• L' Angleterre n'est pas une île. Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, méthodiquement, effectué l'exploration et la conquête. Poursuivant sa quête impériale pour s'étendre jusqu'aux confins du globe, l'Angleterre, voisine d'aucun par la terre, est devenue, au cours des âges, la voisine de tous par la mer.

    Ainsi Bernard COTTRET résume-t-il cette longue mutation commencée il y a près de mille ans avec Guillaume le Conquérant. Dans une approche originale, s'arrêtant sur des épisodes et des personnages à ses yeux significatifs, il offre la synthèse brillante et limpide que l'on attendait.

  • Les Tudors

    Bernard Cottret

    • Perrin
    • 21 Mars 2019


    La dynastie qui a fait l'Angleterre.

    1485-1603. En l'espace de quatre générations, l'Angleterre passe du Moyen Âge flamboyant aux fastes de l'époque baroque, de la guerre des Deux-Roses à la construction d'un État. Dans cette saga familiale, on n'est jamais très loin du conte. Il était une fois Henri VII, le père fondateur, son fils Henri VIII, le Barbe bleue aux prises avec François Ier et Charles Quint, le petit Édouard VI, la sulfureuse reine Marie, l'acariâtre Élisabeth, toujours vierge. Tous, dans leurs différences mêmes, ont illustré leur siècle, cet âge d'or de la culture anglaise qui nous éblouit encore. Les Tudors ont affiché à la face du monde leur réussite et leur richesse, à peine entachées par quelques têtes coupées, des reines exécutées, des catholiques étripés, une sauvage répression - toutes choses que l'on pardonne volontiers aux souverains que l'on aime. Dominé par l'antique déesse Fortuna, en proie aux bouleversements, le siècle des Tudors fut par excellence le temps du changement. C'est aussi à cette époque que l'Angleterre s'engagea résolument dans une aventure de conquête qui s'étendit à tout l'espace atlantique. Aujourd'hui comme jadis, les Tudors hantent notre imaginaire.


  • La révolution, 150 ans plus tôt qu'en France.

    Cent trente-quatre ans avant les États-Unis, cent cinquante ans avant la France, l'Angleterre accomplit sa double révolution politique et sociale. Cet événement a eu une portée considérable, en facilitant l'accouchement d'un monde moderne caractérisé notamment par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire et son attachement irrévocable à la propriété privée.
    Par son talent et sa profondeur, Bernard Cottret renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Un livre qui permet de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.
    " Bernard Cottret est à la Révolution anglaise ce que François Furet était à la Révolution française. Il en connaît les moindres aspects, tout en renouvelant la lecture de l'évènement dans une oeuvre remarquable. "
    Le Figaro Histoire

  • Le livre de référence sur le sujet qui prône, hier comme aujourd'hui, la fin des " guerres de religions ". En avril 1598, Henri IV ratifie le célèbre édit de Nantes qui met fin à plus de trente ans de guerres civiles. Ce texte fondateur règle pour près d'un siècle les rapports entre catholiques et protestants, jusqu'à sa révocation par Louis XIV en 1685. Il serait pourtant anachronique de voir dans l'édit de Nantes la charte du protestantisme français, car " tolérance ", alors, n'a pas le même sens qu'aujourd'hui. Il s'agit bien plutôt d'un compromis inégal, qui vise au " vivre ensemble " en permettant sur un même territoire la coexistence officielle de deux Eglises opposées, mais aussi de deux cultures. A l'heure où les religions sont redevenues des marqueurs d'identité, la lecture de ce texte, qui prêche la fin des conflits religieux, est particulièrement salutaire. Préface inédite Nouvelle édition revue et corrigée

  • De Wittenberg à Genève, de l'Angleterre aux Amériques, un protestantisme qui n'est jamais tout à fait le même ni tout à fait un autre. De la très grande histoire. Sait-on bien que les baptistes sont aujourd'hui plus nombreux aux Etats-Unis que les catholiques en Espagne et en Italie ? Que les assemblées pentecôtistes, sur les cinq continents, réunissent chaque année des millions de personnes ? Depuis près de cinq siècles, la Réforme protestante, en choisissant de s'adresser à tous les hommes de toutes conditions dans leur propre langue, a contribué à l'émergence des sociétés modernes et à l'affirmation des nations. Bernard Cottret restitue fidèlement cette histoire en interrogeant l'oeuvre et l'influence de l'Allemand Martin Luther (1483-1546), du français jean Calvin (1509-1564) et de l'Anglais John Wesley (1703-1791). De Wittenberg à Genève, de l'Angleterre au Nouveau monde, la Réforme protestante s'est ainsi affirmée comme un mouvement original et puissant dont la trajectoire se poursuit sous nos yeux. Membre honoraire senior de l'Institut universitaire de France, Bernard Cottret enseigne à l'université de Versailles-Saint-Quentin et à l'Ircom (Paris-Sorbonne). Auteur de biographies de Calvin, Henri VIII, Elizabeth Ier, Jean-Jacques Rousseau (avec Monique Cottret), il a également publié chez Perrin 1598, l'Edit de Nantes (1998).

  • Connaît-on la "Glorieuse Révolution" d'Angleterre, comme déjà l'appellent ses contemporains ? Celle qui, en 1688 et au terme d'une confrontation sans effusion de sang, remplace sur le trône Jacques II Stuart par Guillaume d'Orange et fonde pacifiquement une monarchie tempérée. Du moins en Angeleterre, car en Irlande nul n'a oublié l'écrasement des catholiques lors de la bataille de la Boyne. Très tôt, les historiens français ont comparé 1789 à la première Révolution anglaise - les deux décennies 1640 et 1650, marquées par une "Grande Rébellion" et par un "Interrègne" qui virent l'exécution de Charles Ier, l'instauration de la République, le 'bonapartisme' de Cromwell et la restauration de la monarchie. 1688 n'est pas, en effet, une dramaturgie, mais une révolution sans révolution : celle-ci fut d'autant plus glorieuse qu'elle prétendait constituer non pas une rupture radicale, mais un simple retour aux libertés immémoriales de la nation. Elle fascina Montesquieu, Voltaire, Burke et Guizot. Laissant en héritage le Bill of Rights, la loi sur la tolérance, et l'oeuvre éclatante de John Locke, elle demeure un moment décisif de l'expérience politique occidentale.

  • Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine.

    Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine. Pourtant dès 1598, grâce à son édit de Nantes, la France a expérimenté un mode de coexistence original entre ses confessions religieuses. C'est la révocation de l'édit de Nantes en 1685 qui a mis fin à ce face-à-face, gommant pour longtemps des esprits la singulière réussite de ces temps d'exception.

    Vingt millions de catholiques et un million de protestants, à la suite de Luther, de Calvin ou du concile de Trente, partageant une culture largement commune, ont évolué ensemble sur notre territoire et fait l'expérience d'une cohabitation inédite. Leur confrontation s'est accompagnée de multiples emprunts et échanges qu'explore ce livre au travers de quelques grandes figures engagées, de Théodore de Bèze à François de Sales, de Catherine Lévesque à Marie de l'Incarnation.

    Un moment charnière de près d'un siècle généreusement mis en valeur par Bernard Cottret, mais aussi un temps exemplaire de confrontation pacifique entre tenants de religions différentes, précédant les Lumières.

  • Calvin

    Bernard Cottret

    Pourquoi un Picard attacha-t-il son nom à la cité de Genève ? Comment un humaniste français devint-il l'une des plus hautes figures de la Réforme ? Calvin, homme d'Eglise, fut-il aussi homme d'Etat ? Vers 1532-1533, Calvin se rallie à la Réforme. Il publie bientôt la somme théologique du protestantisme réformé : l'Institution de la religion chrétienne. A Strasbourg comme à Genève, où il est retenu, le jeune auteur manifeste des qualités d'organisateur qui vont le faire passer à la postérité. Mais très vite, ses exigences de riguer suscitent l'opposition, l'hostilité et l'animosité. Car c'est un personnage contrasté que Jean Calvin. Il ne craint pas de polémiquer violemment - Servet, l'un de ses opposants, meurt sur le bûcher - et, dans le même temps, cherche à créer une catholicité évangélique, toujours actuelle. Ce Réformateur est essentiellement un conservateur qui manie aussi vivement la plus grande ouverture que la plus dure intoléance. Voilà donc un écrivain chrétien que son souci de restituer l'ancienne pureté de la foi place, paradoxalement, à l'aube du monde moderne et des idées d'homme.
    Bernard Cottret dirige le département Lettres et Langues à l'université de Versailles-Saint-Quentin.Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le protestanisme français, l'histoire d'Angleterre ou la vie politique et religieuse des siècles passés : Terre d'exil; Le Christ des lumières, Cromwell, Histoire des îles Britanniques, XVI-XVIIIè siècles...

  • « Elisabeth est vierge, comme l'Angleterre est île », déclarait Victor Hugo à l'époque romantique ; tout en précisant : « En admirant Elisabeth, l'Angleterre aime son miroir ». C'est cette relation étroite entre une femme et son pays que Bernard Cottret met au coeur de la reconstitution minutieuse du règne de la reine vierge. Vierge, Elisabeth l'a été, car elle n'a jamais eu qu'un seul époux, le royaume. Comment relever ce défi singulier, dans une société aussi imprégnée par les rites masculins de la guerre et de la violence que l'Angleterre de la Renaissance, être un « roi femme » ? Dans ce livre brillant et entraînant, qui est davantage un essai historique qu'une biographie classique, B. Cottret montre comment la reine, pénétrée du caractère symbolique et religieux du pouvoir, a consciemment engendré son propre mythe, à la construction duquel ont participé poètes, peintres, écrivains, théologiens, et naturellement hommes de guerre et courtisans dans cet âge d'or épris de littérature, de théâtre et d'épopée.En même temps qu'une description de la société politique anglaise du XVIe siècle, une réflexion sur l'idéologie et l'exercice du pouvoir royal quand il est assumé par une femme qui s'est rendue, dans sa vie publique et privée, intouchable. Par quoi ce règne exceptionnel ouvre à la modernité. Et l'auteur sait y mettre le ton.

  • "Le destin des reines relève du mythe autant que de l'histoire. Toujours observées, souvent épiées, ces femmes ont marqué durablement leur temps, par leur rayonnement singulier, leur génie et leur talent particuliers : la légendaire Boadicée, Aliénor d'Aquitaine, héroïne féminine des temps médiévaux, Isabelle, fille de Philippe le Bel, épouse malheureuse d'Édouard II, Marie Tudor, « Bloody Mary », la reine Anne au début du siècle des Lumières, déconcertante mais splendide, sans oublier l'inéluctable Victoria, la « grand-mère de l'Europe », ou Élisabeth II, l'actuelle souveraine, qui, plus encore qu'une icône, est une vivante allégorie des valeurs de constance, de tradition et d'enracinement, caractéristiques du royaume d'Angleterre. Au terme d'une enquête minutieuse, Bernard Cottret s'interroge sur la nature du pouvoir au féminin et explore les nombreux défis qui guettent les reines outre-Manche. L'historien restitue avec rigueur et empathie les joies et les angoisses, les réussites et les échecs de ces femmes qu'il rend à leur humanité. Souvent émouvants et toujours passionants, ces portraits abordent sans tabous la sexualité, la maternité, la politique, la séduction, la culture, le symbole et le rêve. C'est tout simplement une histoire des femmes, de leurs corps, de leurs aspirations et de leurs désirs, souvent bafoués, humiliés et corsetés au gré des conventions et des usages."

  • L'ouvrage dresse le panorama de l'histoire anglaise de l'époque moderne, de la Réforme religieuse à la révolution industrielle : économie, société, religion et approche culturelle. Sont évoqués la critique de la whig history, l'impact de la sociologie allemande ou les débats entourant l'adoption récente du terme « Ancien Régime » pour cerner ces sociétés passées.

  • Par un éminent spécialiste, le récit et l'explication d'un événement qui a changé la face du monde.

    Cent trente-quatre ans avant les Etats-Unis, un siècle et demi avant la France, l'Angleterre accomplit sa révolution religieuse, politique, sociale. A mi-chemin entre la Renaissance et l'âge industriel, cet événement fut de toute première importance pour l'histoire des mondes modernes, en facilitant l'accouchement d'une société caractérisée par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire, son attachement irrévocable à la propriété privée et ses profondes réticences face aux prélèvements fiscaux.
    Dès les premières années du XVII e siècle, les frémissements de ce changement se firent sentir, et le mouvement s'amplifia avec l'avènement de Charles I er en 1625, son exécution en 1649, le protectorat de Cromwell et, en 1660, la restauration des Stuarts dans une Grande-Bretagne profondément transformée par la conquête, encore provisoire, de l'Ecosse et de l'Irlande.
    Par son insistance sur la durée, cette approche originale renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Elle permet ainsi de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.

  • Thomas More

    Bernard Cottret

    6 juillet 1535, Thomas More monte sur l'échafaud. Décapité pour sa fidélité à la papauté, le conseiller d'Henri VIII reste un personnage énigmatique, à la confluence de la religion et de la politique, de la raison et du sentiment, de la critique sociale et du conservatisme.
    D'où le caractère déconcertant de l'individu. Ce bourgeois de Londres mena en parallèle plusieurs carrières. Juriste d'affaires et défenseur des intérêts commerciaux de son pays, il se mit au service de son roi, dont il devint le lord chancelier, avant d'être disgracié, emprisonné et mis à mort. Ami d'Érasme et homme de lettres, il rédigea, en 1515-1516, l'Utopie, chef-d'oeuvre de la renaissance. Homme d'État et homme d'étude, canonisé au XXe siècle, Thomas More fut un saint laïc, vivant « dans le monde » - un homme de son temps, celui de l'Angleterre du XVIe siècle, dont il contribua au rayonnement intellectuel.  Comment a-t-on pu se révéler persécuteur et persécuté, pour finir saint et martyr ? Dans cette biographie enlevée, Bernard Cottret explore minutieusement les mille facettes de ce personnage complexe, en restituant les grandeurs et les ambigüités de cet homme attaché à sa famille et à son roi, Henri VIII, dont on découvre ici la face cachée...

  • Le phénomène commémoratif occupe une place de plus en plus importante dans l'espace politique, médiatique et intellectuel. Cette inflation, sinon cette omniprésence, entraînent-elle une perte de sens ? En d'autres termes, trop de commémoration tue-t-il la commémoration ? La commémoration n'est pas l'histoire. La mise en scène de la mémoire entraîne une part d'inclusion et d'exclusion, donc d'oubli. La commémoration sert la « vérité » officielle ou à l'inverse des causes dissidentes, minoritaires, et contestataires. La commémoration a occupé une place stratégique dans la construction des États-nations, à la suite de l'implosion de la chrétienté médiévale. On constate depuis quelque temps une fragmentation : les dimensions communautaire, voire communautariste, d'une part, et supranationale, d'autre part, vont-elles l'emporter au détriment de la dimension nationale traditionnelle ? Cet ouvrage, associant spécialistes des langues et cultures étrangères, historiens, politologues et littéraires, a pour ambition de croiser les regards et de créer des échos. Du bicentenaire de 1789 à Hiroshima, de Québec à Austerlitz, et de Luther à l'indépendance américaine, les auteurs s'interrogent sur l'évolution du phénomène, depuis l'Âge des Réformes jusqu'à nos jours.

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