• Ville rebelle, ville insoumise, Bordeaux fait figure, au xviie siècle, de môle de résistance face à l'autorité royale sans cesse grandissante. Lorsque le jeune Louis XIV se présente aux abords de la cité en 1650, il trouve portes closes pendant près de deux mois... La capitale de Guyenne joue alors l'un des plus beaux et des plus tragiques épisodes de son histoire: la Fronde. Deuxième foyer de rébellion après Paris, la cité est le refuge du parti des princes. Mais c'est oublier que le soulèvement fut initié par ceux qui sont alors les maîtres de la ville: les magistrats du parlement.

  • Sous l'Ancien Régime, les parlements, de Paris comme de province, étaient au coeur du fonctionnement de l'État. Têtes du système judiciaire français, mais aussi dépositaires des lois autant qu'administrateurs des questions les plus diverses, ils assumaient bien des aspects de la bonne marche du royaume. Cependant, ces cours avaient la réputation non usurpée de se montrer régulièrement indociles, voire rebelles aux yeux de certains ; la Fronde au xviie siècle et les querelles chroniques du xviiie siècle en sont les signes les plus manifestes. Pourtant, au sein de ces cours, le pouvoir royal a toujours eu des partisans, qu'il s'agisse de personnes étant, de par leur fonction, les « représentants » de la monarchie au sein de la cour (les gens du roi) ou de magistrats qui, pour des raisons personnelles et de façon informelle, défendaient la position du souverain (les hommes du roi). Or, si les procureurs généraux sont de moins en moins pour nous des inconnus, on sait en revanche peu de choses des premiers présidents au parlement, tandis que les partisans du pouvoir royal sont souvent ignorés au profit de ceux qui ont incarnés l'opposition à la monarchie. Les seize contributions réunies dans cet ouvrage se proposent de compléter notre connaissance historique de ce groupe politique et social, en s'intéressant â la manière dont ces magistrats ont pu servir le roi, à leurs carrières, à la façon de mener leur travail, et en se focalisant tout particulièrement sur les premiers présidents.

  • La ville, le port, la mer : à la croisée de ces trois identités, la ville portuaire maritime revêt, dans la France de la seconde modernité, bien des réalités. Du petit port de pêche breton ou normand aux métropoles du grand commerce en passant par les arsenaux, peuton parler d´une communauté de destin ? Dans quelle mesure l´identité portuaire maritime se distingue-t-elle du fait urbain global ? La question a d´autant plus passionné les historiens que ces cités sont au coeur des grands enjeux du temps : l´ouverture au monde, le triomphe du grand commerce maritime, l´avènement des trafics coloniaux, le cosmopolitisme et la mobilité des populations, les mutations de l´urbanisme, la défense du territoire, le rapport au risque...
    Unique synthèse sur les cités portuaires en France à l´époque moderne, cet ouvrage met en lumière le renouveau de l´histoire maritime et fait découvrir des espaces originaux à l´identité forte : les villes et leurs ports.

  • De l´époque moderne à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les élites ont entretenu un rapport étroit à la terre, une terre qui ne constitue pas seulement un patrimoine foncier, mais aussi une source de revenu en tant qu´exploitation agricole, un lieu de vie ou de séjour, un enjeu de pouvoir, un élément de prestige social... Or, ce thème majeur de l´histoire rurale comme de l´histoire des élites, souvent abordé, n´avait jamais fait l´objet d´une synthèse. C´est enfin chose faite grâce au colloque organisé par le Centre d´Études des Mondes Moderne et Contemporain, sous la direction de Caroline Le Mao et Corinne Marache. Ce livre rassemble les contributions de trente-deux historiens qui interrogent la question centrale des « stratégies foncières » et de leurs enjeux pour les élites, se penchent sur les jeux de pouvoir et les conflits liés aux rapports complexes entre élites et terre, analysent le rôle des élites dans l´innovation et la modernisation des campagnes et, enfin, étudient l´intime à travers les approches spécifiques des famille à la terre, mais aussi les notions d´identité et d´art de vivre. Ces regards croisés sont l´occasion d´une mise au point historiographique et offrent une réflexion renouvelée sur les apports réciproques - économiques, sociaux, mais aussi politiques ou culturels - entre le monde de la terre et les élites.

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