• L'accès à la culture est plus grand qu'il ne l'a jamais été. Toutefois, les artistes ne semblent pas profiter d'une émancipation conséquente. C'est que la culture est enclavée. Entre autres par l'industrie culturelle qui rend incontournable sa production de masse et par les algorithmes de recommandation qui renvoient aux oeuvres les plus populaires. Quantité d'oeuvres restent confinées à un espace restreint.

    La culture obéit en grande partie aux règles du libre marché et reproduit le fonctionnement de notre système économique. Les inégalités sociales trouvent leur équivalent dans la disparité entre les rares artistes qui atteignent des sommets de popularité et la majorité qui tire le diable par la queue. Le modèle culturel des États-Unis domine le marché tout autant que son modèle économique. La concurrence, la performance, la dérèglementation, les résultats mesurables et l'emprise des grandes firmes caractérisent le monde culturel contemporain.

    Dans son ouvrage, Claude Vaillancourt s'interroge sur la place de la culture à l'ère de la marchandisation. Comment peut-on favoriser une meilleure diffusion de la diversité ? Est-il possible d'évaluer les oeuvres selon d'autres critères que le succès commercial ? De quelles façons les artistes peuvent-ils vivre de leur art alors que l'accès aux oeuvres est souvent gratuit ? Ce livre ouvre une riche réflexion et propose des solutions en vue d'améliorer une situation qui crée trop de laissés-pour-compte.

  • Hollywood règne sur les salles de cinéma, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Bien qu’ils vendent du rêve et du divertissement, les films hollywoodiens traitent aussi de questions sociales et politiques. Comment décoder les messages politiques véhiculés par cet imaginaire? Hollywood et la politique est un guide critique du cinéma étatsunien des années 1980 à aujourd’hui, illustré par de nombreux exemples, de V for Vendetta aux documentaires de Michael Moore, en passant par les blockbusters les plus significatifs.

    Forgé au cœur même de l’empire américain, le cinéma hollywoodien est une industrie puissante qui carbure au capitalisme et a tout intérêt à le défendre. Dans ce contexte, les artisans du septième art jouissent-ils de la liberté de créer des œuvres réellement critiques ou sont-ils condamnés à produire des films de propagande? Traitant du politique dans son sens large, Claude Vaillancourt classe les films en trois grandes catégories: le cinéma du statu quo, qui se contente de répéter les discours officiels; le cinéma du questionnement, qui dénonce certains problèmes, mais sans remettre en cause l’ordre social; et le cinéma subversif, où le documentaire occupe une place de premier plan.

    L’auteur démontre en quoi le cinéma hollywoodien, malgré la montée des Netflix et autres Amazon ainsi que  les répercussions de l’affaire Weinstein, demeure un instrument privilégié pour transmettre les valeurs américaines (individualisme, famille, respect des institutions, distinction entre le Bien et le Mal), contribuant à «fabriquer le consentement». Il reconnaît en même temps à certains films une grande liberté de ton. Une analyse tout en nuances qui assume pleinement la subjectivité du jugement sur l’art.

  • La Bourse occupe une place incontournable dans notre système économique. On y gagne et perd des fortunes. Les grandes entreprises et les investisseurs y échangent des quantités invraisemblables d'actions qui montent et descendent comme dans les montagnes russes. Les humeurs de la Bourse finissent par nous affecter: la santé de l'économie, l'emploi, la richesse collective sont liés à ces mouvements imprévisibles de l'argent et des actions. Même les courtiers expérimentés ne parviennent pas à en deviner les tendances et perdent des fortunes.
    Ce livre démystifie les opérations boursières et dénonce la place trop grande qu'elles occupent dans notre économie. La Bourse est abordée sous ses divers aspects: spéculation, produits dérivés, marché du carbone, fonds de retraite, cotes des entreprises, bulles économiques. Mais aussi, il raconte son histoire et décrit comment elle apparaît dans l'imaginaire des artistes. Avec ce dénominateur commun: la Bourse est un dangereux casino dont il faut réduire le champ d'action.
    Les auteurs de ce livre, tous des chercheurs associés à ATTAC-Québec (Association québécoise pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne), abordent la question avec rigueur et passion, cherchant à rendre accessible un sujet trop souvent confié à des experts. Comprendre les jeux de la Bourse permettra aux lecteurs de saisir certaines tractations douteuses qui affectent leur sécurité financière et de mieux se prémunir contre la tentation de se lancer à l'aveuglette dans la spéculation boursière.

  • L'économie occupe une place démesurée dans les sociétés d'aujourd'hui. Tout ce qui existe est jaugé à l'aune des chiffres, de la rentabilité, de la rationalité économique. Valeur désormais suprême, le commerce intègre des domaines qui auparavant lui échappaient en grande partie: les arts, la vie intime, l'amitié, les émotions et les idées. Plus l'Etat laisse au marché ses fonctions régaliennes, plus la redistribution de la richesse passe par des fondations privées dites charitables, ce qui donne d'importants avantages fiscaux, tout en favorisant une générosité narcissique.


    De façon paradoxale, ce qui a causé la puissance de l'âge économique pourrait aussi provoquer sa perte. Le grand mal de notre époque est son incapacité de se reconnaître des limites : l'âge économique poursuit ses avancées comme une marche sans fin, sans tenir compte de la finitude de notre monde.

  • Frères insoumis Nouv.

    Deux freres, Adrien et Charles, participent activement aux émeutes contre la conscription qui se déroulent à Québec pendant la Premiere Guerre mondiale. Devant la répression qui suit ces manifestations, ils décident de s'exiler au sud de la frontiere, d'abord au Massachusetts, pour travailler dans les manufactures de coton, puis en Virginie-Occidentale, où ils souhaitent s'engager comme mineurs. Mais ils se retrouveront plutôt au coeur du plus important soulevement populaire armé de l'histoire des États-Unis: dix-mille mineurs en colere et bien équipés en armes affrontent une milice privée de trois-mille volontaires au service des grands propriétaires de mines.

  • Alors que nous sommes partagés entre l'envie de nous distinguer et le désir de nous conformer, il devient souvent plus convenable de nous mouler aux autres. Les individus trop dissemblables sont vus tantôt comme des menaces, tantôt comme des êtres dont il ne faut pas tenir compte. Le pouvoir politique et économique a toujours bien compris les avantages à contrôler les différences.
    Longtemps, les sociétés occidentales s'en sont prises à des boucs émissaires : par exemple, l'hérétique, le juif, l'homosexuel, l'étranger, le fou et le handicapé. Peu à peu, avec la reconnaissance des droits humains, il est devenu moins acceptable d'opprimer les gens différents, ce qui a coïncidé avec l'industrialisation, puis avec la mondialisation. Est alors apparu un individu formaté, uniforme, consommateur et facile à contrôler.

  • EXTRAIT:

    Le temps, curieuse chose, s'était arrêté, et Isabelle ne saurait dire si ce qui se produisit alors arriva vers le milieu ou la fin de la minute transformée en heure qu'elle consacra accroupie à uriner. Le malheur se pointa bel et bien... De la lumière au loin. Des portières de voitures qui claquent. Des cris. Des gens qui arrivent. Et trop tard pour s'esquiver.

    Elle se rassura un peu lorsqu'elle vit apparaître un policier et une policière qui tentaient avec peine de maîtriser un individu dont elle n'apercevait pas le visage. Les gyrophares de leur voiture ne cessaient de tourner, ce qui donnait un sens dramatique à la scène, encore plus lorsque le trio se plaça sous un lampadaire, profitant aussi de la lumière des phares de l'auto, comme au cinéma, alors que les projecteurs ciblent précisément l'action, enveloppent les acteurs d'un puissant halo. Mais les individus bougeaient sans tenir compte de l'éclairage et il se dégageait de la scène un flou constant qui empêchait Isabelle de bien saisir l'action.

    Très rapidement, une deuxième voiture de police arriva. Deux hommes en sortirent, lampe de poche à la main. Isabelle entendait mal ce qui se disait, mais comprenait que les policiers avaient arrêté l'homme en noir - ainsi l'identifiait-elle, sans être sûre qu'il portait des vêtements de cette couleur, sans voir non plus la couleur de sa peau, qui lui semblait pourtant plus sombre que celle de ses agresseurs.

    Agresseurs? D'un geste absurde, elle saisit son téléphone et s'apprêta à appeler la police. Non, certes, elle ne le pouvait pas!

    La police était là, devant elle.

    Elle contrôlait la situation, elle accomplissait son devoir, il fallait lui faire confiance. Mais pourquoi Isabelle tremblait-elle comme une feuille? Pourquoi se cachait-elle autant qu'elle le pouvait dans le buisson, rêvant d'y creuser un trou pour s'y ensevelir tout entière?

    Elle ne pouvait toutefois s'empêcher d'observer la scène, à travers un angle limité. Elle le sentait et le craignait à la fois : ça tournerait mal...

    C'est à ce moment qu'elle mit le doigt sur son téléphone pour déclencher la caméra qui filmerait une bonne partie de l'épisode.

  • Le libre-échange nous est présenté comme nécessaire à la prospérité. Ses résultats sont pourtant douteux. Sous son règne, les inégalités sociales s'accentuent, l'environnement se détériore et les conditions de travail se dégradent. Pourtant, on continue à le considérer comme la solution pour résoudre les difficultés économiques et relancer la croissance.
    Les accords de libre-échange ont un important dénominateur commun : ils favorisent les compagnies transnationales et affaiblissent la souveraineté des Etats. Ils libéralisent les marchés et les déréglementent en fonction des besoins des grandes entreprises. Ils protègent, à leur avantage, le droit de propriété intellectuelle. Si bien qu'ils ont peu à voir avec la liberté ou les échanges commerciaux, mais bien avec la domination d'une oligarchie qui s'est dotée d'instruments juridiques dont la fonction est de consolider et de pérenniser son pouvoir.
    Ecrit de façon concise et dans un langage accessible, ce livre fait la lumière sur le foisonnement d'accords qui transforment en profondeur et durablement le monde. Claude Vaillancourt nous permet de percer le secret qui entoure les accords de libre-échange. Il en démontre clairement les conséquences et donne des outils pour s'en défendre. Pour cela, il s'agit d'entrevoir de façon différente le commerce international.

  • Inspirés par leurs conseillers économiques, les gouvernements adoptent des politiques qui mènent à un ensemble de désastres : crises successives, spéculations, chômage, plans d'austérité, catastrophes écologiques, croissance des inégalités et des pauvretés. Pourtant, il est possible de concevoir l'économie autrement et d'envisager des solutions beaucoup plus avantageuses pour la majorité de la population.
    Afin d'y parvenir, il faut remettre en question les dogmes du néolibéralisme largement diffusés dans les grands médias et répétés comme un mantra par les politiciens. Ce livre se veut un outil pour contrer le discours économique dominant. Il en déconstruit les idées sur des sujets aussi fondamentaux que le rôle de l'Etat, la financiarisation, la tarification, la dette souveraine, le libre-échange, les retraites, les baisses des impôts, l'iniquité salariale, la gestion des ressources et du territoire.
    Dans des chapitres clairs et accessibles, des spécialistes analysent les grands enjeux contemporains et lancent des propositions à la fois concrètes et réalisables, permettant d'éviter le piège de l'austérité et d'entrevoir un monde plus égalitaire. Les lecteurs et lectrices ont ainsi à leur portée une riche argumentation, des idées audacieuses qui font la preuve qu'un avenir meilleur peut et doit s'envisager hors de la soumission aux diktats de la finance et des marchés.

  • La revue Relations poursuit la trilogie qui marque son 75e anniversaire avec le dossier « La résistance, impératif de notre temps ». La résistance est un aspect essentiel de l'existence. Exister, c'est résister à la domination, à la fatalité, à l'impuissance, au mal, à l'injustice. À l'ère du péril climatique, plus que jamais, la résistance est un impératif et le moteur d'un changement radical dans nos sociétés. Elle s'impose aussi contre la déshumanisation qui accompagne la globalisation financière et technoscientifique, et contre les guerres qui touchent des millions de personnes. Chez nous, alors que l'austérité libérale saccage les institutions du commun et nos leviers d'action collective, comment les luttes sociales, écologiques et pour l'indépendance s'organisent-elles pour opposer une résistance globale au projet néolibéral? Avec des textes de Joséphine Bacon et Laure Morali, Dominique Boisvert, Paul Chamberland, André Myre, Jean-Claude Ravet; une entrevue avec la journaliste, essayiste et documentariste Naomi Klein ainsi qu'une table ronde avec Claire Bolduc, Lorraine Guay et Gabriel Nadeau-Dubois.

  • Qui a tué le psychologue d'origine tchèque Milan Koula ?


    Voici la question à la base du roman inachevé de la célèbre Béatrice Robin, que devra compléter Olivier Duval, un auteur qui vit de menus boulots d'écriture. Pour dénouer l'intrigue, Olivier remonte jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, là où les pires exactions ont eu lieu.


    Après le décès d'une ex-compagne devenue auteure à succès, Olivier Duval se voit confier - par voie de testament - le mandat de terminer le manuscrit que cette dernière avait en chantier : Les Fleurs de Terezin, à mi-chemin entre le roman policier et la fresque historique. Sauf qu'Olivier ne prise pas du tout la manière d'écrire de Béatrice Robin : ils sont plutôt aux antipodes esthétiquement parlant. Intrigué malgré tout, et avec l'assurance que l'héritier de Béatrice lui versera la totalité des droits d'auteur pour cette tâche, Olivier se laisse prendre par l'histoire, où Hubert Aquin et Jean-Paul Sartre font leur apparition. Par l'intermédiaire du travail acharné d'Olivier, on a accès au « making of » du roman de Béatrice, avec les doutes et les réflexions qui surgissent dans le cadre d'un patient travail de création.

  • Sept personnages, et autant de péchés. Quand la conscience dit non et qu'on choisit sciemment de l'ignorer, il faut être prêt à en payer le prix. Parce que, au-delà de la réussite, il y a la vie. Celle qu'on voudrait mener si seulement on avait assez de volonté.

    Avec humour, avec un sens précis de l'observation, ce roman, conçu comme un sudoku, raconte l'histoire tantôt loufoque, tantôt attendrissante de personnages qui se démènent dans la lutte quotidienne pour la survie.

    Quatre femmes et trois hommes se sont connus selon le hasard des rencontres dans une grande ville. Ils sont à leur début dans la vie. Ils sont ambitieux, rêvent de réussir. Mais ils se débattent dans un monde où la concurrence est élevée au rang de valeur suprême. Alors ils doivent être prêts à tout, ne pas flancher, rester sur le qui-vive. Pour eux, ce sont les années de bataille.
    Ils se lancent dans des chemins différents, se revoient par hasard, se retrouvent, tombent amoureux, fuient, se perdent et se retrouvent à nouveau. Comme dans la vie...
    Par une large auscultation du monde d'aujourd'hui, ce roman nous fait pénétrer dans différents univers, nous mène d'un spectacle de théâtre ou de danse moderne aux antres du crime et de la prostitution, des coulisses du journalisme à la misère dans des pays détruits par la pauvreté, des recherches d'un savant sur la naissance de la démocratie aux magouilles financières d'une classe assoiffée de richesses.

  • Pour quelle raison fabrique-ton des produits conçus pour ne pas durer ? Pourquoi spécule-t-on sur des produits aussi indispensables que la nourriture ? Comment expliquer que des milliards de dollars échappent à l'impôt grâce aux paradis fiscaux alors que nous n'arrivons plus à financer des services publics de qualité ? Pourquoi investit-on encore massivement dans des ressources naturelles très polluantes et non renouvelables alors que l'environnement se dégrade rapidement ?

    Par des textes courts, clairs et accessibles, les auteures examinent les choix économiques foncièrement nocifs des élites et de leurs gouvernements et indiquent par quoi il faut les remplacer. Or, l'enseignement d'une pensée unique dans les départements d'économie et l'activité sans relâche des lobbyistes au service des grandes entreprises expliquent en partie l'adhésion à de telles politiques économiques. Qui gagne d'un système qui accentue dramatiquement les inégalités et détruit l'écosystème ?

    Dans le même esprit que le livre précédemment publié - Sortir de l'économie du désastre. Austérité, inégalités, résistances -, les auteures du présent ouvrage cherchent à démystifier l'économie pour la rendre accessible au plus grand nombre et à éventer ses pièges dus à sa quête de profits immédiats. Ce qu'il faut assainir avant tout, c'est une vision bien-pensante d'une économie qui ne mesure pas sa toxicité.

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