• 2020, centenaire de la canonisation de Jeanne d'Arc.
    Ce remarquable volume se propose, en quelques chapitres très clairs, de couper court aux pires bêtises qui circulent encore sur Jeanne. Car depuis plusieures années, les recherches ont permis d'établir de façon scientifique et incontestable la vie de la " Pucelle d'Orléans ". Face aux hypothèses sensationnalistes que l'on peut lire ou entendre encore, Colette Beaune, avec la rigueur et l'exigence d'une grande historienne, rétablit ici la vérité : Jeanne fut-elle bergère ou fille d'un roi caché? Avait-elle des pouvoirs spéciaux puisqu'elle a été condamnée pour sorcellerie ? A-t-elle vraiment libéré le royaume ? A-t-elle fait couronner le roi de France à Compiègne ? Était-elle vierge ? A-t-elle péri sur le bûcher ?Un livre utile et passionnant pour les curieux..."Un petit bijou d'érudition et de colère qui traque, une par une, les idées reçues sur la Pucelle." L'Histoire"Court, dense, personnel, maniant l'humour, l'ouvrage est polémique - au sens étymologique du terme." Le Figaro Magazine"En [...] chapitres thématiques, un par élucubration, l'historienne répond point par point, documents à l'appui." Le Monde des livres

  • Le Grand Ferré était connu de tous les Français à l'aube des années 60, occupant une place de choix à l'école élémentaire. Son histoire apparaît dès 1360 en pleine guerre de Cent ans sous la plume d'un frère mendiant né près de Compiègne. Il raconte comment les paysans du lieu ont réussi grâce à la force herculéenne du Grand Ferré à repousser les mercenaires anglais qui avaient assailli leur village pour le piller. La France traverse alors une crise terrible. Depuis le début du siècle, un climat particulièrement rude engendre de mauvaises récoltes affamant les populations. A cela s´ajoute la grande peste qui sévit en 1348, tuant le tiers des Européens. Le roi (Jean II) est prisonnier des Anglais et à Paris, le jeune régent est contesté par Etienne Marcel. De nombreux soulèvements paysans se déchaînent alors contre les nobles. La bravoure du Grand Ferré illustre d'emblée le courage du peuple qui, abandonné par les élites, se prend en charge lui-même. Pour les élites, cette revendication a le parfum du soufre.
    Pour retrouver la vérité du Grand Ferré, Colette Beaune a mené une véritable enquête. L'historienne est allée sur place, en Picardie où la popularité du paysan est encore intacte. Elle a retrouvé sa trace la plus ancienne dans les fonds d'archives d'une abbaye et suivi le fil de son histoire... jusqu'au XIXe siècle. A l'aube de la Troisième république, Michelet fait de sa bravoure légendaire l'acte de naissance de la nation France. Désormais, les historiens le mobilisent pour tous les combats patriotes du roman national : symbole de la Revanche après 1870 (sous les traits de Gambetta), ou défenseur des pauvres contre toutes les formes d'oppressions. Jaurès était lui-même surnommé le Grand Ferré... Durant la guerre 39-45, les résistants du Beauvaisis se placèrent sous son patronage. D'âge en âge, le Grand Ferré aura incarné la force du Non en France.

  • Morte à moins de vingt ans, Jeanne est mieux connue qu´une sainte ou une reine. Identifiée au patriotisme, elle occupe une place à part dans l´histoire de France où le sujet reste sensible.

    Reprenant la vie de Jeanne depuis sa naissance jusqu´à sa réhabilitation en 1456, Colette Beaune s´interroge sur la place de cette petite paysanne dans le monde médiéval. Son étude conduit à bien des mises au point. Une réévaluation politique d´abord. Même si l´aventure de Jeanne investit le champ du politique et si son dévouement au roi est total, la Pucelle est plus à inscrire au sein d´un parti politique - les Armagnacs - ou de la chrétienté que de la nation France. Une réévaluation religieuse ensuite. Jeanne est dans la lignée du prophétisme féminin. Avant elle, d´autres femmes ont prétendu pouvoir sauver la France sans être prises au sérieux. Aucune cependant n´a eu l´obstination de Jeanne.

    Jeanne passera son temps à brouiller les limites sociales - paysanne, elle fait carrière à la cour-, sexuelles - vêtue en homme, elle fait la guerre - ou celles du profane et du sacré - elle prêche et crée des objets sacrés. Ce charisme féminin est la source d´un pouvoir informel qui perturbe et finira pas gêner, même ceux qu´il avait servi. L´incompréhension sera d´ailleurs l´un des ressorts de son procès. Personne ne la comprend. Dans cette biographie passionnante dont témoigne Colette Beaune, la culture et la connaissance du monde médiéval lettré ou paysan permettent de mieux comprendre le destin exceptionnel de la petite bergère de Domrémy.

  • L'éducation religieuse et morale est due à tous les enfants mais l'accès à la culture intellectuelle est fonction au Moyen Age du rôle que chacun doit jouer dans la société et donc variable suivant l'état (clerc ou laïc), la profession ou le sexe. Entre le début du XIIe s. et le milieu du XVe s., les savoirs s'accrurent, de nouvelles sciences apparurent enseignées par un réseau renouvelé d'écoles urbaines puis d'universités. La culture savante latine forma les cadres de l'Église et de la société, culmina dans la théologie de Thomas d'Aquin avant d'opter en Italie pour l'humanisme. Parallèlement la culture en vulgaire du monde laïc accéda à l'écriture ; sermons, images des vitraux, gestes des liturgies furent-ils des passerelles entre les deux mondes ? Deux milieux s'avérèrent particulièrement favorables à l'osmose culturelle ; la cour où clercs et chevaliers entouraient le prince et la ville où notaires, médecins ou marchands hésitaient entre pratique et culture écrite. A partir des années 1350, la multiplication des écoles primaires comme des petites bibliothèques marque l'apparition d'un rapport plus étroit et généralisé à l'écrit. Seuls restent aux marges du consensus éducatif et culturel ceux dont la littera est contestée (Juifs), mauvaise (les hérétiques) ou suspecte (les femmes ou certains milieux populaires).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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