• C'est une entrée fracassante - moitié langue verte, moitié langue courtelinesque - qu'André Valtier fait en littérature avec Faut des principes. Son roman désarçonnera et charmera à la fois ses lecteurs qui trouveront qu'en manière de principe, l'auteur fait étalage de tous les cynismes, mais qu'à la longue son style pimpant et haut en couleur finit par donner à ses audaces quelque chose d'infiniment tendre et d'attachant. Ainsi, on découvrira qu'André Valtier ou son héros Victor - faux chauffeur de taxi, véritable brigand - prêche une morale qui ne court pas les rues. Selon lui, il serait légitime que ceux qui ont volé fussent à leur tour volés par des gens Plus malins qu'eux. Un autre de ses principes serait qu'un Père fasse perdre son innocence à sa fille Plutôt que le premier venu. Morale ahurissante, morale à rebours ou satire sans pitié, l'art d'André Valtier est tel que nous ne le saurons jamais. Pince-sans-rire, il nous adresse des clins d'oeil énormes qui ne l'empêchent nullement de mêler la passion à la lucidité. On découvrira que l'écrivain possède une écriture aussi taquine, familière et pétulante que les personnages dont il nous conte les rocambolesques aventures. Rare est sa maîtrise, qui lui permet de s'affirmer dès son coup d'essai comme le Voltaire de la langue verte.

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