• Chacun se souviendra où il était ce jour là, le samedi 4 novembre 1995, lorsqu'il a appris qu'Itzhak Rabin, Premier ministre d'Israël avait été assassiné par un Juif extrêmiste. Par ses causes, par ses répercussions, cet assassinat est l'un des événements les plus terribles qui se soit produit dans l'histoire d'Israël, le premier assassinat politique, un séisme pour l'État hébreu. Dans le monde entier, la stupéfaction est encore énorme. Dans cette enquête, Amnon Kapeliouk raconte l'événement et ses préparatifs : qui est l'assassin, son milieu, son idéologie. Mais il s'attache surtout à ses causes profondes. Il traite des incuries des services de sécurité, qui ont leur origine dans les conceptions et la philosophie de ces services. Il analyse les responsabilités de la droite partisane du grand Israël, comme les carences du pouvoir travailliste. Un chapitre spécial est consacré au rôle des milieux religieux; et surtout des rabbins, qui ont multiplié leurs incursions dans le domaine politique depuis la guerre de 1967, et l'occupation des territoires. Les conditions qui ont conduit à cet assassinat s'inscrivent sur une toile de fond plus large encore : la société israélienne se prépare à vivre une profonde mutation avec la signature de la paix, qui modifie les valeurs dominantes et ébranle l'idéologie régnante. Amnon Kapeliouk dresse le bilan des accords d'Oslo et décrit les positions des deux parties, hésitations israéliennes, déceptions palestiniennes. En dépit des obstacles, celles-ci s'engagent à continuer dans le processus difficile qu'elles ont enclanché, processus qu'Amir et ses complices ont voulu torpiller.

  • Le 25 février 1994, dans la mosquée d'Hébron, une trentaine de fidèles palestiniens furent assassinés par un colon israélien, orthodoxe et nationaliste extrémiste. Par ce crime sans précédent, Baroukh Goldstein entendait faire échouer le processus de paix. Commentant ce massacre, Ezer Weizmann, président de l'État d'Israël, déclara qu'il s'agissait de « la chose la plus terrible qui se soit produite dans l'histoire du sionisme ». Ce n'était ni un « accident », ni le geste d'un fou. À l'arrière-plan, on ne peut ignorer la responsabilité des divers gouvernements qui ont sous-estimé la détermination des colons extrémistes, implantés dans les territoires occupés. Partisans de la violence, hostiles à toute restitution de territoires, certains vont jusqu'à réclamer l'expulsion des Palestiniens du Grand Israël. Le massacre d'Hébron était bel et bien « annoncé », c'est-à-dire prévisible. Le rapport officiel de la commission d'enquête, rendu public en juin 1994, tend à minimiser la signification politique de l'événement et à exonérer les autorités de leurs responsabilités. L'enquête minutieuse - et saisissante - d'Amnon Kapeliouk s'inscrit en faux contre ces explications trop rassurantes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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