• Il y a cinquante ans, deux universitaires, normaliens agrégés de philosophie, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, publiaient Les Héritiers. Vendu à plus de 100 000 exemplaires, ce livre est même devenu un long-seller selon le mot de Passeron. Six ans après, cette critique de l'école républicaine se radicalisait dans La Reproduction. Loin d'être émancipatrice, cette école contribuerait, en reproduisant les inégalités entre les classes sociales, à la conservation de l'ordre établi. Ainsi se trouvait récusé l'héritage républicain et tout particulièrement celui de l'instruction publique, dont la Révolution française, sous l'impulsion de Condorcet, avait jeté les fondations, et que la « grande République scolaire » de Jules Ferry, Ferdinand Buisson, Paul Bert et René Goblet a édifiée entre 1879 et 1886. Ce livre vise à montrer que cette sociologie de l'école, tout en proclamant l'intention de contribuer à la démocratisation de l'enseignement, en préconisant par exemple l'instauration d'une pédagogie inégale pour des élèves inégaux qui annonçait la discrimination positive des ZEP, a en fait apporté une légitimation intellectuelle à la déréglementation scolaire entreprise par les gouvernements de la Ve république depuis 1959, aboutissant à un démantèlement de l'instruction publique laïque qui s'accentue aujourd'hui.

  • Des chercheurs et des universitaires, tant sociologues que psychologues et philosophes, s'interrogent sur la signification de l'oeuvre de l'un d'entre eux récemment disparu. Pierre Naville, tout au long de sa vie, voulut soumettre à l'épreuve des faits et des calculs et fonder en raison les espoirs de l'humanité en sa libération. C'est là sans doute que se trouve l'unité de sa recherche, unité exigeante, et toujours à retrouver par delà chacune des formulations qu'il en donnait. Son activité a concerné tout à la fois le surréalisme, l'opposition de gauche à la bureaucratie, la psychologie, la sociologie, la logique. La nouveauté et la complexité de ses recherches ont souvent découragé les lecteurs. Mais la crise des sociétés contemporaines, celles fondées sur le capitalisme comme celles des États bureaucratiques, ne peut que renouveler l'intérêt d'une oeuvre immense qui ne peut plus rester secrète. Cet ouvrage est le premier sur Pierre Naville après sa disparition en avril 1993. La représentation de textes choisis et la publication d'inédits issus de ses Cahiers déposés au Cédias - Musée social à Paris, ainsi qu'une abondante bibliographie facilitent l'accès à l'oeuvre.

  • La fille ne regardait pas l'objectif, d'ailleurs elle ne regardait rien, à part peut-être une pensée, un regret, un projet? à l'intérieur d'elle-même. Elle ne souriait pas. Elle était tout simplement absente. En quelques jours, une foule innombrable de gens croisa ce visage. Et tous se dirent qu'elle avait l'air de poser pour son propre avis de recherche.
    Lorsqu'elle constate la disparition de sa fille Adèle, seize ans, Marion panique. Fugue? accident? Elle prévient son ex-mari, la police... Au fil des heures, l'angoisse croît. Adèle reste introuvable. Quelques jours plus tard, un attentat perpétré par Daech au Forum des Halles tue vingt-cinq personnes. Et si Adèle faisait partie des victimes ? Sans relâche Marion appelle les numéros verts, les ministères, scrute la presse, les réseaux sociaux, traque les moindres indices... Jusqu'au jour où, sur une image saisie par une caméra de surveillance, elle reconnaît Adèle, dissimulée sous un hidjab... Sidération, incompréhension, culpabilité. L'inexorable quête d'une mère pour retrouver sa fille commence.

  • Les bourgeoises Nouv.

    Mères de famille comparant les mérites de leurs nounous respectives ; parents ouverts à la mixité sociale mais ayant fait le choix de l'enseignement catholique pour leur progéniture ; jeune épouse ne sachant pas comment parler à sa femme de ménage ; trentenaire dévouée à la carrière de son mari redoutant le désoeuvrement...
    Les personnages de femmes peuplant le recueil d'Astrid Eliard ont en commun d'appartenir à une même classe sociale, la bourgeoisie. Néo-bobos d'aujourd'hui, de vieille tradition française, ou parvenues récentes, tour à tour ridicules ou attachantes.
    Renouant avec le ton doux-amer de son premier recueil de nouvelles, Nuits de noces, Astrid Éliard croque ses personnages avec une tendre ironie, souligne leurs tics sans jamais les juger et propose une galerie de portraits hauts en couleurs.

  • Danser

    Astrid Eliard

    "On est tous si affamés de pirouettes et de sauts, qu'on danse en dehors des cours, dans les chambres, dans le hall, dans le jardin." Nanterre, école de danse de Paris. Chine, Delphine et Stéphane n'ont qu'un rêve : devenir les étoiles de l'Opéra Garnier. Avec beaucoup de grâce, Astrid Éliard nous entraîne dans un monde à part, où l'on vit en tutu et chignon pour les filles, en collant pour les garçons. Mais derrière cet uniforme, on découvre des adolescents comme les autres, préoccupés par les questions de leur âge et de leur époque.

  • L'art africain bénéficie depuis quelques années d'un regain d'intérêt en Occident. Mais les pays africains n'en profitent pas tous également. Le Burkina Faso, qui est resté longtemps en marge de cette évolution, assiste aujourd'hui à l'émergence d'un véritable milieu de l'art. Ce livre, après l'analyse des conditions de cette évolution, se propose d'esquisser un état de la création contemporaine dans ce pays à travers la présentation de quelques artistes et de leur démarche.

  • Nuits de noces

    Astrid Eliard

    Sur la place de la mairie, on se bouscule, les mains brandissent des appareils photo pour intercepter nos sourires, à Jean-Paul et moi. Je tâche de cacher mes dents derrière mes lèvres qui restent scellées, et lève le menton bien haut, pour affiner la ligne de mon cou. Je voudrais avoir l'air d'une grande amoureuse, et m'agrippe au bras de Jean-Paul, comme si on était sur un radeau et qu'il y avait du roulis, genre «vous voyez, son amour me donne le vertige». Souriez-moi, car je n'en aurai jamais assez.

    Pour la mariée, le jour du mariage est souvent l'aboutissement d'un rêve de petite fille : un instant elle peut se prendre pour une princesse de conte de fées ou pour une actrice de cinéma. C'est le temps de la fête, des rires et des chansons, qui précède la nuit de noces. Dans la chambre nuptiale, loin des flashes des photographes, les couples sont confrontés à leur vérité. Les uns s'aiment sincèrement, les autres font semblant. Seule certitude : ils ont franchi le pas, reculer leur est désormais impossible...
    Astrid Éliard met en scène six couples, six mariages et six nuits de noces. Et six façons bien différentes de vivre cette étape décisive : des nouvelles tour à tour tendres, mélancoliques ou gentiment ironiques, comme autant de paraboles douces-amères.

  • Quarante années de réformes et contre-réformes au nom de l'idée d'égalité des chances ont contribué à déstabiliser l'institution scolaire. Faut-il pour autant organiser la fin de l'Ecole en la détournant de sa seule et véritable finalité : instruire des jeunes dans les meilleures conditions possibles pour contribuer à en faire des citoyens libres, indépendamment des pressions économiques ?

  • Éva se demandait souvent ce qu'elle avait fait de sa vie jusqu'à ses quarante ans. Selon elle, ils lui étaient tombés dessus avant qu'elle atteigne réellement cet âge. Qu'avait-elle fait tout au long de ces quarante années? Que n'avait-elle pas fait? À vingt ans, elle était, disons, pulpeuse. À l'époque, ses cheveux lui descendaient jusque dans le dos, c'étaient des cascades rousses, entortillées, des cheveux d'Ève au jardin d'Éden, des cheveux de Vénus sortant du bain, aussi exubérants que ses formes...

    Invités à la campagne par un acteur riche et célèbre, Éva et Michel s'apprêtent à passer un week-end de rêve. Mais rien ne se déroule comme prévu : il tombe des trombes d'eau, la maison au fond des bois est vétuste, et le tête-à-tête avec leur hôte oppressant. Toutes ces contrariétés et l'atmosphère étrange des lieux réveillent chez Éva une malaise diffus et font ressurgir de douloureux souvenirs. À quarante ans, devenue l'épouse modèle d'un chirurgien esthétique, elle se pose des questions sur son couple et sur sa vie...

  • Découvrez Sacrée Marie !, le livre de Astrid Eliard. Marie a tout pour être heureuse : un mari médecin, une jolie maison, des amies, deux enfants... Le tableau est idyllique, mais les apparences sont parfois trompeuses. Son mari la croit stupide, l'exploite et la méprise. Marie a toujours pensé que les enfants seraient le point d'orgue de son épanouissement personnel : elle constate que la réalité est bien loin de ses rêves. Déçue par le couple et par la maternité, Marie doit réagir. Dans une prise de conscience radicale, celle que tout le monde considère comme une idiote va forcer son destin, s'émanciper et prendre sa revanche...

  • « La première fois que j'ai lu un livre de Joyce Carol Oates, j'ai ressenti ce que les addictologues appellent le « flash », cette extase originelle qu'un intoxiqué n'a de cesse de reproduire par la suite. Je me suis alors plongée dans son oeuvre avec un appétit insatiable. Je ne sais pas si je lirai tout JCO, elle a tant écrit. Et c'est heureux pour moi. Quand je serai une vieille dame, rassasiée de jours et de lectures, je sais qu'il y aura encore et toujours, un petit roman, un essai, un poème, une phrase de JCO à picorer ici ou là. J'aime Joyce Carol Oates d'un amour inconditionnel, que ses livres soient grands ou petits, « mineurs » ou « majeurs ». Elle n'est jamais très loin de mon oreiller, elle est même tout près de mon coeur, quand j'ai perdu le goût de lire ou d'écrire.» Astrid Eliard L'auteur : Astrid Eliard est chroniqueuse littéraire. Elle a publié plusieurs livres sur les affres de la vie conjugale dont "Nuits de noces" (Grand Prix SGDL de la Nouvelle). Elle est aussi l'auteur de "Danser", qui retrace le quotidien de trois adolescents, petits rats à l'Opéra de Paris (Mercure de France). La collection Duetto : Ecrivains et critiques sont invités à évoquer leur grande passion littéraire, à parler d'un auteur qu'ils admirent, qu'il s'agisse d'un maître disparu depuis longtemps ou d'un contemporain qu'ils ont eu la chance de rencontrer.

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