• Le déclenchement de la guerre civie à N'Djaména en février 1979 et les déchirements politiques qui ont suivi n'ont guère surpris les observateurs. Le poids du passé était devenu trop lourd pour un pays comme le Tchad à qui la nature et les hommes avaient légué plus d'obstacles que d'atouts...

  • Entre 2005 et 2008. sous la conduite de Christian Bouquet et Hélène Velasco-Graciet, trois colloques ont été organisés à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine par le laboratoire ADES-CNRS pour essayer de clarifier la position de la géographie française par rapport aux ambiguïtés de la discipline face à la colonisation, à la tropicalité, et au développement. Après avoir tenté de savoir si la géographie coloniale était colonialiste (L'Empire des géographes), puis si la géographie tropicale était fille de la précédente et avait encore un sens (Les Tropiques des géographes), un ensemble de chercheurs ont affronte la question du « développement ». considéré comme le dernier terrain pour une géographie hors des murs occidentaux, pour confirmer ou infirmer qu'il s'agissait du dernier refuge possible pour ceux qui travaillent dans les Suds. Même si les hypothèses de départ ont été traitées avec d'infinies précautions car le débat n'est pas encore débarrassé des passions anciennes la filiation géographie coloniale / géographie tropicale / géographie du développement n'a pas été démontrée. Comme souvent, plus que des réponses, c'est une série de questions qui surgissent à la lecture des articles. En invitant les auteurs à s'interroger sur le lien qu'ils établissent entre leurs discours sur le développement et leurs actions concrètes dans ce domaine, les organisateurs savaient que le fossé entre les scientifiques et les experts ne serait pas comblé. Il reste donc à savoir pourquoi. En abordant dans son appel à communications le thème des Postcolonial Studies, le colloque a précisé des interrogations qu'il faudra continuer d'explorer. Enfin, en donnant la parole à plusieurs chercheurs originaires des anciennes colonies, cette rencontre a ouvert la porte à une décolonisation des esprits qui pourrait bientôt déboucher sur une géographie (enfin) décentrée. Cette quête épistémologique, qui a donné ici beaucoup de place au terrain, devra donc se poursuivre par le questionnement constant des principes et des pratiques des uns et des autres, en insistant sans doute davantage sur la géographie de l'Autre que sur une géographie de l'Ailleurs.

  • Ce numéro thématique de Dynamiques Environnementales s'attache, avant tout, à faire un état des lieux des conflits liés à la géoressource en eau sur le continent africain, à partir d'exemples concrets, bien documentés par une importante cartographie (70 à 80 documents cartographiques). Il s'organise autour d'une première partie centrée sur les grands lacs africains selon une approche historique, géographique et diachronique montrant l'évolution de ces lacs au cours de l'histoire et des problèmes d'assèchement, tel le Lac Tchad, qui provoque des tensions sociales au regard des usages et des changements climatiques. De la même façon, les pratiques et l'utilisation des lacs Victoria, Turkana (Afrique orientale) et de Bagré (Burkina Faso) est source d'insécurité pour les populations, toujours croissantes de cette région de l'Afrique.
    Le corps de la revue se poursuit par plusieurs articles traitant de questions essentiels telles les rapports entre le climat (sécheresses et précipitations) au regard des usages et d'une pression démographique galopante, notamment en milieu urbain où les exemples de Nairobi et de Douala montrent des situations préoccupantes de santé publique et où la question des pollutions environnementales est centrale. Le cas du sud de Madagascar, également traité ici montre une aggravation de la crise de l'eau dans une région semi-aride.
    À ces articles de fond s'ajouteront une rubrique d'actualités qui retracera rapidement les derniers évènements concernant l'environnement en Afrique avec notamment la sécheresse de 2012, des fiches et un dossier pédagogique (sur « le dessous des cartes »), ainsi qu'un jeu géographique et de culture générale, sous la forme d'un quizz, à partir de cartes anciennes sur la question des explorateurs et des colonisateurs français au XIXe siècle. Ce CartoQuizz est également associé à un article sur l'intérêt et le rôle stratégique des fleuves africains dans la colonisation anglaise au XIXe siècle.

  • Ce manuel permet de mesurer les enjeux de la crise ivoirienne et d'en comprendre la complexité. Une cartographie met en perspective l'évolution de la géographie électorale depuis 2000.

  • Née de l'esprit des hommes et de leur volonté de catégoriser le monde pour mieux le comprendre et le contrôler, la frontière inspire toutes les représentations liées à la contrainte, à la protection, au rêve ou à la transgression. Ces contributions montrent en quoi les frontières peuvent être mouvantes, étudient ces frontières impossibles à dessiner, soit parce qu'elles n'existent que dans les esprits soit par ce qu'elles n'existent pas dans les esprits. Ce volume fait suite à Tropismes des frontières.

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