• Clovis Agaric arrive de Marseille avec un visa tem-poraire pour travailler comme intervenant au Bercail, un centre d'hébergement montréalais du quartier Bonsecours.
    À l'ombre des attraits touristiques, Clovis vient en aide aux itinérants. Artisan de la compassion inspiré par l'abbé Pierre, idéaliste un peu brouillon, l'inter-venant combat les préjugés et se dévoue pour oublier son propre mal de vivre.
    Dans ce roman empreint d'humanité, où personne n'est tout noir ou tout blanc, chacun est criant de vérité, autant les travailleurs sociaux, les collègues de Clovis, que ces démunis qu'on ne voit plus, pas plus qu'on ne remarque le mobilier urbain.
    D'ailleurs, la plupart des itinérants, par fierté, pré-fèrent se fondre dans le paysage, se cacher pour mourir à petit feu. Aucun drapeau ne sera mis en berne pour eux. Aucune chapelle ardente. Rien. Le peuple du décor peut disparaître.
    Pourtant, même celles et ceux qui n'ont rien peuvent donner beaucoup, et Clovis en prendra conscience lorsqu'il lui faudra, à son tour, accepter la main qu'on lui tend.

  • Joseph Morneau

    Danny Plourde

    En commettant un crime, il venait de réveiller une force qu'il ne se connaissait pas, une lointaine lignée de bafoués qui se serait enfin libérée à travers lui. Un sentiment d'accomplissement l'enivrait. Entre l'effroi et la quiétude, l'euphorie et l'angoisse, Morneau frissonnait de tout son corps à seulement imaginer qu'il avait ôté la vie d'un homme, qu'il avait réussi quelque chose, qu'il avait, pour une fois, servi une juste cause. Joseph Morneau pourrait être n'importe qui. Pourtant, ce jeune homme ordinaire est le héros involontaire d'une histoire au cours de laquelle le meurtre et la mort vont irrémédiablement le transfigurer. Joseph Morneau est un roman social, engagé, pour ne pas dire enragé, qui nous plonge au coeur d'une société québécoise minée par la corruption et le cynisme et qui s'interroge sur l'engagement et le militantisme. En décrivant l'inéluctable dérive d'un homme que rien ne prédisposait au meurtre et à la violence, Danny Plourde nous fait partager son regard acéré et sans complaisance sur la société québécoise en général et sur le quotidien désenchanté de sa génération en particulier.

  • des poussièresnous toujours en mouvementprenant conscience de nous-mêmesune fois enfuisportés par l'effort la misèrele blanc le bleu de l'hiverle flegme des ventsnous des arbres raresqui ont dû s'arquerou se briser en deuxÉcrit dans l'urgence de saper le confort génocide d'une société aseptisée, ce dernier tome d'une trilogie inavouée évoque, en un souffle aussi acéré que rageur, l'abandon de la liberté. Entre mémoire et vigilance, les mains vides face aux désastres, le poète nous rappelle l'arbre rare, phare au coeur de la débâcle humaine. C'est avec un désespoir lumineux qu'il tente de le raviver.

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