• Âpre, violent, passionnel, ce roman qui marque d'une pierre blanche la rentrée littéraire de Clarisse Francillon traite de l'amour qu'éprouvent deux femmes l'une pour l'autre. Nous conviendrons qu'un tel sujet s'avère périlleux, qu'il risque de nous entraîner de la simple et suspecte étude de moeurs à la littérature la plus outrancière. L'auteur, avec maîtrise, évite ces écueils. Et nous sommes bouleversés, tant dans notre chair que dans notre esprit, par le drame de ces deux femmes vouées à la double solitude d'un amour absolu. Drame qui se joue dans le décor d'une Espagne brûlante, et se déroule devant nos yeux, avec la rigueur d'une tragédie antique.

  • Alberte, que tout le monde prend pour une femme énergique, indépendante, destinée à être chef d'entreprise - et qui, dans une certaine mesure, est tout cela - s'éprend d'un homme qui la regarde à peine, sait tout juste qu'elle existe. Ainsi cette fille de notre époque sera habitée par un sentiment tel qu'en éprouvaient, ou du moins nous le leur attribuons, les dames du temps jadis. En apparence, l'histoire que nous conte Clarisse Francillon est donc simple, mais Alberte n'est pas seule, ou plutôt les autres l'environnent, ne cessent jamais de rappeler leur présence. Ce sont les drames de famille, les difficultés d'argent et de logement, les mariages, les liaisons qui se font et se défont. Ce sont les luttes politiques. Ce sont les guerres. L'art de Clarisse Francillon est de plonger le lecteur, immédiatement, dans l'épaisseur de la vie dans son désordre, dans son mouvement lent ou rapide. Le lecteur est avec les personnages dans la maison, dans la rue, sans préambule, jeté au milieu d'eux, avec eux. Le rare mérite de l'auteur, en effet, est de faire vivre et parler ses personnages comme si personne ne les regardait et ne les écoutait, comme s'il n'existait pas de lecteur. Clarisse Francillon n'a pas recours pour cela, au monologue intérieur « classique » ; c'est le roman lui-même qui monologue. Mais la vie ne s'arrête pas : l'amour d'Alberte durera des années, une sorte d'épreuve dont elle ne voit pas la fin, une quête du Graal sans gloire. Mais aujourd'hui existe-t-il encore un Graal ? L'histoire d'Alberte paraît éternelle ; telle qu'elle nous est narrée, elle n'appartient qu'à notre époque.

  • Bien que Mme Delézenne, concierge d'un immeuble lézardé passage Prévost, s'active avec une éloquence et un entrain qui nous enchantent à semer la zizanie parmi les locataires dont elle surveille la colonie bigarrée, c'est le passage Prévost lui-même, ruelle démantibulée et populeuse du XIIIe arrondissement, que choisit Clarisse Francillon pour véritable héros de son nouveau roman. On aimera retrouver parmi ces pages si colorées et si prestes la science du détail juste, la fluidité de dialogues, propres à une romancière dont l'humour aiguise le sens qu'elle a de la fraternité des êtres.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le conte, un genre littéraire dont l'évolution historique est plus difficile à définir que celle des autres, a pour caractère constant d'être une oeuvre purement narrative, qui ne s'encombre ni de longues descriptions, ni d'analyses psychologiques, assez courte, se limitant à un seul épisode. Que ces Vingt-Neuf Contes, qui sans cesse oscillent entre la satire et le fantastique, répondent ou non aux diverses exigences de notre Grand Larousse, le lecteur en décidera. Quoi qu'il en soit, l'essentiel n'est-il pas qu'ils reflètent leur part de la cruauté, de l'absurdité, de la poésie du monde ? Et, si le genre duquel il se réclame semble tombé quelque peu en désuétude, ou n'être pas de ceux qu'aujourd'hui l'on prône le plus, ce recueil pourrait contribuer à démontrer l'injustice de ce décri.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

empty