Sciences humaines & sociales

  • Bienvenue dans les joyeux banquets et dans les aimables cercles littéraires des Grecs et des Romains !
    Les Anciens, de joyeux drilles ? Eux, les dignes, les sérieux, les vénérables fondateurs de notre philosophie, de notre politique, de notre littérature, ont pourtant un aspect très moderne : leur aptitude à faire rire le lecteur en créant avec lui une connivence amusée, tout particulièrement en usant de cette forme de comique subtil que nous appelons l'humour.
    L'humour est présent partout : bien sûr dans les comédies qui s'élèvent souvent au-dessus de la farce, mais aussi dans des genres moins attendus comme l'épopée ou l'histoire. Mais c'est surtout à l'occasion de dialogues, d'échanges épistolaires, de récits, que chacun laisse libre cours à sa fantaisie, en cherchant à faire rire ou sourire un interlocuteur qui sait apprécier les jeux de mots, l'impertinence du point de vue, les imaginations plaisantes.
    Alors, à votre tour de sourire avec la centaine de textes courts et piquants rassemblés ici.

  • Comment un Grec de l'Antiquité voyait-il la Terre et plus généralement le monde ? On peut dire sans grand risque d'erreur que depuis Homère jusqu'au début de notre ère, l'image la plus répandue était celle d'une galette plate coiffée d'un hémisphère céleste, avec probablement en dessous d'elle un hémisphère symétrique. Existait-il quelque chose au-delà de cette sphère idéale ? Peu de gens se posaient la question. Quant à la Terre elle-même, on savait à peu près qu'elle comportait trois continents, mais on préfèrait la voir - pour des raisons politiques mais aussi logiquement satisfaisantes - partagée harmonieusement entre deux continents seulement, l'Europe et l'Asie. Cette image était-elle aussi celle du monde savant ? Certains de nos contemporains seront sans doute surpris d'apprendre que, bien avant Magellan, Aristote écrit au ive siècle avant notre ère que « La Terre est assurément sphérique » ; et l'idée qu'on puisse atteindre l'Inde en naviguant vers l'ouest depuis les colonnes d'Héraclès [Gibraltar] ne lui semble pas incroyable. Toutefois, l'accord ne régnait pas entre les « philosophes ». Certains prédécesseurs d'Aristote avaient de la Terre une tout autre image, parfois bien déconcertante ; et on sera sans doute étonné de voir qu'après lui, en dépit de remarquables progrès scientifiques, les géographes grecs et romains ne jugeaient habitable qu'un petit espace de l'hémisphère nord (en y intégrant l'Afrique !), et dessinaient en conséquence d'étranges cartes du monde. L'étude menée ici fait découvrir parallèlement chez les Grecs deux représentations du monde : celle des savants, assez facile à retrouver d'après leurs écrits, et celle du peuple, moins étudiée, qui se lit pourtant clairement en filigrane dans les oeuvres littéraires, et parfois aussi dans les oeuvres figurées.

  • « N'est-il pas inévitable que dans une pareille cité l'esprit de liberté s'étende à tout ? Que le père s'accoutume à voir son fils comme son égal et à redouter ses enfants ? Le fils à être l'égal de son père et à n'avoir ni respect ni crainte pour ses parents, parce qu'il veut être libre ? »
    Non, ce n'est pas un écrivain moderne qui écrit cette phrase, c'est Platon. Les enfants grecs n'étaient peut-être pas si loin des nôtres...
    Pourtant, on relèvera sans doute ici des différences surprenantes. Un auteur de l'époque révèle d'étranges pratiques alimentaires du nourrisson : « Comme les nourrices, en mâchant sa nourriture, tu lui en mets un peu dans la bouche, mais toi-même tu en as déjà avalé le triple. » Que faudra-t-il enseigner à cet enfant ? « Je conseillerais aux jeunes gens, dit un autre, de consacrer un certain temps aux enseignements scientifiques, mais de ne pas laisser leurs dispositions naturelles se dessécher là-dessus. » Et que penser quand on voit le sage Socrate pousser vivement son voisin pour qu'un bel adolescent vienne s'asseoir près de lui ?
    Après le citoyen grec, puis la femme grecque, il était temps de s'intéresser à l'enfant grec. On découvrira ici sa vie depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte, mais aussi le parcours du combattant de la future mère et les cas de conscience des pères ; et on révisera au passage bien des points qu'on croyait connaître, comme l'éducation et la pédérastie.

    Danielle Jouanna, helléniste et historienne, a déjà publié plusieurs essais : Aspasie de Milet (2005, prix Diane Potier-Boès de l'Académie Française), L'Europe est née en Grèce (2009), ainsi que, aux Belles Lettres, Les Grecs aux Enfers (2015) et Rire avec les Anciens (2016).

  • Le mot Europe est apparu pour désigner un territoire au VIe siècle avant J.-C., en Grèce. Mais y avait-il, pour les Grecs, un lien entre ce territoire et l'Europe enlevée par Zeus ? Quelle était l'étendue de ce continent dans le monde tel qu'ils se le représentaient ? Cet ouvrage nous montre le lien que les représentations de notre territoire ont entretenu avec les mythes et avec les violences de l'Histoire ; on voit naître une idée européenne qui n'est sans doute pas exactement la nôtre, mais qui en est bien la source et l'inspiratrice.

  • Voilà quelqu'un qui n'était privilégié ni par un rang social ni une fortune exceptionnels ; qui vivait dans une société où les femmes n'avaient guère de chances de faire connaître leur nom ou de passer à la postérité ; qui ne nous a laissé d'elle aucun écrit ni aucun portrait ; et qui pourtant a franchi le temps en focalisant sur son personnage plus de rêves, d'admiration ou de critiques que n'en ont peut-être fait naître Hélène de Troie ou Cléopâtre d'Egypte.
    Il est peu probable que ce soit pour avoir enseigné la rhétorique à Périclès, la philosophie ou l'art d'aimer à Socrate qu'elle a frappé l'esprit de ses contemporains ; ce n'est sans doute pas non plus pour avoir brillé par son esprit et sa beauté dans les banquets athéniens, ou dans un salon littéraire qui n'a jamais existé, du moins sous cette forme. C'est plus certainement pour avoir tenté un enseignement nouveau, destiné plus spécifiquement aux femmes, alliant la rigueur de la rhétorique à la subtilité dans ce qu'on pourrait appeler la gestion de l'entreprise conjugale : tentative qui lui valut d'abord un succès de curiosité, puis l'estime et l'admiration des grands esprits. Sans doute aussi pour avoir surpris le public par l'association (dans ses débuts du moins) d'un métier intellectuel original, exercé de façon particulièrement brillante, et d'un statut d'hétaïre nécessitant beauté et séduction. Enfin et surtout, c'est pour avoir conquis l'homme politique le plus remarquable de son temps, et, semble-t-il, conservé son affection jusqu'à sa mort.
    Pourquoi cette survie s'est-elle prolongée au travers des siècles et jusqu'au xxe et pourquoi notamment cette héroïne a-t-elle passionné les pionnières du féminisme? Les témoignages antiques ne suffisent pas à expliquer la pérennité de l'image - ou plutôt des images - d'Aspasie, car son profil se modifie sans cesse selon les époques et les milieux. Or ce sont justement ces métamorphoses qui sont significatives : si Aspasie a survécu, c'est parce qu'elle est devenue une figure symbolique reflétant le rapport que chaque génération a entretenu avec l'Antiquité, avec le sexe et avec la femme.

  • Ouvrage Jeunesse.

    En 431 avant notre ère, alors que la guerre entre Athènes et Sparte était imminente, les Thébains envahirent sans préavis leur petite voisine Platées, mais se retrouvèrent piégés dans la ville dont les Platéens avaient bloqué les portes ; cependant certains, raconte Thucydide, purent briser une porte et s'enfuir, "une femme leur ayant donné une hache". Qui était cette femme ? Pourquoi avait-elle ainsi trahi les siens ? Que devint-elle ? Ce livre est né d'une rêverie sur cette ombre fugitive passant dans le récit de Thucydide. Mélité est une jeune fille qui va connaître la guerre et de nombreuses aventures, hésitant entre l'amour d'un jeune Thébain et celui d'un Athénien, avant de connaître le bonheur, un bonheur toujours menacé par la guerre.

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