Langue française

  • "Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage."Le propre de l'ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l'essai, d'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Paul Thiry, baron d'Holbach, philosophe allemand d'expression française, place l'homme raisonnable au centre de toute sa philosophie. Il est l'un des premiers auteurs ouvertement athées, il nous offre ici un texte d'une grande portée idéologique sur les préjugés, leurs mécanismes et leurs conséquences sociales.
    Un grand classique des Sciences Sociales à découvrir ou à redécouvrir.
    Le texte comporte La Lettre de M. Denis Diderot sur l'examen de l'Essai sur les préjugés.

    EXTRAIT : « Que le genre humain ne se trompe donc plus sur la cause de ses maux, qu'il secoue le joug insupportable de ces préjugés sacrés qui ne serviront jamais qu'à troubler son esprit ; qu'il s'occupe de la terre qu'il habite ; qu'il songe à son existence présente ; que les nations, détrompées des Droits Divins de leurs chefs les rappellent à l'équité ; qu'elles les soumettent à des Lois ; qu'elles reprennent des droits inaliénables, soit qu'ils aient été arrachés par la force, ou surpris par la fraude, ou accordés par l'ignorance et la simplicité. Que le Citoyen n'obéisse qu'à la loi ; qu'en y vivant soumis il soit libre et sans crainte de personne ; qu'il travaille pour son propre bonheur : qu'il serve une Patrie et non pas une marâtre indigne de son amour, et non pas des Tyrans qui l'accablent de fers.
    Qu'instruit par la raison et la vérité, qui lui montreront toujours ses intérêts véritables, l'homme s'attache à ses associés dont il dépend par ses besoins ; qu'il maintienne une société nécessaire à sa félicité ; qu'il défende une patrie que tout lui rendra chère ; qu'il obéisse à des lois qui seront le gage de sa sûreté ; qu'il soit soumis aux puissances légitimes et que celles-ci soient soumises à l'équité. En un mot, que la vérité soit montrée à l'homme, que sa raison soit développée par l'éducation, que la législation et le gouvernement lui rendent nécessaire la pratique des vertus que l'éducation lui aura enseignées ; qu'une morale éclairée le rende bon par principe, citoyen par intérêt, sujet soumis pour son propre bien-être.»

  • Le De tribus impostoribus, ou Livre des trois imposteurs, défend la thèse selon laquelle Moïse, Jésus et Mahomet, abusant de la crédulité publique, n'avaient fait que tromper l'humanité par les moyens de la religion. Selon la légende, ce manuscrit existe depuis le XIIIe siècle. Il existe en fait de nombreux exemplaires du Traité des trois imposteurs, avec des différences plus ou moins grandes entre eux. Une troisième version fut éditée par le baron d'Holbach quelques décennies plus tard après celle de Spinoza. C'est cette dernière version que nous publions intégralement, complétée des Lettres et réponses du Baron d'Holbach à propos du traité des imposteurs.
    Face à l'intolérance, au racisme et à la montée des intégrismes en tous genres, Paul Henri Thiry, baron d'Holbach, nous rappelle le sens de la liberté critique et individuel, en nous livrant ce pamphlet plus que jamais actuel et salvateur.
    Édition relue, corrigée, mise en forme et enregistrée au Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • « Penser avec liberté, c'est n'avoir point les opinions du grand nombre ; c'est être dégagé des préjugés que la tyrannie croit nécessaires à son soutien. »

    Le texte présenté dans cette édition numérique est une charge contre les opinions dogmatiques non fondées sur l'expérience et la raison, préjugés qui selon l'auteur privent les hommes de liberté et les conduisent inévitablement au malheur. Car pour être heureux, il faut être capable de raisonner par soi-même sans être soumis aux différents points de vue que certains pourraient avoir un vif intérêt à vous voir adopter. En un sens, la libre circulation des idées et la confrontation des savoirs apparaissent ici comme une source de progrès, à l'inverse des opinions religieuses et politiques qui, détournés de l'intérêt général, ne peuvent engendrer que barbarie et tyrannie. Il convient ainsi, plus que jamais, de rester vigilant, puisque « l'homme est grand dans toutes les choses qu'il s'est permis d'examiner, (et) n'est resté petit que dans celles qu'il n'a point osé voir de ses propres yeux." 
    Le texte est suivi de la Lettre de M. Denis Diderot sur l'examen de l'Essai sur les préjugés dans laquelle il prend la défense du Baron d'Holbach.

empty