• MIRANDOLINE, seule.
    Ah ! si j'avais dû épouser tous ceux qui ont dit vouloir ma main, j'en aurais des maris ! Autant il en descend dans cette auberge, et autant qui s'éprennent de moi, jouent les amoureux transis, et me proposent, tous autant qu'ils sont, de m'épouser séance tenante ! Et voilà pas ce Chevalier, cet ours mal léché, qui me traite si rudement ? C'est bien le premier voyageur venu dans mon auberge qui n'ait pas eu plaisir à traiter avec moi. Je ne dis pas que tous doivent tomber amoureux au premier coup d'oeil, non. Mais me mépriser ainsi, voilà qui me met dans une rage noire. (acte I, scène XI)
    Texte intégral

  • Fabrizio, bourgeois désargenté et ridicule avec sa folie des grandeurs, vit à Milan avec ses nièces, Flamminia, jeune veuve, et Eugenia, fiancée à Fulgenzio. Les deux amants s'aiment passionnément, mais Eugenia est jalouse et Fulgenzio coléreux. Chacune de leurs rencontres est l'occasion de scènes violentes qu'ils redoutent et semblent à la fois rechercher...
    Goldoni, en alternant scènes comiques et dramatiques, nous offre une de ses plus belles comédies, dans un langage tour à tour bouffon ou lyrique. Il nous montre avec subtilité les effets néfastes du sentiment amoureux porté à son point extrême d'exaspération.
    Carlo Goldoni (1707-1793) a triomphé à Venise jusqu'en 1762. Il a écrit en italien, vénitien et français. Admiré par Voltaire, il quitte sa Venise natale et s'établit définitivement à Paris. Réformateur de la commedia dell'arte, il sera reconnu dans la deuxième partie du vingtième siècle, grâce notamment aux mises en scène de Giorgio Strehler et au nouveau regard qu'ont porté sur son oeuvre chercheurs italiens et français.
    Huguette Hatem, agrégée d'italien, est à la fois enseignante, traductrice et comédienne. Elle a contribué à faire connaître en France de nombreuses pièces d'auteurs italiens classiques et contemporains de Carlo Goldoni à Eduardo De Filippo.

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