• Il n'est guère de promenade qui ne mène à un donjon médiéval, ou à un simple rempart en ruine. Au XIIIe siècle, les châteaux forts se dressaient à tous les horizons. Ces constructions massives et sévères étaient alors, dans les campagnes, le centre de l'existence quotidienne. C'est au château que le seigneur a été armé chevalier. C'est là qu'il rend la justice, de là qu'il s'élance à la chasse, et part pour la guerre. Pour tromper son ennui, il festoie, organise des tournois, reçoit jongleurs et conteurs. Malgré les armures, les oriflammes et les chansons de geste, la vie était rude en ce temps-là.

  • Les Romains, voilà deux mille ans, semblent avoir tout inventé : l'écriture que nous utilisons encore, l'art des constructions solides, le chauffage central et la salle de bains, les jeux du cirque et la stratégie militaire. Mieux les connaître permet de retrouver l'enfance de notre civilisation. A l'école, à l'armée, à la maison, au travail et en voyage, les Romains sont étonnamment proches de nous. Cependant ils mangeaient couchés sur des lits, possédaient des esclaves, « lisaient » l'avenir dans les entrailles des animaux, et aimaient voir couler dans l'arène le sang des gladiateurs. Leur rendre visite, c'est se retrouver en famille. Mais que ces parents sont parfois surprenants !

  • Pourquoi, tout soudain, en plein Moyen Âge, des dizaines de milliers de chevaliers, de moines, de paysans, de marchands, d'artisans entreprirent-ils de partir vers l'Orient pour libérer la Terre sainte tombée aux mains des Infidèles musulmans ? On compte huit croisades organisées, mais aussi de très nombreuses expéditions moins importantes et un flot continuel de pèlerins, de voyageurs et de marchands. Parmi eux, des rois et des miséreux, des femmes et des enfants, des héros et des lâches, des saints et des criminels. Pourquoi ? Pour qui ? Voici ces aventuriers, les premiers qui sortirent l'Europe d'elle-même, les ancêtres des conquérants du Nouveau Monde, des explorateurs de l'Afrique et de l'Asie, des astronautes qui mirent le pied sur la Lune...

  • " La porte s'ouvrit : la divinité parut, éblouissante de beauté et de satisfaction. On eût dit un rayon argenté sortant d'un nuage d'azur ", rapporte un témoin. Dorothée de Courlande, duchesse de Dino, de Talleyrand et de Sagan, n'était pas seulement une superbe fleur de la plus haute aristocratie, elle était spirituelle, lucide et dotée d'un fort tempérament. Du monde qu'elle a connu et parfois enchanté, elle tint la chronique quarante ans durant, du début du premier Empire au milieu du second, dressant le portrait des têtes couronnées et des principaux hommes d'État de son temps, rapportant les échos de la cour et du gouvernement, s'immisçant dans la politique, jugeant les écrivains et les artistes, de Londres à Vienne et Saint-Pétersbourg, de Berlin à Rome, et surtout à Paris où elle résida une grande partie de sa vie. Elle avait lié en effet son sort à celui de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dont le tsar Alexandre lui fit épouser le neveu. Elle devint, à partir du congrès de Vienne où elle l'accompagna avec éclat, la maîtresse de sa maison et de sa personne, et toujours sa confidente. Mais la reine des salons était aussi, au fin fond de la Silésie, une femme qui reçevait chez elle le roi de Prusse et régnait sur des dizaines de paroisses, des centaines de paysans et des milliers d'hectares. Écrits dans un style à son image, à la fois simple, séduisant et parfois mordant, ses Souvenirs, rédigés en 1822 et qui vont de sa petite enfance à son mariage en 1809, puis sa Chronique, qui court au jour le jour de 1831 à sa mort en 1862, constituent un ensemble d'un charme incomparable et d'une immense valeur qui méritait aujourd'hui d'être remis en pleine lumière.

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