• Esther Lévy, Juive tunisienne, vit à Paris depuis l'indépendance. Malgré son âge, elle file le grand amour avec son mari, le jovial David, tailleur, chanteur et illusionniste de son état, qui, renversé par une voiture, est tué sur le coup. Le premier choc passé, Esther nie la mort de David et se réfugie dans la folie. Désormais, le disparu apparaîtra dans les rêves éveillés de cette dernière comme un invincible redresseur de torts. Vêtu d'une cuirasse, flanqué de Du Guesclin, de Bayard et de Charles Martel, il ira à travers les siècles refaçonner l'histoire de France. Ce roman mené tambour battant offre une peinture attachante des milieux juifs - ou non - de Tunisie des années trente et quarante. Les amateurs d'Histoire, d'histoires et d'humour - juif ou autre - y retrouveront la verve cocasse et l'émotion qui caractérisent la prose de Claude Kayat.

  • L'Antiquité vouait ces arbres à Vénus, déesse de l'amour. Notre temps en orne volontiers ses cimetières... C'est entre ces extrêmes, la Passion et la Mort - et en Terre Sainte (dont l'exquise lumière spiritualise hommes et pierres), que flambe ce roman. « Roman des débuts dans la vie », hymne à l'Amour, confession sensuelle et naïve, ce livre est tout cela. Et aussi un conte oriental où la réalité se tamise de rêve, l'histoire d'Élie et Hava - comme on conta Madjun et Leïla et Tristan et Yseut... L'action débute en Israël, l'année de sa fondation. Sépharade rêveur et pauvre, Élie est marqué par la Mort : dans sa famille, les hommes, de père en fils, sont traditionnellement graveurs d'épitaphes. Lui se prépare donc, dès l'adolescence, à continuer ce métier. Heureusement, la vie fait irruption ! La vie : Hava. Gazelle et tourterelle, la jeune fille embrase les sens d'Élie. Et son coeur. La vie, hélas, c'est aussi le quotidien, qui marque de sa cendre tout jeune brasier. Une Suédoise et sa froide patrie détourneront un temps Élie du Tibériade et de sa chaude amante. Mais l'amour triomphe de toute frontière - celles surtout de notre coeur.

  • Un tueur en série assassine un à un les immigrés de Saint-Hubert, petite ville du Sud de la France. Lorsque Moustapha, l'un des deux éboueurs, est abattu à son tour, son collègue, Hassen Ben Djamil, s'alite et refuse de sortir tant qu'on n'aura pas arrêté le coupable. Mais les autorités veulent-elles vraiment mettre fin au massacre ? Le tueur court toujours et, dans les rues, les ordures s'accumulent.
    L'atmosphère nauséabonde où se retrouvent plongés les Hubertiens semble répondre aux puanteurs morales qu'ils développent alors. Certains se réjouissent de voir leur ville débarrassée des étrangers. D'autres voudraient pouvoir les protéger. Tous rêvent qu'Hassen reprenne vite le travail. Mais il s'entête, et les meurtres continuent, ce qui, la panique gagnant la communauté, permet à Claude Kayat de faire tomber tous les masques, dans une virevoltante parodie de polar qui se révèle un miroir véridique et cruel des crispations de la société française.

    Claude Kayat, né en 1939 en Tunisie, vit en Suède depuis 1958. Bien que n'ayant jamais vécu en France, c'est en français qu'il a écrit tous ses romans, dont Mohammed Cohen, L'Armurier, Hitler tout craché et Le Treizième Disciple. Il est également l'auteur d'une trentaine de pièces de théâtre, jouées en Suède et en France.

  • Né de mère arabe et de père juif, Mohammed Cohen grandit sous le soleil de la Tunisie. Fou de littérature française, de musique arabe et de cuisine juive, il ne cesse de s'interroger sur sa déconcertante identité. Son problème se complique encore quand sa famille émigre en Israël à la veille de l'indépendance de la Tunisie. Il ne parvient pas, en effet, à s'adapter à ce nouveau pays dont il ignore et la langue et la culture. Ressentant au plus profond de sa chair les coups portés aux Juifs et aux Arabes, il est en outre écartelé par le conflit qui déchire la région. Mohammed Cohen finira par s'installer en Suède où, plus dépaysé, plus dévisagé que jamais, il continuera de se considérer comme cent pour cent juif et arabe. Par bonheur, il tombera amoureux de Mona-Lisa... Après quinze ans de séparation, il retrouvera Hassan, l'ami arabe de son enfance, son frère siamois. Mais l'Histoire, entre-temps, a exigé son tribut de sang et de souffrance. Rien pourtant de moins tragique que ce roman : grâce à la verve chaleureuse et cocasse de Claude Kayat, le rire est au rendez-vous de presque toutes les pages.

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