• C'est sous le signe du «disparaître» que l'oeuvre écrite et photographique d'Alix Cléo Roubaud s'est élaborée puis s'est offerte aux autres. Décédée précocement en 1983, on lui doit notamment Si quelque chose noir, l'une de ses plus fortes séries photographiques et son Journal, paru à titre posthume. Ce numéro des Écrits s'ouvre à ces apparitions furtives - plastiques et poétiques - qui évoquent en leur bref déploiement spectral la hantise de la perte, de l'éclipse et de l'évanouissement. Les auteurs ici réunis font entendre, chacun à leur manière, des échos puissants de l'étrange sensualité des oeuvres d'Alix Cléo Roubaud qui composent l'iconographie de ce numéro.

  • Ce livre amoral d'où la rectitude politique est exclue propose un étrange renversement des genres sexuels et littéraires en une expérience de l'extrême. Perplexe devant le réel, Chantal Neveu expose à la fois le corps et ce rien qui l'habite. Son écriture, à l'éthique minimale, va jusqu'à la dissolution de l'idéalisme, mais demeure indulgente pour le vivant qui nous agite. Une spectaculaire influence est véritablement engagé tant sur le plan littéraire que sur le plan social.

  • Qui ne s´est jamais interrogé, lors d´un contact de sa main avec le corps d´un autre, à délimiter mentalement la partie qui lui appartient et celle de l´autre ? Jouer à penser la transposition « toucher» ou « être touché » sans rien changer des positions

  • Institués au sortir de la Première Guerre mondiale, les mandats de la Société des Nations illustrent les implications de l'arrivée des experts dans les Suds dès les années 1920. Ils constituent pour cette raison un angle d'attaque privilégié pour réfléchir aux liens entre expertise et colonisation comme aux dynamiques qui accompagnent les experts. S'ils ont été l'objet de discussions intenses, les mandats ne peuvent guère être considérés comme l'objet d'un champ d'expertise bien délimité avec ses méthodes uniformisées, son corps de savoirs systématisés et ses procédures formalisées de certification. Les discours institutionnels d'experts sur les mandats, divers et dénués de cohérence, dissimulaient souvent les modalités habituelles du gouvernement colonial. Cependant, les temps changeaient. La pluralité des cadres institutionnels où l'on discutait des mandats (Commission permanente des mandats, autres organes de la SDN) sapait le monopole supposé des États coloniaux sur la prise de décision informée. L'intérêt des organisations privées et caritatives était également d'importance, dans la mesure où certaines investirent massivement dans des projets exploratoires de développement à fort coefficient d'expertise. Ajoutées les unes aux autres, ces circonstances institutionnelles attiraient des experts potentiels vers les mandats, d'où l'on peut observer et les tensions d'empire qui marquaient l'ère coloniale finissante et les prémisses de politiques publiques fortement consommatrices d'expertise qui se diffusent dans les Suds après 1945.

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