• Le nouveau nom de l'amour

    Belinda Cannone

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    • 2 Septembre 2020

    De nos jours, le couple serait en crise, et le mariage en déclin. Cette crise serait due au capitalisme, à l'hypersexualisation de la société, à Internet ou à l'on ne sait quelle incapacité de la jeunesse à s'engager.
    Pour comprendre ce que sont devenus l'amour, le couple et le désir, Belinda Cannone retrace les métamorphoses du sentiment amoureux. L'histoire du mariage nous apprend ainsi que l'union « pour toujours » est une invention chrétienne, que le mariage d'amour émerge à la fin du XVIIIe siècle, et que ce sont les révolutions du XXe siècle qui ont érigé le désir en ingrédient indispensable de la réussite du couple. 
    Cette révolution ne va pas sans problème : l'amour, en se transformant, peut durer une vie, alors que le désir est plus fugace. Dès lors, pourquoi continuer à vivre dans un couple où le désir s'est dissipé ? En effet, nous tendons à présent à former au cours de nos vies des couples successifs, non pérennes. Mais si ce problème n'en était pas un ? S'il s'agissait simplement d'une profonde mutation du couple, qui n'est pas pire - voire qui est meilleure, plus riche - que les versions antérieures du couple ? 
    Bien sûr, cette renonciation au « pour toujours » n'est possible que si l'on reconnaît la noblesse du désir. Trop longtemps regardé comme un péché, il est aujourd'hui valorisé, mais pas toujours pour ce qu'il est. Suspendant les rapports de domination, le désir est profondément féministe. Il n'est pas un simple besoin du corps, ou de la reproduction, mais une expérience capitale qui engage la totalité du corps-esprit. Intimement mêlé à l'amour, il en est le nouveau nom.

  • "Un jour que tu devais rejoindre un amant désiré (tu te trouvais sur une île), pour passer quarante-huit heures avec lui, le temps a été si mauvais qu'aucun bateau ne partait. Tu peux mobiliser des ressources insoupçonnées lorsque ton désir est menacé par les circonstances : tu as réussi aussitôt à trouver un petit avion privé pour franchir la mer qui vous séparait. Le pilote amateur, enchanté d'avoir une raison de voler, ne t'a réclamé que le prix de l'essence. Ce souvenir te ravit toujours : tu te reconnais bien dans cette extrême et soudaine efficacité qui te permet de trouver un avion pour ton désir."

  • Par « imposteurs », Belinda Cannone ne désigne pas les escrocs de la confiance, ceux qui en imposent ou qui usurpent une place. L'auteur décrit un sentiment très commun mais qu'on a toujours grand soin de cacher :  l'intime conviction de ne pas être celle ou celui qu'il faudrait être pour occuper légitimement la place dans laquelle on se trouve, et la crainte d'être démasqué. Si ce trouble met en cause l´identité, il n'engage pourtant pas la question : « Qui suis-je ? », mais à : « Suis-je celle ou celui que je devrais être pour me trouver à cette place ? ». Et toutes nos ambitions, quelle qu'en soit la  nature (professionnelle, amoureuse, existentielle, etc.). peuvent susciter cette inquiétude.   En trente-six allègres chapitres qui vont de la littérature à la psychanalyse en passant par le cinéma, la politique ou nos expériences quotidiennes, cet essai propose récits et réflexions sur l'origine et les manifestations de ce sentiment d'imposture.

  • « Au fil de l'ascension, une belle montagne, sur l'autre versant de la vallée, se révéla progressivement dans toute sa masse et m'apparut comme un cône gigantesque : elle "prit forme" tandis que je m'élevais, son dessin d'ensemble ne me devenant perceptible que quand j'eus atteint une certaine altitude. Voici l'intérêt de prendre de la hauteur : la forme du monde, cachée pour le passant des fonds de vallée, nous apparaît miraculeusement à mesure que nous montons. Elle devait être assez somptueuse cette montagne, car je me rappelle m'être émue d'un petit banc, vraiment tout seul sur un épaulement, posé devant la majesté de la chaîne comme au bord de l'infini. »

    Belinda Cannone est une marcheuse, et même lorsqu'elle danse, elle marche encore puisqu'elle pratique le tango. La randonnée de haute montagne, dans les Alpes surtout, a constamment nourri son imaginaire, sa vision du monde et ses métaphores. Ce nouvel essai, qui s'inscrit dans le prolongement de S'émerveiller et de Un Chêne, enrichit sa réflexion sur les manières d'habiter poétiquement notre monde fragile.

  • S'émerveiller

    Belinda Cannone

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    • 2 Janvier 2017

    « Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés, la lumière est belle et notre regard vigilant : alors l'émerveillement nous saisit. D'où vient ce sentiment fugitif ? Il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectacle. Souvent c'est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain on vit pleinement, ici et maintenant, dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie.  Le risque de l'enténèbrement a frappé notre époque mais il faut d'autant plus persister à évoquer l'émerveillement. Car la construction du bonheur, le respect de chaque vie précaire, précieuse et susceptible d'accueillir les plaisirs en même temps que le labeur, sont la marque de notre conception de l'existence. Ici est notre séjour, y porter un regard attentif est le plus sûr remède contre le nihilisme. »

  • Nous avons tous constaté que bien des gens dont nous respectons l´intelligence s´en servent... bêtement. Camus ne disait-il pas qu´il y a deux sortes d´intelligences, l´intelligence intelligente et l´intelligence bête ? Cette dernière produit une pensée uniformisée dont nous voyons les traces partout. Mais il n´est pas si facile de décrire ce phénomène de conformisme dans sa version actuelle.

    Il ne s´agit donc pas dans cet essai d´incriminer une nouvelle fois la sottise dans sa large existence mais l´opinion des gens éclairés, ceux qui, ayant le temps et les moyens de s´informer et de se cultiver, sont pourtant victimes du préjugé et du lieu commun, qu´ils contribuent à distiller dans l´opinion contemporaine. Paresse, réduction, relativisme, recours à des idées intelligentes mais périmées... : il faut comprendre les mécanismes de cette butée de l´esprit qui fait qu´une pensée sophistiquée et en apparence libre s´applique parfois mécaniquement.

    En 36 brefs chapitres, La bêtise s´améliore aborde l´amour, la politique, l´économie, l´art, la morale, l´école, la langue, le désir, le bonheur... Cet essai, dont un modèle pourrait être Le Neveu de Rameau de Diderot, met en scène le dialogue de trois personnages : Gulliver, l´homme en colère qui est le moteur de cette réflexion, son ami le narrateur, indulgent et curieux, et Clara, la fiancée du narrateur, qui tire plutôt la réflexion vers la philosophie morale.

    Il n´y a pas de remède au conformisme, il s´agit juste de se montrer toujours vigilant et La bêtise s´améliore veut y contribuer en étant un appel à la responsabilité intellectuelle. D´abord éloge de la liberté d´esprit, il aimerait nous mettre en garde contre la pétrification de la pensée qui nous menace à tout moment.

  • Amoureux, amical ou fraternel, mais toujours signe de notre humanité dans sa noblesse, le baiser est don et reconnaissance de l'altérité. Il est aussi, peut-être, le plus beau geste du désir.
    Dans un dialogue à trois voix, Belinda Cannone joue des sensations et des significations. Elle analyse les rituels et les habitudes et évoque, plus encore, ce que le baiser exprime sans mots. Prolongeant l'exploration du désir qu'elle mène depuis son premier livre, elle mêle ici fiction et souvenirs sensuels à la réflexion et aux évocations d'oeuvres, pour tout nous dire du baiser.

  • Le don du passeur

    Belinda Cannone

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    • 21 Août 2013

    « En écrivant ce livre sur mon père, j´ai découvert que ce que nous recueillons de nos parents, et dont il est beaucoup plus difficile de se débarrasser que de leurs idées, ce sont leurs affects, vivante et palpitante matière transmise à leur insu et au nôtre, irrémédiablement. On connaît, sans mots, sans discours, intuitivement, les cordes et les accords blessés, les joies aussi, sur lesquels ils sont bâtis et qui fournissent, par legs inconscient, notre ossature. Puis on passe une vie à essayer de s´en accommoder. J´ai toujours été bouleversée, et cela est vrai pour mes deux parents, de si bien savoir, pour l´avoir constamment éprouvé, ce qu´ils sentaient. Et - tant pis pour l´air de sentimentalisme - il y a (avait) une telle beauté, alliée à la fragilité, dans ce monde affectif et moral, que je ne peux cesser d´en avoir le coeur étreint. »

  • « Elle était exactement faite pour mon désir. Je lui chuchotai Je voudrais vous faire l'amour. Elle rit légèrement, Maintenant ou tout de suite ? »Un homme amoureux de deux femmes, et que cela ne dérange en rien, quoi de plus banal aujourd'hui? Le temps n'est plus où le péché d'adultère inspirait aux coupables les pires tourments - et à la littérature ses oeuvres les plus incandescentes.Ce livre nous montre pourtant qu'il n'en est rien, et qu'à l'époque de la libération sexuelle, de la psychanalyse et du féminisme, la passion, la jalousie et la mauvaise foi ont encore de beaux jours devant elles. Car c'est bien de passion qu'il est question dans ce roman d'analyse. L'obscénité y croise le grand style, les mots crus se conjuguent à l'acuité du verbe, et le désordre des sentiments n'affecte jamais la syntaxe. Comme si les personnages d'un roman de Benjamin Constant et ceux d'un récit érotique s'étaient donné rendez-vous, afin de faire plus ample connaissance. Cette confession d'un enfant du siècle - le nôtre - est un des romans les plus brûlants qui se puissent lire en ce moment. Car qu'y a-t-il de plus sexy que l'intelligence ?

  • La chair du temps

    Belinda Cannone

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    • 18 Janvier 2012

    « Le 11 mars 2011, lorsque je suis revenue dans ma maison des champs, j´ai découvert que des cambrioleurs étaient passés et qu´ils avaient emporté deux grandes malles dans lesquelles j´avais rangé tout mon passé : plusieurs décennies de journaux intimes, vingt ans de carnets de travail, toutes mes photos et ma correspondance. En somme, situation sans exemple en temps de paix, je venais de perdre la totalité de ma mémoire. Étrange deuil à traverser : j´étais celle qui avait perdu son bien le plus précieux et, en même temps, ce qui était perdu était... moi-même.  Face à dépouillement si radical, à tristesse si atroce, le soir de ma découverte j´ai commencé à tenir le journal de ma perte pour essayer de l´assimiler. Qu´est-ce donc que la mémoire ? Et l´oubli ? Pourquoi être si attachée à des journaux intimes ? Qu´est-ce que j´avais perdu en perdant toutes les lettres d´amour ? Qu´est-ce que le présent ? Etc. Chaque fois la réponse tenait à la nature de cette sorte d´écrits : liés au vivant, à l´individu, au singulier, ils sont comme la chair du temps, périssables et pour cela même infiniment précieux. Il fallait résister à la mélancolie. Je lui ai opposé le désir du livre. » B. C.

  • Pendant trois nuits, il erre dans les rues. Il sait qu'il n'apparaît que lorsque son auteur dort, et qu'il disparaîtra lorsque le jour se lèvera, rejoignant alors des feuillets pour y vivre la journée ordinaire d'un personnage de roman. Qu'est-ce qui l'arrache chaque fois à la vie de papier, pour le projeter dans un monde au sens pour lui encore indéterminé ? Sans doute une énergie, dont le désir des femmes est la forme momentanée que lui assigne le dessein de son auteur. Mais il a rencontré Mina, le peintre, dont il découvre avec une croissante inquiétude que les tableaux l'absorbent, et le ramènent irrésistiblement à ce décor maritime où sa silhouette peinte serait à jamais inscrite. De qui est-il vraiment le personnage ? Quel pouvoir a-t-il sur son devenir ? Sur la permanence même de son existence ? En attendant, il erre, sans savoir pour combien de nuits, ni d'où il vient, ni où il va. Comme nous ?

  • Comment se fait-il que certains mots nous parlent, voire semblent nous appartenir en propre ? Chaque mot "élu" par un écrivain nous livre ici une vision du monde et de la langue.
    Bien sûr, nous savons tous qu'il n'y a pas de mot parfait - ou alors tous le sont! de même que rien ne manque ni n'est en trop dans une langue. Mais l'idée est de surprendre les écrivains au travail, de saisir comment ils découpent et prélèvent leur langue dans la langue partagée.
    Après ceux consacrés aux « mots manquants » et aux « mots en trop », ce troisième dictionnaire iconoclaste vient clore une grande aventure collective, dont l'ambition est de faire découvrir la littérature contemporaine à partir de ses ateliers secrets.

    Belinda CANNONE, professeure de Littérature à l'Université de Caen, est romancière et essayiste. Elle a publié plusieurs romans (le dernier, Nu intérieur, L'Olivier, 2015) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture(Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), La Tentation de Pénélope (Stock, 2010). Ces derniers livres publiés sont Un Chêne (textes et photos, Le Vistemboir, 2016), S'émerveiller (essai, Stock, 2017) et La Forme du monde (essai, Arthaud, 2019).

    Christian DOUMET est professeur de Littérature à l'université Paris-Sorbonne. Outre des poèmes et ouvrages en prose, il est l'auteur de nombreux essais sur la littérature mais aussi sur l'esthétique musicale, la peinture, qui mêlent réflexion, réel et fiction. Parmi ses dernières publications : La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), Notre condition atmosphérique (Fata Morgana, 2014), Paris et autres déambulations, (Fata Morgana, 2016).
    Ces derniers livres publiés sont Aphorismes de la mort vive, Fata Morgana, 2018 ; L'Évanouissement du témoin, éditions Arléa, 2019.

    lls ont déjà dirigé ensemble, aux éditions Thierry Marchaisse, le Dictionnaire des mots manquants et le Dictionnaire des mots en trop.

  • Un enfant qui perd ses parents ? C'est un orphelin. Mais un parent qui perd son enfant ? Il n'existe pas de mot pour le désigner.Toute langue a des lacunes lexicales, des zones de sens auxquelles ne correspond aucun terme précis. Ce dictionnaire littéraire donne la parole à quarante-quatre écrivains qui tentent, non pas de fabriquer des néologismes, mais simplement de décrire et d'interroger quelques manques éprouvés dans leur pratique de la langue.Nul souci d'exhaustivité, nulle possibilité même. Mais l'esquisse d'une cartographie des absences, dans un certain paysage de la littérature française contemporaine.

  • Comment ? s'entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
    Et pourtant. Âme, artiste, coach, communauté... ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu'ils charrient d'affects, d'idéologie, de pseudo-concepts - notre résistance mais pas celle du voisin !
    Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d'un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
    Une expérience littéraire qui vient compléter, en l'inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
    Auteurs : Malek ABBOU, Jacques ABEILLE, Mohammed AÏSSAOUI, Jacques ANCET, Marie-Louise AUDIBERTI, Michèle AUDIN, Olivier BARBARANT, Marcel BÉNABOU, Jean BLOT, Jean-Claude BOLOGNE, François BORDES, Lucile BORDES, Mathieu BROSSEAU, Belinda CANNONE, Béatrice COMMENGÉ, Thibault Ulysse COMTE, Seyhmus DAGTEKIN, Louis-Philippe DALEMBERT, Rémi DAVID, Erwan DESPLANQUES, Jean-Philippe DOMECQ, Christian DOUMET, Renaud EGO, Eric FAYE, Caryl FÉREY, Michaël FERRIER, Philippe GARNIER, Simonetta GREGGIO, Cécile GUILBERT, Hubert HADDAD, Isabelle JARRY, Cécile LADJALI, Marie-Hélène LAFON, Sylvie LAINÉ, Frank LANOT, Fabrice LARDREAU, Mathieu LARNAUDIE, Linda LÊ, Guy LE GAUFEY, Jérôme MEIZOZ, Christine MONTALBETTI, Christophe PRADEAU, Marlène SOREDA, Abdourahman A. WABERI.

    Belinda Cannone est romancière et essayiste. Elle enseigne la littérature à l'université de Caen. Elle a publié des romans (le dernier, Nu intérieur, aux éditions de L'Olivier) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture (Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), S'émerveiller (Stock, 2017). Elle a codirigé le Dictionnaire des mots manquants (Thierry Marchaisse, 2016).
    Christian Doumet est poète et essayiste. Il enseigne la littérature à l'université Paris-Sorbonne. Il a publié notamment La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), L'attention aux choses écrites (Cécile Defaut, 2014), Paris et autres déambulations (Fata Morgana, 2016). Il a codirigé le Dictionnaire des mots manquants (Thierry Marchaisse, 2016).

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