• Obsédée par son besoin de se faire autre et belle, Marie-Madeleine se rend dans une clinique où « on a l'habitude des coeurs malades comme le sien ». Elle se remémore alors sa vie d'avant : les clients qui lui ont permis d'amasser la somme nécessaire à l'opération, les amours destructrices et les amitiés complices, les élans de l'âme et les blessures qui ne guérissent jamais.

    Elle est sur le point de devenir elle.

    Chemin de croix poétique, «L'autre ciel» emprunte à la fois aux références bibliques et à l'ambiance en strass et néons du Village gai. Le récit interroge les limites du corps et exprime les tourments liés à une irrépressible quête d'altérité.

  • Dans Neuvaines, premier recueil de poésie de David Ménard, se dévoile un personnage qui évolue au milieu de sa passion trouble pour un être désormais absent. Sous un ciel avare de réponses qui reçoit toutes les litanies, où la fin du monde cligne des yeux devant le Mal, le sujet qui s'énonce tend à matérialiser cette absence au moyen de prières et à rendre davantage palpable ce qui est disparu. Avec une foi inquiétante derrière laquelle se dissimulent tour à tour le vide, le désir et le deuil, il adresse des neuvaines à un Être auquel il voue un sombre culte.
    L'auteur témoigne de l'amour à notre époque, où sévissent l'hyperconsommation, l'hypersexualité et l'individualisme exacerbé. À l'heure où les grandes vérités s'effondrent et où l'amour et la sexualité n'ont plus rien de sacré, le couple, en tant que modèle unissant deux personnes dans l'exclusivité amoureuse, éclate. De nouvelles valeurs entraînent nos contemporains à exiger plus de liberté dans leurs rapports. Le choc, ou encore la vacuité, que produit cette nouvelle réalité affective, l'intéresse passionnément. Il tenait également à revisiter son héritage religieux, à se l'approprier et à revendiquer son droit à des croyances qui n'ont rien à voir avec les sophismes qu'on lui avait autrefois transmis.
    Dans cette société postmoderne, perçue comme une jungle hirsute peuplée de demi-vivants, David Ménard nous propose, dans sa ferveur nourrie par l'émotion charnelle restaurée, de transformer l'obscurité, inhérente à la condition humaine, en lumière.

  • Le ciel à gagner est une oeuvre qui se situe entre le roman et la poésie en prose, qui met en évidence l'existence de nos contemporains captifs d'une vie professionnelle routinière jusqu'à l'absurdité. Ainsi, les personnages, dont les ambitions de carrière et les rêves ont été déçus, sombrent-ils dans une espèce de léthargie morale, se laissent-ils envahir par le désenchantement. Seul, peut-être, le regard tendre du narrateur peut-il les élever au-dessus du cycle infernal dont ils sont prisonniers.

  • je me balancerai entre mes visions de pourpre 
    et ma furie sublime
    dans ma cage de soleil

    David Ménard a publié un roman, Nous aurons vécu nous non plus, et deux recueils de poésie aux Editions L'Interligne. Neuvaines, lauréat de deux prix littéraires d'envergure, a fait l'objet d'une adaptation théâtrale par le Théâtre du Trillium.

    1 autre édition :

  • En conjuguant avec rigueur l'analyse des désirs dans les rêves et la lecture des textes philosophiques sur la faculté de désirer, l'auteur invite à porter un nouveau regard sur le travail de la pensée. De Kant à Sade et à Lacan, les constructions conceptuelles les plus rigoureuses se nouent à des phantasmes qui ne demandent qu'à sortir du statut de lettres mortes. Ce n'est pas pour autant la ruine de la raison, mais plutôt une chance : l'image du travail de la pensée devient plus vraie.
    Cet ouvrage fut tout d'abord publié en 1997 dans la collection « Pratiques théoriques ».

  • La vie sexuelle est faite de rencontres, mais toutes ne font pas événement. Lorsque l´une d´entre elles est décisive, elle comporte une part d´imprévisible qui constitue le ressort même de sa puissance : pouvoir transformer une vie n´est pas donné à toute rencontre.
    Le bouleversement qu´apporte le désir d´une personne qui semble détenir le pouvoir de nous faire exister en nous faisant jouir, est un processus complexe : ou bien on déclare qu´il est irrationnel car immaîtrisable, ou bien on s´efforce de le penser en s´intéressant aux conditions de la vie amoureuse - importance disproportionnée accordée à certains détails, dissymétrie des attentes des partenaires, non-congruence du désir sexuel et de l´amour.
    Or, le dispositif qu´a instauré la psychanalyse fait mieux comprendre en quoi cette contingence est positive. La manière dont la vie sexuelle est transposée par ce qu´on appelle le transfert privilégie tout ce qui, dans l´amour sexué, est inadéquation, dissymétrie. Cependant, l´analyste est un inconnu sur un mode différent du partenaire amoureux, et cette transposition dégage pour eux-mêmes ces facteurs de disproportion, et rend efficaces et par là créateurs les facteurs contingents d´une rencontre.
    Par cette approche originale du contingent dans la vie sexuelle, la psychanalyse est un champ d´expérience précieux pour une philosophie de l´événement. C´est pourquoi elle a un terrain commun avec certaines pensées contemporaines - qu´elles s´accordent ou s´opposent à la psychanalyse - comme celles de Deleuze ou de Foucault. Comment la contingence peut-elle être, grâce au fait qu´elle survient dans des situations déterminées, un levier de transformation ? L´important pour un événement, est-ce la rupture qu´il instaure ou la nouveauté qu´il produit ? Et, dans la contingence de la sexuation, l´écart par rapport au nécessaire relève-t-il d´une logique comme le pensait Lacan ?
    La vie sexuelle, telle que la situation analytique la convoque, est le laboratoire d´une contingence nouvelle.

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