• Les travailleurs modestes - du livreur à la caissière - sont, avec les soignants, ceux qui risquent leur vie pour maintenir les services essentiels par temps de crise. Cette soudaine visibilité est l'occasion de réfléchir au sort qui attend tous ces travailleurs dans la société d'après la crise : que faire pour que l'engouement dont ils bénéficient aujourd'hui dépasse les seuls applaudissements des Français à 20 heures tous les soirs ? Quelle politique conduire afin que leur engagement d'aujourd'hui ne se transforme pas, demain, en une légitime colère ?

  • Un chauffeur manutentionnaire refuse, au nom de sa religion, de transporter de l'alcool. Un conducteur de bus n'accepte pas de toucher le volant si c'est une femme qui l'a précédé. Un autre ne veut pas leur serrer la main. Une aide à domicile met un point d'honneur à ne pas acheter la tranche de jambon pour la vieille dame dont elle s'occupe. 
    Voilà les cas concrets auxquels Denis Maillard,  spécialiste des questions sociales et des mutations du travail, dans un cabinet de conseil spécialisé dans la prévention des risques professionnels, doit faire face depuis quelques années. 
    Comment un patron doit-il réagir  ? Comment gérer ces comportements  sans stigmatiser l'employé  ? Quel rôle doit être celui des syndicats  ? Soutenir le salarié coûte que coûte au risque de laisser le religieux s'immiscer dans les relations internes à l'entreprise  ? Ou sembler l'abandonner  en prenant fait et cause pour le patron  ? La laïcité s'arrête-t-elle aux portes de l'entreprise  ? Ou, au contraire, y a-t-elle droit de cité  ? 
    C'est à toutes ces questions que Denis Maillard doit répondre dans un monde du travail de plus en plus instable. Au travers d'une myriade d'exemples, ce spécialiste offre une démonstration implacable. 
    La situation est aujourd'hui intenable et pose une question essentielle pour faire face aux revendications identitaires  : à quelles conditions peut-on encore travailler et vivre en commun  ? 

  • En gagnant contre les partis et en ignorant les syndicats, Emmanuel Macron aurait tué les corps intermédiaires. Or, c'est parce que les corps intermédiaires n'existaient déjà plus qu'Emmanuel Macron a été élu. Et c'est parce qu'ils ne représentaient plus la société civile que les Gilets jaunes ont été possibles. Ceux-ci n'abattent pas le modèle français, ils prospèrent sur ses décombres !

    Dans ce monde d'après la social-démocratie, d'autres rapports sociaux prennent le relai. De nouveaux intermédiaires s'affirment - avocats, coachs, médiateurs ou psys, même youtubeurs. Des formes beaucoup plus directes, imprévisibles et radicales de conflits s'imposent. Syndicats et partis doivent revoir leur manière de représenter ces citoyens-consommateurs-contribuables-travailleurs qui les ont rejetés.

    Nous sommes entrés dans un autre moment de notre histoire. Denis Maillard décrypte cette mutation récente, mais profonde, de la société française, pour tous ceux qui cherchent à la comprendre pour la domestiquer.

  • "Sous le virus, la société ! En obligeant les trois-quarts de la population à rester chez soi, la crise sanitaire a accéléré notre prise de conscience : une classe de services, essentielle, mais largement invisible, a émergé à la faveur du confinement. C'est le « back office de la société », cette infrastructure nécessaire pour se nourrir, se soigner, se protéger ou s'instruire. Mais à quelles conditions ces travailleurs mal payés et si peu considérés peuvent-ils sortir de l'invisibilité sociale à laquelle ils semblent condamnés ? Nos applaudissements ne suffiront pas à valoriser ce nouveau Tiers État. Comme en 1789, il croit à la promesse qui lui a été faite durant la crise. Pour le philosophe Denis Maillard, il est désormais temps d'honorer cette promesse par une réelle politique d'émancipation.

    Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l'État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s'appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d'autres, sur lesquelles il faudra se pencher.
    Les Éditions de l'Observatoire, depuis leur création, ont l'ambition d'anticiper et de créer les débats d'idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d'après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d'édition une véritable communauté de pensée.
    Muriel Beyer
    Directrice des Éditions de l'Observatoire"

empty