• En 1910, Ève-Marie Guérin, une jeune chanteuse de talent, quitte Montréal pour s'inscrire au conservatoire de Paris, dans l'espoir de poursuivre une carrière à l'opéra. Maurice Kleinman, son ami d'enfance doué pour le piano, rêve de devenir concertiste ; il part avec elle parfaire ses études dans la Ville lumière. Le destin unit alors les deux complices. Ils connaîtront pourtant des parcours fort différents. La pièce explore la nuance entre l'ambition et le dépassement de soi.

    «La passagère» a été coproduite par le Théâtre La Tangente de Toronto et le Théâtre français du Centre national des arts.

  • Nous ayant habitués à un théâtre fort, Claude Guilmain fait ici oeuvre de poésie, accouchant de ses personnages avec des forceps. Bien qu'ils fassent silence sur leur mal-être, ils hurlent d'urgence, revendiquent une rencontre, une réconciliation in extremis. Ils se font violence, et on se demande s'ils parviendront un jour à se traverser eux-mêmes, atteindre le mot, le je t'aime salvateur ?

    Connectés à leur pulsion de mort, ces trois hommes de la même famille implosent en rappels éclairs devant nous. La mère est partie. Les années passent souvent à reculons, sinon à rebrousse-poil, écorchant les protagonistes qui pataugent dans le marécage du quotidien, livrés à leur incapacité communicationnelle. Un homme, ça ne pleure pas. Un homme, ça ne dit pas « je t'aime ». Assis à une table au milieu d'un terrain brûlé à vif par les années de combat, les deux hommes n'échangent aucun coup de feu. / Juste des banalités. / De leurs armures impénétrables, ni l'un ni l'autre ne peut céder (page 19). Et il y a ce désordre des sentiments avortés qu'ils ont en commun, qui leur ressemble, qui est leur filiation. Silence inéluctable dans lequel ils se cachent, qui les repousse ; chacun dans son amour-haine, dans sa solitude castratrice.

  • La famille Cardinal est confrontée au spectre d'un grand-père disparu dans les années quarante, dont le destin aurait peut-être été lié à l'assassinat du 22 novembre 1963, à Dallas. La découverte d'une page occultée de leur histoire commune aura un effet très différent sur chacun. En brossant le portrait d'une famille qui a connu l'Amérique de John F. Kennedy, les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan, Claude Guilmain propose un commentaire impitoyable sur le pouvoir des mythes et des illusions, et pose un regard d'une grande acuité sur des rêves brisés dont on s'obstine à recoller les morceaux.

  • Dans la pièce de Claude Guilmain publiée par les Éditions L'Interligne, nous sommes à l'été de 1958, dans une petite ville canadienne sans nom, la canicule bat son plein de mercure, le scandale sera bientôt à la une de tous les journaux, le temps presse le pas, il faut trouver un faux coupable, un bouc émissaire... Ça ne vous rappelle rien ces administrations municipales qui essaient de camoufler leurs négligences qui font des vagues, qui font des morts ? Réfléchissez-y bien. Inspiré du scandale de l'eau contaminée de Walkerton, Requiem pour un trompettiste joue la carte du polar, ambiance glauque, langage cru, la sueur colle le mensonge sur la peau des gens les plus honnêtes ; pour s'en sortir vivant on est prêt à toutes les bassesses, à tous les compromis.



    C'est le propre des grandes oeuvres artistiques de mettre en scène les travers et les quiproquos de notre époque, de susciter la réflexion sur la complexité et les ramifications du mal qui s'insinue partout où l'homme recherche le pouvoir... qu'il soit économique ou politique. Ce texte théâtral est à la hauteur du haut-le-coeur de la population qui n'est plus indifférente et revendique la vérité (même si souvent elle ne sait qu'en faire) de ses dirigeants. L'heure est au déclin de l'empire canadien, actuellement plusieurs des instances municipales au Québec et ailleurs sont aux prises avec des flagrants délits de corruption, le scandale rôde comme un bon auteur qui, comme Guilmain, est précurseur et s'approprie ce propos aussi pertinent que dangereux.

  • À la suite d'un accident de la route, un garçon de 10 ans gît dans un hôpital. Son père de 65 ans est dans un état critique. Il aurait besoin du coeur de son fils - tout comme en aurait besoin une jeune fille qui attend depuis longtemps et risque de ne pas passer la nuit. Qui sauver ? Deux frères s'affrontent, appelés par le drame de leur père mourant et de leur demi-frère dont le sacrifice peut redonner la vie.

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