• Quels sont les événements historiques qui inaugurent, jalonnent et clôturent le Moyen Âge français ? Comment un ensemble de régions dominées par les Francs devient-il progressivement le royaume de France ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles s'est construite la société médiévale et quelle a été leur évolution ? Parcourant mille ans d'histoire française dans un style clair et précis, Claude Gauvard visite la France médiévale, de la fin de l'Empire romain d'Occident jusqu'au crépuscule du XVe siècle. Évoquant tour à tour les aspects économiques, politiques, mais aussi sociaux et culturels de la France médiévale, l'historienne démontre avec brio à quel point cette période, éloignée des stéréotypes négatifs issus de la Renaissance, a ses valeurs propres fondées sur l'honneur, tout en préfigurant déjà l'État moderne.

  • Rien ne semblait destiner la dynastie capétienne à une si grande longévité, qui la maintient à la tête du royaume de 987 à 1328. La royauté, d'abord élective, devient héréditaire et le roi est peu à peu reconnu dans tout le royaume.
    Les personnalités de ces monarques sont mal connues, mais ils se sont imposés par le succès de leurs conquêtes, par la gestion d'un domaine royal à la pointe du progrès économique et intellectuel, et par l'ancrage religieux de leurs actions. Rois sacrés et guérisseurs, soutenus par le réseau des évêchés et des monastères, ils se sentent responsables devant Dieu du salut de leur peuple. Gouverner leur royaume consiste donc à le purifier, qu'il s'agisse de saint Louis, canonisé en 1297, ou de Philippe le Bel et ses successeurs, grands constructeurs de l'État naissant.
    Loin des idées reçues, ce livre donne la parole aux sources et présente les dernières avancées de la recherche en histoire médiévale pour dessiner l'originalité du temps des Capétiens qui, de rois des Francs, sont devenus rois de France.

  • Le royaume de France au temps de la guerre de Cent Ans connaît-il les désordres, les violences gratuites et le chaos que suggère l'historiographie traditionnelle ? Loin de nier la profondeur des crises économiques, démographiques et sociales, ce livre montre que l'État s'est construit à travers elles.
    La dynastie des Valois a pourtant eu du mal à s'imposer et à faire face aux défaites et aux révoltes, sans compter les remises en question de sa légitimité. Mais les crises précipitent les transformations politiques : des impôts sont levés, la justice du roi est rendue et lui-même gouverne par la grâce en multipliant les lettres de pardon.
    Dans ces temps de profondes mutations, les acteurs de la vie politique ont toute leur place : les héros de la victoire, de Du Guesclin à Jeanne d'Arc, mais aussi des individus moins connus, rebelles ou soumis à la faveur du roi de France, souverain non plus seulement d'un territoire, mais bien d'un embryon de nation.

  • En 2013 était lancée la ligne des « Histoires personnelles de France » avec l'ouvrage de Bruno Dumézil, Des Gaulois aux Carolingiens. L'ambition affichée est alors de donner carte blanche à un panel de spécialistes, un par période, pour constituer une histoire de France non seulement la plus juste scientifiquement, mais aussi la plus abordable. Les sept volumes de la collection ont été ici réunis, formant un récit vivant et d'une cohérence impeccable. De cette continuité entre les récits de chacun ressort clairement qu'il n'existe qu'une histoire de France, complexe et articulée, faite de mouvements plutôt que de moments, dont les contours sont connus et admis ; seuls les angles d'approche varient, et c'est dans cette subjectivité que réside la force de l'ensemble coordonné par Claude Gauvard.

  • « Digne de mourir, comme inutile au monde » : c'est en ces termes que les archives ont conservé la trace de la condamnation à mort d'un valet déclaré coupable de vol, à Paris, en 1391. Est-ce là une simple tournure de phrase destinée à la postérité, ou cette expression traduit-elle la réalité d'un jugement considérant l'« utilité au monde » comme un prérequis au droit de vivre ? Et ce « monde », est-il celui du roi, qui affirme ainsi son pouvoir sur ses sujets, ou celui d'une chrétienté qui ne considère plus que le criminel peut être racheté ?

    Condamner à mort au Moyen Âge n'est pas un acte plus anodin qu'aujourd'hui. Il n'est pas non plus, semble-t-il, plus fréquent. Et si la condamnation est un outil d'affirmation du pouvoir royal, ce n'est pas par sa nature coercitive ou arbitraire, mais par l'encadrement des juges et la pratique de la grâce. C'est là l'autre pan d'un Moyen Âge rénové depuis plusieurs décennies que Claude Gauvard révèle, avec cette volonté d'approcher au plus près, par un examen minutieux et clairvoyant des sources, la cohérence d'une société médiévale qui nous est à la fois étrangère et pourtant fondatrice.

  • Au Moyen Age, partout régnerait la violence, expression exacerbée de la brutalité des moeurs. Une étude quantitative strictement menée à partir des lettres de rémission émises par la Chancellerie royale, des archives du Parlement et du Châtelet donne une autre image du crime dans le royaume de France aux XIVe et XVe siècles. Certes la violence existe, et l'homicide constitue, en nombre, le premier des crimes capitaux. Mais il est loin d'être le plus grave. Non que la vie d'un homme soit sans valeur, mais que vaut-elle si la renommée est bafouée ? La société est en tout lieu régie par un code de l'honneur que partagent toutes les couches sociales. Pour saisir la portée de ces valeurs communes, il convenait de faire appel aux sciences humaines que sait utiliser l'historien, le tout servi par l'outil informatique. La population des coupables et des victimes ainsi que les solidarités qui se tissent autour du criminel sont analysées en des termes aussi exhaustifs que possible. Quant à l'étude des gestes et des mots qui servent à dire le crime, elle ouvre sur un autre registre : celui du politique. Or le roi de la fin du Moyen Age, en France, continue, malgré les théoriciens réformateurs et les praticiens d'une procédure devenue de plus en plus complexe, à résoudre les crimes capitaux par le droit de grâce que lui confère son pouvoir sacré plus que par la rigueur de sa justice. Le crime et la violence ont pu contribuer à construire la société et l'Etat en même temps qu'ils en menaçaient l'existence. Comment tous, hommes de pouvoir, rois et juges, mais aussi l'opinion publique qui reste en fin de compte maîtresse du jeu, ont-ils manipulé le crime ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Pour la première fois, l'éditeur des savoirs, les Presses Universitaires de France, et la maison de disques culturels de référence Frémeaux & Associés, s'associent pour proposer des cours particuliers sur l'histoire de France, racontée, expliquée et analysée par les plus grands universitaires.
    En près de cinq heures, cet enregistrement retrace l'histoire de France sous les rois capétiens, lors des XIIe et XIIIe siècles, incarnée par Claude Gauvard, spécialiste d'histoire médiévale."
    Claude COLOMBINI FREMEAUX

  • "Pour la première fois, l'éditeur des savoirs, les Presses Universitaires de France, et la maison de disques culturels de référence Frémeaux & Associés, s'associent pour proposer des cours particuliers sur l'histoire de France, racontée, expliquée et analysée par les plus grands universitaires.
    En près de cinq heures, cet enregistrement retrace l'histoire de France aux XIVème et XVe siècles, incarnée par Claude Gauvard, spécialiste d'histoire médiévale."
    Claude COLOMBINI FREMEAUX

  • Cet ouvrage, conçu par un travail d'équipe, est à un double titre un guide : de la recherche en histoire et du métier d'historien. Avec ses 355 entrées et ses 201 auteurs, il entend montrer que l'histoire est une discipline vivante, sans cesse remise sur le métier par ceux qui l'écrivent. Des choix ont dû être faits et les grands thèmes qui renouvellent la pensée historique ont été privilégiés : les sensibilités, les représentations, l'information, l'opinion, les médias, la culture de masse, la mondialisation, etc. Ils sont traités en respectant les écarts chronologiques, de l'Antiquité à nos jours, la diversité historiographique et la complexité de domaines souvent foisonnants. Il apparaît alors que, quelle que soit leur spécialité, les historiens ont en commun de répondre aux mêmes exigences de rigueur pour administrer la preuve et rechercher la vérité. Une grande attention a donc été portée au métier d'historien face à ces nouveaux objets et à de nouveaux modes d'investigation. Une telle somme montre que l'Histoire reste une, comme un édifice éclairant un savoir indispensable au citoyen d'aujourd'hui.

  • Neuf historiens ont mis leur science au service de l'histoire de Paris, pour en éclairer un aspect à la lueur de leurs propres travaux et des derniers acquis de la recherche. C'est ainsi que sont tour à tour abordées la question de la place des saints fondateurs dans la ville, celle de l'évêque, des enceintes, de la justice, de la bourgeoisie, de l'assistance, des femmes, de l'université, de l'aristotélisme, du roi en son palais et de la guerre civile. Ce sont autant de portraits d'une ville aux visages multiples qu'il est difficile de saisir dans son ensemble, mais leur mise en série permet ici de s'en faire une idée. Il en ressort néanmoins que Paris cumule déjà à cette époque les fonctions économiques, religieuses, intellectuelles, curiales et politiques, ce qui est unique en Occident où les villes peuvent rarement s'enorgueillir de plus de deux ou trois fonctions : Gand est avant tout une cité industrielle, Bologne une ville universitaire, Venise un pôle commercial... Cet épais feuilletage de fonctions variées est probablement l'explication de l'exceptionnel développement de Paris au Moyen Âge.

  • Cet ouvrage traite de la réparation en justice après une punition qui n'a pas été conforme à la vérité et qui, dans les cas les plus graves, a puni de mort ou d'emprisonnement à vie un innocent, au détriment de son honneur et de sa famille. Le cas de Jules Durand, docker-charbonnier du port du Havre, condamné à mort en 1910, réhabilité en 1918 sert de trame à la réflexion. Mais combien le processus s'avère délicat quand la justice a mal jugé, voire a condamné à mort un innocent. Est-ce si facile pour la Cour de cassation de réhabiliter sans remettre en cause les juges que la Loi protège depuis le Moyen Âge ? La solution consiste à mieux penser la procédure, à exercer la justice en humaniste comme l'a souhaité l'avocat général Raymond Lindon dont le livre contribue à éclairer la pensée et l'action. Alors, le jugement peut prendre en compte à la fois la vérité des faits et l'honneur des hommes.

  • L'histoire de la vengeance, du Moyen Âge à la fin de l'époque moderne, restait à écrire. Les dix-huit contributions de cet ouvrage, issues de trois rencontres internationales, traitent des pratiques de la vengeance en étudiant une série de cas pris dans l'Empire, dans le royaume de France, mais aussi en Italie et en Espagne. Tous les groupes sociaux sont concernés, nobles comme non-nobles, paysans et citadins, clercs et laïcs. L'idée a été de comprendre comment et pourquoi, globalement, la vengeance régresse en Occident. Il fallait pour cela interroger les outils théoriques dont dispose l'historien, la notion de « justice privée », qui renvoie à l'idée d'un État détenteur du monopole de la violence légitime, ou celle de « civilisation des moeurs » qui accompagne nécessairement l'idée d'un progrès de l'homme sur ses pulsions agressives. Ces notions volent ici en éclats pour faire place à des explications plus nuancées et sans doute plus justes. L'État peut louer la vengeance tout en la condamnant par bribes, et la vengeance peut se dérober à l'observation ou, au contraire, envahir la documentation au gré des acteurs qui la manipulent pour en faire mémoire. Enfin, si le lien entre honneur et vengeance est ici privilégié, il n'est pas le seul critère d'explication. Car la vengeance se révèle multiforme et, de ce fait, reste difficilement saisissable

  • Quinze ans après le grand panorama historiographique dressé par François Bédarida, le Comité français des sciences historiques a proposé de remettre à l'ordre du jour de son congrès un bilan d'étape. Cela ne semble pas inutile, compte tenu de la vitalité de la recherche historique française. Le renouvellement des thèmes, les pistes novatrices suggérées en particulier grâce à l'importante coopération internationale entre universitaires et chercheurs, tout cela concourt à dresser un paysage inédit de la discipline historique.
    Les textes réunis ici proposent une synthèse des principaux axes de recherche depuis 1995 en rappelant les moments historiographiques importants : une publication, un colloque ou un débat. L'objectif de ce point d'étape n'est pas d'être exhaustif, ce qui n'aurait guère de sens, mais de manifester la vigueur de la recherche française en gardant comme perspective la promotion de la science historique à l'étranger. Il ne s'agit donc pas d'une publication à usage « interne », mais bien de poser les jalons d'une réflexion d'ensemble dans le long terme sur le travail d'historien en France à l'aune de la recherche internationale.

  • Passer devant un juge pour régler un conflit de couple est aujourd'hui chose banale. Mais banal ne veut pas dire récent. Le phénomène a une longue histoire, retracée ici dans le cadre de l'Europe occidentale préindustrielle, des Pays-Bas à l'Espagne et à l'Italie, de la France à la Roumanie, sans négliger les évolutions de la diaspora juive installée au sein de la société chrétienne. Partout, les infractions possibles à la loi qui définit le mariage se durcissent et les procès se multiplient devant les tribunaux laïques ou ecclésiastiques. Rapts, viols, mariages clandestins, adultères et toutes les formes de violences conjugales sont autant de chefs d'accusation maniés par la justice, mais le plus souvent à la demande du couple ou de sa parenté. La question est bien de savoir comment et pourquoi la justice a pu être utilisée, voire instrumentalisée comme une arme dans les querelles matrimoniales, et quel regard a pu être porté sur ces conflits où s'est en particulier joué le sort des femmes.

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