Sciences humaines & sociales

  • Le regain d'intérêt pour le narcissisme dans la théorie psychanalytique justifie la publication de ce recueil d'articles, tous centrés sur cette question, l'une des plus énigmatiques de la psychanalyse. Freud, après avoir introduit le narcissisme en 1914, devait se désintéresser de ce concept qu'il avait brillamment développé quand il eut procédé aux remaniements théoriques amorcés autour de 1920 qui donnèrent naissance notamment à la dernière théorie des pulsions (opposition des pulsions de vie et des pulsions de mort), à la deuxième topique de l'appareil psychique (Ça-Moi-Surmoi), à sa nouvelle conception de l'angoisse, etc.
    Après une période d'oubli, ce concept en déshérence fut remis en honneur en France depuis déjà un certain nombre d'années, tandis que l'Amérique sembla redécouvrir récemment son existence. André Green, qui n'a cessé de s'intéresser à ce problème depuis 1963, est cependant un des rares auteurs - sinon le seul - à avoir tenté d'articuler la théorie du narcissisme avec celle de la dernière théorie des pulsions. Alors que le narcissisme n'est généralement envisagé que sous ses aspects positifs, par lesquels on le rattache aux pulsions sexuelles de vie, il montre la nécessité de postuler l'existence d'un narcissisme de mort, qu'il appelle le narcissisme négatif. À la différence du premier, qui vise l'accomplissement de l'unité du Moi, le second tend au contraire à son abolition dans l'aspiration au zéro.

    Cet ouvrage est paru en 1983.

  • Le travail du négatif

    André Green

    • Minuit
    • 19 Mai 2016

    Créé par Hegel, introduit en psychanalyse par Lacan réinterprétant Freud, puis oublié par lui, le travail du négatif a refait surface ces dernières années. André Green met en évidence le travail du négatif chez Freud sous des aspects auxquels on ne le rattache pas d'ordinaire : travail du rêve ou du deuil, identification, etc. Du point de vue clinique, on peut soutenir que le parcours freudien s'étend de la névrose comme « négatif de la perversion », à ses débuts, au masochisme sous-jacent à la « réaction thérapeutique négative » qui témoigne du pessimisme des dernières années mais dont le mystère s'éclaire un peu quand on y reconnaît le style propre aux structures non névrotiques - les cas limites.
    Le travail du négatif, tel qu'il est envisagé ici, regroupe les formes hétérogènes du refoulement, de la forclusion, du désaveu et de la négation. Il permet à la fois de saisir l'unité qui les rassemble et de reconnaître la marque de leur intervention en distinguant leurs effets, car ceux-ci sont les meilleurs repères de la structure du sujet et déterminent le sort de l'analyse.
    Mais il faut se garder d'attribuer au travail du négatif un sens exclusivement pathologique. Le négatif, à travers le refoulement et la sublimation, marque la condition la plus générale : il est nécessaire de dire « non » à la pulsion en excès pour faire partie de la communauté des hommes. D'où vient que ce « non » devienne, chez certains, refus de vivre humainement sous l'empire d'une négativité destructrice ?

    Cet ouvrage est paru en 1993.

  • Tout au long de son parcours psychanalytique, André Green n'a cessé de s'interroger sur la question de la diachronie. Mise au centre des débats à l'époque du structuralisme, elle a ouvert une série d'interrogations pour la psychanalyse. Celles-ci ont rencontré la question de l'originaire (fantasmes et signifiants-clés, Lacan), celle de la répétition, tardivement découverte par Freud, mais promise à un rôle capital. La remémoration, thème central des débuts de la psychanalyse, est désormais vue de son rapport à la compulsion de répétition. Les souvenirs à retrouver dans la cure importent moins que les signes de la temporalité à l'oeuvre. L'illusion d'une levée complète de l'amnésie infantile cède la place aux constructions dans l'analyse. La vérité historique, vérité selon les croyances qui organisent le psychisme, s'oppose à la vérité matérielle dépouillée de tout ornement.
    Les essais inclus dans ce volume complètent les idées soutenues dans le livre avec lequel il forme un attelage : Le Temps éclaté.

  • Les procès du cardinal de Richelieu: droit, grâce et politique sous Louis le Juste Chalais, décapité à Nantes en 1626; le duc de Montmorency exécuté à Toulouse en 1632; de Thou et Cinq Mars à Lyon en 1642... Au cours du règne de Louis XIII, les procès politiques nombreux, souvent spectaculaires et sanglants, ne cessent d'interpeller l'opinion: «on dit qu'il n'a jamais pardonné à personne», écrit Pierre Vacherie, un greffier de Limoges, à propos du cardinal de Richelieu qu'il rend responsable de tous les malheurs d'un «règne de sang, de fer et de cruauté».Rassemblés, commentés, combattus dès le moment de leur déroulement, ces procès nous permettent d'observer et de comprendre les pratiques d'un pouvoir politique alors en pleine mutation, un pouvoir qui a fait de la puissance exécutive du prince et de la raison d'État le principal mode de gouvernement. Ces pratiques, qui paraissent scandaleusement nouvelles à bien des contemporains, s'inscrivent pourtant dans l'histoire longue de la monarchie depuis le Moyen Âge.À partir de sources nombreuses, diverses, souvent inédites, Hélène Fernandez-Lacôte éclaire pour la première fois cette impressionnante série judiciaire qui a marqué la construction de l'État absolu.Dans ce livre consacré aux grands et aux moins grands procès organisés par «l'homme rouge», la monarchie d'Ancien Régime, qui fut avant tout un État de justice, est observée sous la lumière crue des châtiments du roi.

  • Le temps eclate

    André Green

    Le temps est un thème traditionnel de la philosophie et un thème fondamental de la psychanalyse. L'abondance des travaux dans le premier cas contraste singulièrement avec leur rareté dans le second.
    En plus de quarante ans, Freud a élaboré différentes hypothèses sur la conception du temps, en psychanalyse. Ses spéculations comportent de nombreux aspects : un point de vue développemental (la théorie de la libido) impliquant des fixations et des régressions, le processus de l'après-coup (Nachträglichkeit), le rêve comme remémoration indirecte, l'intemporalité de l'inconscient, la fonction des fantasmes originaires dans la catégorisation des expériences, la compulsion de répétition. Ses investigations l'ont conduit finalement au concept de vérité historique, malheureusement tombé depuis lors dans l'oubli.
    Cet ensemble d'hypothèses forme une théorie complexe de la temporalité, véritable hétérogénéité diachronique, qui justifie la qualification de temps éclaté. Il s'agit ici de rétablir dans toute sa richesse une théorie que la psychanalyse contemporaine a progressivement tendu à simplifier pour l'apprivoiser et de revenir à une conception linéaire et homogène du temps.

  • Cet ouvrage reprend des conférences prononcées à la Squiggle Foundation de Londres. Les thèmes traitent entre autres, des rapports entre l'expérience et la pensée, du négatif dans la pensée de Winnicott et de la tiercéité. Plus qu'une introduction à l'oeuvre de Winnicott, ces textes constituent aussi un pont entre la psychanalyse anglaise et la pensée psychanalytique française.

  • Depuis la mort de Freud, le savoir psychanalytique s'est fragmenté et dispersé. André Green reprend les données fondamentales relatives à l'interprétation actuelle de la pratique et de la théorie, en présentant les principaux concepts qui traversent son oeuvre et qui sont apparus sous les influences conjuguées de Winnicott, Bion et Lacan. L'ouvrage se présente comme un nouvel abrégé de psychanalyse contemporaine et permet de dégager les idées directrices qui marquent, selon l'auteur, la pensée de la psychanalyse de notre temps.

  • Hamlet vient en quatrième rang derrière le Christ, Napoléon et Shakespeare, dans la liste des personnages sur lesquels on a le plus écrit. C'est qu'aussi bien le caractère de ce héros que la tragédie qui porte son nom exercent une fascination sur les spectateurs ou les lecteurs de cette oeuvre, l'un et l'autre étant porteurs d'une énigme restée encore non résolue. A l'imposante masse de la critique traditionnelle sont venues s'ajouter depuis Freud, les contributions de la critique psychanalytique dont André Green est un des principaux représentants. Son Hamlet et Hamlet, soit encore le héros et la pièce de théâtre qui porte son nom, propose une interprétation psychanalytique de la représentation. C'est-à-dire qu'il emmène son lecteur au théâtre pour suivre le déroulement de la pièce afin d'analyser à la fois le personnage principal et la tragédie tout entière qui lui sert de cadre. Au-delà des interprétations de Freud, André Green montre l'existence, dans la pièce d'un secret bien gardé, que Shakespeare laisse transpirer à plusieurs reprises et que l'on peut rattacher à son roman familial, c'est-à-dire aux rêveries inconscientes relatives à ses origines et à son père. Toute la tragédie apparaît donc comme le recouvrement de ce secret et l'élaboration d'une structure qui y fait écran.

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