• Linguiste, Ferdinand de Saussure (1857-1913) est considéré comme le père du structuralisme, qui a bouleversé sciences humaines et philosophie dans les années 60. En distinguant entre langue et parole, entre diachronie et synchronie, il a établi la notion de «valeur» comme clé de la signification par opposition à l'étymologie: la signification, pour lui, n'est pas ce qu'un terme linguistique veut dire mais, ce contre quoi il peut s'échanger pour qu'une signification claire puisse circuler (par exemple hutte et petite maison). Saussure a donné à la linguistique son objet d'étude scientifique, alors qu'elle oscillait, jusqu'à lui, entre histoire et comparatisme.

    On montre ici que la lecture structurale de Saussure est légitime, mais qu'il est aussi possible de relier son OEuvre à des orientations plus récentes qui, bien que semblant apparemment rejeter ses conclusions, mettent au contraire en relief la pertinence et la grande portée de ses intuitions.

  • Dans ce recueil de textes, Claudine Normand poursuit et élargit une quête vagabonde des tours et détours de la langue ordinaire. Ces exercices qu'elle qualifie de « linguistique douce » écartent toute formalisation sans renoncer à la rigueur de l'étude des formes, car le sens, comme elle le montre dans chaque cas, ne passe que par là. L'ouvrage interroge la langue sur les surprises qu'elle offre dans le discours d'un sujet quand il trébuche. Objet presque originel de la psychanalyse, mais aussi objet du linguiste sur les expressions les plus banales, celles qui ne révèlent pas d'emblée la complexité de leur forme et de leur sens. Il s'agit d'attirer l'attention sur ce mélange de contraintes et de liberté qui gouverne, à l'insu du locuteur, des énoncés dits sans y penser.
    Claudine Normand est maître de conférence honoraire à l'Université de Paris X. Elle a consacré la plupart de ses nombreux travaux à l'épistémologie et l'histoire de la linguistique (Saussure, Benveniste, Culioli).

  • La question du rôle et de la place du langage dans l'ensemble des activités humaines continue à susciter abondance de discours qui tendent à en faire la théorie. Les textes ici réunis, issus du travail du Groupe de Recherche en Histoire de la Linguistique (GRHIL), tentent de cerner la complexité de cet objet, à la fois fédérateur et fuyant. Une façon de justifier le titre, étrange mais évocateur, qui dit la fascination et la difficulté que suscitent ces discours pluriels sur le langage.

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