•  0500Le 16 octobre 1984, le capitaine de gendarmerie Étienne Sesmat se trouve sur les bords de la Vologne, dans les Vosges, alors qu'on retire des eaux le corps du petit Grégory Villemin. Il ne se doute pas en cet instant que ce drame va devenir l'une des plus grandes dérives judiciaires des vingt années à venir...Très vite, "l'affaire Grégory" défraie la chronique et divise l'opinion. Pour le capitaine Sesmat, qui sera le premier à conduire l'enquête, le crime de la Vologne n'est pas seulement une énigme policière, c'est aussi et surtout un monstrueux gâchis. Pourquoi en effet a-t-il fallut neuf années à la justice pour parvenir aux mêmes conclusions que les gendarmes après trois semaines d'investigations intensives ? Pourquoi les a-t-on dessaisis au profit de la police alors qu'ils touchaient au but ? Pourquoi ce dossier s'est-il enlisé dans l'un des pires chaos judiciaires et médiatiques qu'a connus notre pays ?Aujourd'hui, Etienne Sesmat n'est plus tenu par le devoir de réserve qui s'impose aux militaires d'active. Parce qu'il peut enfin parler librement, il répond aux accusations dont la gendarmerie a été la cible. En ce sens, son témoignage constitue un document exceptionnel, car s'il apporte une vision objective des faits, il livre aussi la vérité d'un homme confronté malgré lui à un dossier criminel hors du commun, et à un système judiciaire qu'il a toujours servi avec confiance mais qui a failli.0300Le 16 octobre 1984, le capitaine de gendarmerie Étienne Sesmat était sur les bords de la Vologne, dans les Vosges, au moment où on retirait des eaux le corps du petit Grégory. Il ne se doutait pas, en cet instant, que cette affaire allait bouleverser sa vie et sa carrière... Un document inédit.Le 16 octobre 1984, on retrouve le corps du petit Grégory Villemin dans la Vologne, à Docelles, un petit village des Vosges. Le crime est aussitôt revendiqué par un appel téléphonique et une lettre anonyme d´un « corbeau », apparemment proche des Villemin. Une enquête judiciaire minutieuse et rapide est menée par la gendarmerie locale, dirigée par Étienne Sesmat, dont les soupçons vont très vite peser sur Bernard Laroche, un cousin de la famille. Pourtant, le travail des gendarmes est aussitôt critiqué et dévalorisé par les avocats de l´inculpé, relayés par les médias qui font pression sur un juge d´instruction peu scrupuleux et accumulant les erreurs de procédure. Celui-ci retire l´enquête aux gendarmes, la confie aux policiers du SRPJ de Nancy, et finit par orienter ses soupçons vers la mère de la victime. Ce sera le début d´une dérive sans précédent dans les annales judiciaires, cristallisée par l´assassinat de Bernard Laroche, commis par le père de Grégory le 29 mars 1985. L´affaire sera finalement renvoyée à Dijon par la cour de Cassation. Un complément d´enquête sera nécessaire et, par un arrêt du 3 février 1993, le nouveau juge en charge de l´instruction soulignera de manière catégorique un non-lieu en faveur de Christine Villemin, accréditant notamment les premières investigations faites par les gendarmes.Pourquoi a-t-il fallu neuf ans à la justice pour arriver aux mêmes conclusions que les gendarmes qui, eux, avaient établi en trois semaines les faits qui auraient mené au coupable ? Étienne Sesmat, en reprenant la chronologie des événements, apporte un éclairage inédit sur une affaire qui suscite encore aujourd´hui passions et débats. Il répond aussi aux accusations dont la gendarmerie a été la cible, « sans haine ni esprit revanchard », mais en offrant une lecture objective et complète des faits.

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