'intermédialité) », un numéro qui fait le point sur les différentes conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à l'international. Comment l'intermédialité permet-elle de distinguer les cultures universitaires ? Est-il possible d'unifier les conceptions que l'on se fait de l'intermédialité à partir des disciplines où elle apparaît plus ou moins incidemment (comme dans les études littéraires, les études théâtrales, les cultural studies, etc.) ? Ou sont-ce plutôt la langue et la tradition de recherche nationale qui sont déterminantes pour l'unité des conceptions que l'on se fait de l'intermédialité ? Quels sont les concepts communs que les domaines d'études émergents - en particulier celui de l'écologie des médias - doivent à l'intermédialité ?

  • La médiation et la mobilisation de l'objet technique favorisent l'apparition de nouvelles valeurs, de nouveaux modèles de références et d'actions, transformant par là le rapport à soi, aux autres et au monde. On reconnait généralement que l'objet technique est en mesure d'accroître ou de diminuer notre efficacité et notre productivité au travail, de même que notre puissance d'agir dans les activités libres et créatrices liées au désir d'expression et de production de soi. Mais même avec l'aide de l'objet technique, le sujet n'a pas la pleine maîtrise de son destin. La présence d'autrui lui est essentielle pour exister pleinement et librement. Sans douter que l'objet technique puisse être considéré comme un moyen mis à la disposition des individus ou mis en oeuvre par eux pour exister, on ne saurait toutefois réduire son apport à sa seule dimension instrumentale, car l'élaboration de soi suppose la connaissance des forces de détermination en présence, en commençant par celles de la technique, et des limites de ce que peut l'individu dans le contexte d'une société capitaliste basée sur le profit, la concurrence, l'efficacité et le rendement.

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