• Du voyage en Amérique qu'il effectue au début des années 1830, Tocqueville tire ce qui deviendra, dans la riche littérature politique du XIXe siècle, l'une des oeuvres les plus lues et les plus commentées. Car l'étude des institutions de la jeune république américaine lui inspire une véritable philosophie de la démocratie, toujours nuancée et souvent visionnaire.
    Comment accorder l'égalité et la liberté, exigence centrale pour un régime démocratique ? Quels sont les effets pervers de ce système politique et les moyens de s'en prémunir ? Les réponses de Tocqueville à ces questions essentielles n'ont cessé de nourrir les réflexions des générations ultérieures, jusqu'à trouver leurs prolongements dans les débats citoyens d'aujourd'hui.

    Dossier :
    1. Sur les valeurs d'égalité, de fraternité et de souveraineté
    2. Les perversions de la société démocratique : entre désordre et uniformisation
    3. L'exercice du pouvoir démocratique : tyrannie de la majorité et despotisme pastoral
    4. Les remèdes à la centralisation.

  • « J'avoue que dans l'Amérique j'ai vu plus que l'Amérique ; j'y ai cherché une image de la démocratie elle-même, de ses penchants, de son caractère, de ses préjugés, de ses passions. » La gloire de Tocqueville n'est pas seulement celle d'un analyste politique exceptionnel ; c'est aussi, depuis la récente redécouverte de son oeuvre, celle d'un philosophe politique qui serait en même temps un classique de la sociologie, et qui pourrait aider à comprendre les problèmes qui se posent constamment dans les démocraties modernes.
    L'égalité des conditions, l'individualisme, le « despotisme » démocratique, les relations entre maîtres et serviteurs, l'esprit de liberté et l'esprit de religion, autant de notions qui dessinent aujourd'hui encore les contours d'une philosophie de la démocratie.

  • Il n'y a rien de plus propre à rappeler les philosophes et les hommes d'Etat à la modestie que l'histoire de notre Révolution ; car il n'y eut jamais d'événements plus grands, conduits de plus loin, mieux préparés et moins prévus.
    Le grand Frédéric lui-même, malgré son génie, ne la pressent pas. Il la touche sans la voir. Bien plus, il agit par avance suivant son esprit ; il est son précurseur et déjà pour ainsi dire son agent ; il ne la reconnaît point à son approche ; et, quand elle se montre enfin, les traits nouveaux et extraordinaires qui vont caractériser sa physionomie parmi la foule innombrable des révolutions échappent d'abord aux regards.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « En Amérique, toutes les lois sortent en quelque sorte de la même pensée. Toute la société, pour ainsi dire, est fondée sur un seul fait ; tout découle d'un principe unique. On pourrait comparer l'Amérique à une grande forêt percée d'une multitude de routes droites qui abordent au même endroit. Il ne s'agit que de rencontrer le rond-point, et tout se découvre d'un seul coup d'oeil. »
    Lettre de Tocqueville au comte de Molé, 1835.
    Tocqueville est allé chercher aux États-Unis non pas un modèle, mais un principe à étudier, et une question à illustrer et à résoudre ; à quelles conditions la démocratie, si elle est un état de société, devient ce qu'elle doit être aussi, faute de conduire à une dictature : un état de gouvernement...
    L'Amérique lui offre, comme société et comme culture, une démocratie pure. Et un gouvernement déduit de cette démocratie pure. Une anti-Europe dans les deux cas, sans héritage aristocratique, sans legs absolutiste, sans passions révolutionnaires. Avec, au contraire, une tradition de libertés locales collectives. Par tous ces traits, mutatis mutandis, un objet de réflexion capital pour les Européens.
    François Furet

  • "L'un des caractères distinctifs des siècles démocratiques, c'est le goût qu'y éprouvent tous les hommes pour les succès faciles et les jouissances présentes. Ceci se retrouve dans les carrières intellectuelles comme dans toutes les autres. La plupart de ceux qui vivent dans les temps d'égalité sont pleins d'une ambition toute à la fois vive et molle ; ils veulent obtenir sur le champ de grands succès, mais ils désireraient se dispenser de grands efforts. Ces instincts contraires les mènent directement à la recherche des idées générales, à l'aide desquelles ils se flattent de peindre de vastes objets à peu de frais et d'attirer les regards du public sans peine. Et je ne sais s'ils ont tort de penser ainsi ; car leurs lecteurs craignent autant d'approfondir qu'ils peuvent le faire eux-mêmes et ne cherchent d'ordinaire dans les travaux de l'esprit que des plaisirs faciles et de l'instruction sans travail."
    A. de Tocqueville

  • Ces trois volumes de correspondance achèvent l'entreprise monumentale de l'édition des OEuvres complètes de Tocqueville. Outre les idées, les jugements, les émotions qu'ils donnent à lire, on découvre au fil des pages un témoignage inappréciable sur l'élaboration d'une oeuvre qui se cherche et dont Tocqueville ne cesse de partager les intuitions et les perplexités avec ses interlocuteurs.
    Cette correspondance rassemble plus de mille lettres qui proviennent de plusieurs centaines de bibliothèques, archives ou collections particulières. Elle ajoute des éclairages inédits sur la pensée de Tocqueville et son interrogation de la démocratie comme régime politique et comme régime humain. Elle révèle l'intérêt durable qu'il porte à l'éducation, la profondeur de sa réflexion sur l'abolition de l'esclavage, les raisons de son soutien à la colonisation de l'Algérie.
    On trouvera ici une grande diversité de correspondants : écrivains et politiciens célèbres comme Chateaubriand, Victor Cousin, Guizot, Lamartine, Lamennais, Michelet, Thiers ; destinataires inattendus comme certains saintsimoniens ; ou des lettres à des amis, des éditeurs, des femmes du monde, des solliciteurs. Se dessine dans ces échanges la figure d'un grand notable de la politique et des lettres, un passeur entre les académies, l'Assemblée, la presse, entre Paris et la Normandie, entre légitimistes, orléanistes et républicains. Un Tocqueville à la fois méconnu et familier.

  • Ces trois volumes de correspondance achèvent l'entreprise monumentale de l'édition des OEuvres complètes de Tocqueville. Outre les idées, les jugements, les émotions qu'ils donnent à lire, on découvre au fil des pages un témoignage inappréciable sur l'élaboration d'une oeuvre qui se cherche et dont Tocqueville ne cesse de partager les intuitions et les perplexités avec ses interlocuteurs.
    Cette correspondance rassemble plus de mille lettres qui proviennent de plusieurs centaines de bibliothèques, archives ou collections particulières. Elle ajoute des éclairages inédits sur la pensée de Tocqueville et son interrogation de la démocratie comme régime politique et comme régime humain. Elle révèle l'intérêt durable qu'il porte à l'éducation, la profondeur de sa réflexion sur l'abolition de l'esclavage, les raisons de son soutien à la colonisation de l'Algérie.
    On trouvera ici une grande diversité de correspondants : écrivains et politiciens célèbres comme Chateaubriand, Victor Cousin, Guizot, Lamartine, Lamennais, Michelet, Thiers ; destinataires inattendus comme certains saintsimoniens ; ou des lettres à des amis, des éditeurs, des femmes du monde, des solliciteurs. Se dessine dans ces échanges la figure d'un grand notable de la politique et des lettres, un passeur entre les académies, l'Assemblée, la presse, entre Paris et la Normandie, entre légitimistes, orléanistes et républicains. Un Tocqueville à la fois méconnu et familier.

  • Ces trois volumes de correspondance achèvent l'entreprise monumentale de l'édition des OEuvres complètes de Tocqueville. Outre les idées, les jugements, les émotions qu'ils donnent à lire, on découvre au fil des pages un témoignage inappréciable sur l'élaboration d'une oeuvre qui se cherche et dont Tocqueville ne cesse de partager les intuitions et les perplexités avec ses interlocuteurs.
    Cette correspondance rassemble plus de mille lettres qui proviennent de plusieurs centaines de bibliothèques, archives ou collections particulières. Elle ajoute des éclairages inédits sur la pensée de Tocqueville et son interrogation de la démocratie comme régime politique et comme régime humain. Elle révèle l'intérêt durable qu'il porte à l'éducation, la profondeur de sa réflexion sur l'abolition de l'esclavage, les raisons de son soutien à la colonisation de l'Algérie.
    On trouvera ici une grande diversité de correspondants : écrivains et politiciens célèbres comme Chateaubriand, Victor Cousin, Guizot, Lamartine, Lamennais, Michelet, Thiers ; destinataires inattendus comme certains saintsimoniens ; ou des lettres à des amis, des éditeurs, des femmes du monde, des solliciteurs. Se dessine dans ces échanges la figure d'un grand notable de la politique et des lettres, un passeur entre les académies, l'Assemblée, la presse, entre Paris et la Normandie, entre légitimistes, orléanistes et républicains. Un Tocqueville à la fois méconnu et familier.

  • Alexis de Tocqueville entreprit à l'été 1831 ce voyage aux confins de la civilisation américaine. L'émerveillement et la crainte d'une nature encore vierge, et cette implacable urbanisation qui se met en marche vers l'ouest, lui inspirent un récit d'une contemporanéité saisissante. Entre Indiens et pionniers, forêts sauvages et rivières profondes, Quinze jours dans le désert fait revivre le mythe de la frontière.

  • Dans son livre le plus connu, Tocqueville se livre à un ensemble d'observations et d'analyses de la société américaine et de son système politique. Pour réussir à contrer la dérive non démocratique de la démocratie, pour que deviennent compatibles l'égalité et la liberté, Tocqueville suggère divers remèdes qui passent par la re-création de corps intermédiaires (abolit par la révolution), la défense de la liberté de la presse et l'indépendance du pouvoir judiciaire.
    Toute chose susceptible de redonner l'initiative aux citoyens et de revitaliser le débat politique trop souvent abandonné au profit de l'abominable « consensus » qui tend à faire taire a priori tout désaccord fécond.

  • Retrouvez en édition intégrale (Tome I et Tome II) cette oeuvre majeure des sciences historiques et sociales dans laquelle Alexis de Tocqueville, de retour des États-unis, avance des analyses qui font de lui un visionnaire et permettent d'éclairer des pans entiers de notre modernité. Il y note par exemple les limites et les dangers d'un système démocratique soumis aux effets pervers de l'individualisme, du conformisme et de l'opinion publique.

  • Citation (Extrait) :
    « LORSQU'ON parcourt les diverses contrées de l'Europe, on est frappé d'un spectacle très extraordinaire et en apparence inexplicable.
    Les pays qui paraissent les plus misérables sont ceux qui, en réalité, comptent le moins d'indigents, et chez les peuples dont vous admirez l'opulence, une partie de la population est obligée pour vivre d'avoir recours aux dons de l'autre.
    Traversez les campagnes de l'Angleterre, vous vous croirez transporté dans l'Eden de la civilisation moderne. Des routes magnifiquement entretenues, de fraîches et propres demeures, de gras troupeaux errant dans de riches prairies, des cultivateurs pleins de force et de santé, la richesse plus éblouissante qu'en aucun pays du monde, la simple aisance plus ornée et plus recherchée qu'ailleurs ; partout l'aspect du soin, du bien-être et des loisirs ; un air de prospérité universelle qu'on croit respirer dans l'atmosphère elle-même et qui fait tressaillir le coeur à chaque pas : telle apparaît l'Angleterre aux premiers regards du voyageur.
    Pénétrez maintenant dans l'intérieur des communes ; examinez les registres des paroisses, et vous découvrirez avec un inexprimable étonnement que le sixième des habitants de ce florissant royaume vit aux dépens de la charité publique. »

    Un texte fort et courageux où Tocqueville expose une analyse éclairée de la misère sociale en Europe. Un ouvrage intemporel, comme si la misère de jadis, n'était au fond en rien différente de celle d'aujourd'hui...
    Suivi d'un texte inédit de Tocqueville « Second mémoire sur le paupérisme »

    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • Le 7 mai 1841, de grand matin, alors que son bateau vient de franchir le cap Caxine, Alexis de Tocqueville découvre avec admiration le site d'Alger. Depuis la conquête, au trapèze de la partie arabe sont venues s'ajouter de belles rues à arcades bordées de maisons européennes, et il compare la ville vue de loin à une immense carrière de pierre blanche étincelante au soleil. Derrière, c'est le fond sombre des coteaux, c'est l'Algérie en état de choc depuis la guerre sainte proclamée en 1839 par Abd-el-Kader. Les troupes françaises sont assiégées dans les places fortes qu'elles occupent, et un coup sérieux a été porté aux premiers établissements des colons. Mais Louis-Philippe vient enfin de décider l'occupation totale de pays, et Bugeaud vient de retourner en Afrique pour réaliser ce nouveau programme avec le titre de gouverneur général.
    C'est ce pays au coeur de l'actualité que Tocqueville, accompagné de son ami Gustave de Beaumont visite pour la première fois, avant d'y retourner cinq ans plus tard comme historien et journaliste et de constituer ainsi ses « notes de voyage ».
    Suivi de « Au soleil » où Guy de Maupassant se rend également en Algérie et la dépeint tel qu'il la voit, de son vivant, comme écrivain d'abord, mais aussi comme journaliste. D'autres voyages passent au crible de sa plume : la Normandie, la Bretagne, la Côte d'Azur, l'Auvergne et l'Italie, mais encore la Tunisie.



    Format professionnel électronique © Ink Book édition.



  • « Je crois que la race indienne de l'Amérique du Nord est condamnée à périr, et je ne puis m'empêcher de penser que le jour où les Européens se seront établis sur les bords de l'océan Pacifique, elle aura cessé d'exister. »

    Alexis de Tocqueville



  • « Depuis soixante ans, le peuple qui en a fait la source commune de toutes ses lois grandit sans cesse en population, en territoire, en richesse ; et remarquez-le bien, il se trouve avoir été durant cette période non seulement le plus prospère, mais le plus stable de tous les peuples de la terre. »

    Alexis de Tocqueville

  • Théoricien du libéralisme, Tocqueville montre dans De la démocratie en Amérique comment la démocratie s'est accompagnée des progrès de l'individualisme. Cependant, les droits individuels une fois proclamés et reconnus, ce goût pour la liberté s'est corrompu en passion pour l'égalité, favorisant la diffusion d'un esprit majoritaire et conformiste. En effet, à force de réclamer les mêmes droits pour tous, les individus se contentent de revendiquer une égalisation de leur condition sociale et de leur mode de vie. Or, la majorité ne se reconnaissant que dans ce qui lui ressemble, l'obsession égalitariste finit par nuire à la créativité, toute volonté de différenciation étant par avance condamnée ; elle finit aussi par menacer les institutions politiques elles-mêmes. Uniquement soucieux de défendre leurs acquis sociaux et matériels, les individus se désintéressent de la chose publique et se replient sur leur vie privée, au profit d'une administration toute puissante dont la douce tyrannie menace à terme leurs libertés. Cette analyse de la pensée unique et du conformisme démocratique fait de Tocqueville un auteur résolument moderne, dont l'oeuvre a eu une influence considérable et mérite plus que jamais qu'on la découvre.
    Texte intégral Tomes I, II, III & IV [Nouv. éd. entièrement revue et corrigée, augmentée de notes, d'un Avertissement et d'un Examen comparatif de la Démocratie aux États-Unis et en Suisse.]

    Format professionnel © Ink Book édition.

  • Dans ce mémoire présenté en 1835 à la Société académique de Cherbourg, de Tocqueville analyse la gestion de la pauvreté dans la société modrene divisée en plusieurs 'classes sociales' .Pour ce faire, il remonte jusqu'au XIIème siècle où seules deux catégories existaient : ceux qui possédaient la terre et ceux qui la travaillaient...
    Alexis de Tocqueville est l'une des plus grandes références de la philosophie politique libérale.

  • This book provides  the first complete, literal English translation of Alexis de Tocqueville's and Gustave de Beaumont's first edition of On the Penitentiary System in the United States and Its Application to France.  The work contains a critical comparison of two competing American penitentiary disciplines known as the Auburn and Philadelphia systems, an evaluation of whether American penitentiaries can successfully work in France, a detailed description of Houses of Refuge as the first juvenile detention centers, and an argument against penal colonization. The work provides valuable insights into understanding Tocqueville as a statesman, as well as a comparative look at civic engagement in early American and French penal reform movements. The Translator's Introduction provides historical context for understanding Tocqueville's work in French penal reform and the major themes of the report.  The book thus fills a void in Tocquevillian studies and extrapolates the roots of American and French criminal justice systems in the nineteenth century.

  • Si la notion de bien commun est aujourd'hui solidement ancrée dans nos moeurs, elle ne concerne trop souvent que nos ressources naturelles ou encore financières. Or, nous croyons, à Liberté, que le bien commun a tout aussi, sinon plus, à voir avec la culture.

    Du tollé suscité par l'embauche d'un coach unilingue anglophone aux accommodements raisonnables, en passant par les réflexes xénophobes d'un maire de région et le crucifix de l'Assemblée nationale, ont ne compte plus les tensions entre le respect des nouveaux arrivants, l'émancipation individuelle, l'héritage commun et l'identité nationale. À l'approche de la Fête nationale, il nous est ainsi apparu essentiel de nous pencher sur le sens de la nation et de la culture commune.

    Vous trouverez également dans ce numéro un essai d'Éric Pineault sur le mirage de l'économie extractive et de la manière dont nous devrions penser l'exploitation des ressources naturelles.

    Un entretien avec Alain Deneault sur la Gouvernance
    Et les chroniques habituelles d'Alain Farah, Alain Deneault, Mathieu Arsenault, Jean-Philippe Payette et Robert Lévesque.

  • Seuls quelques textes de Tocqueville sont connus ( De la démocratie en Amérique, L'Ancien Régime et la Révolution) dans lesquels il développe sa vision de la démocratie dont l'idée d'égalité des conditions est un "fait providentiel". De nombreux textes peu connus qui ont contribué à préciser et à affiner sa pensée sont ici abordés.
    Les idées, les arts, les sociétés.

    "Le présent ouvrage répond à une demande constamment réitérée lors des conférences données pour présenter la pensée et l'oeuvre de Tocqueville. Le public rencontré lors de ces conférences comme les étudiants, dans les classes préparatoires ou à l'université, comprennent l'importance primordiale de la problématique tocquevillienne dans le monde d'aujourd'hui. Chacun est conscient de l'enjeu : l'oeuvre entière de Tocqueville analyse avec pertinence les problèmes du politique tels qu'ils se posent à nous : il a ouvert toutes les voies mettant en évidence le rôle essentiel de la montée du phénomène démocratique et, conjointement, de l'opinion publique renforcée en ce début d'un nouveau millénaire par la médiatisation et la mondialisation. Avant tout autre, et mieux qu'aucun autre, il a montré que l'expansion économique laisserait inéluctablement derrière elle une paupérisation croissante, il a établi que la montée inéluctable de la démocratie modifierait les attitudes et les comportements, qu'elle pouvait apporter aussi bien la liberté que l'oppression dont le bilan du siècle qui vient de s'écouler fournit tant d'exemples."J.-L. Benoît

  • Tocqueville n'a jamais été un démocrate et encore moins un révolutionnaire, beaucoup plus proches par son engagement politique de Chateaubriand que de Voltaire ; et de son enquête sociologique en Amérique, il en avait naturellement déduit en germes les maux de nos sociétés actuelles : désacralisation, acculturation, égalitarisme poussé à l'extrême et médiocrité ambiante. Une passion commune pour l'égalité, favorisant la diffusion d'un esprit majoritaire et conformiste. En effet, à force de réclamer les mêmes droits pour tous, les individus se contentent de revendiquer une égalisation de leur condition sociale et de leur mode de vie. Or, la majorité ne se reconnaissant que dans ce qui lui ressemble, l'obsession égalitariste finit par nuire à la créativité, toute volonté de différenciation étant par avance condamnée ; elle finit aussi par menacer les institutions politiques elles-mêmes. Uniquement soucieux de défendre leurs acquis sociaux et matériels, les individus se désintéressent de la chose publique et se replient sur leur vie privée, au profit d'une administration toute puissante dont la douce tyrannie menace à terme leurs libertés. Cette analyse de la pensée unique et du conformisme démocratique fait de Tocqueville un auteur résolument moderne, dont l'oeuvre a eu une influence considérable et mérite plus que jamais qu'on la (re)découvre.
    Textes choisis & mis en ordre par M. Jean Baillat (conférencier et professeur de philosophie à l'université catholique de Toulouse).

    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • Naissance du système pénitentiaire en 1786. - Influence des quakers. - Prison de Walnut-Street à Philadelphie ; ses vices et ses avantages. - Le due de La Rochefoucauld-Liancourt. - Régime de Walnut adopté par plusieurs États ; ses funestes effets. - Origine d'Auburn. - Pittsburg. - Cherry-Hill. - Expérience fatale de l'emprisonnement solitaire absolu : elle est suivie du système d'Auburn, fondé sur l'isolement et le silence : succès de ce système dans plusieurs États de l'Union.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Extrait : "Qu'on le relise : on y rencontrera à chaque page un avertissement solennel qui rappelle aux hommes que la société change de formes, l'humanité de condition, et que de nouvelles destinées s'approchent."

  • Vous trouverez dans cet extrait tous les articles du dossier «Nous ne sommes pas seuls» tirés du numéro 300 de la revue Liberté.

    Du tollé suscité par l'embauche d'un coach unilingue anglophone aux accommodements raisonnables, en passant par les réflexes xénophobes d'un maire de région et le crucifix de l'Assemblée nationale, ont ne compte plus les tensions entre le respect des nouveaux arrivants, l'émancipation individuelle, l'héritage commun et l'identité nationale. À l'approche de la Fête nationale, il nous est ainsi apparu essentiel de nous pencher sur le sens de la nation et de la culture commune.

    Les réponses sont nombreuses : Pierre Nepveu, biographe de Gaston Miron, nous signale que, si notre langue est statistiquement fragile, elle demeure riche de par sa littérature et qu'il est de notre devoir d'assumer à la fois cette force et cette fragilité. Le chanteur et poète Thomas Hellman nous explique que c'est lorsqu'il se tient à distance de ses multiples identités d'origine qu'il évite l'exil, et le dramaturge Mani Soleymanlou que c'est grâce au « Printemps étudiant » s'il se sent enfin québécois. Finalement, la comédienne Catherine Dorion nous rappelle de quelle sournoise façon le culte de l'argent désagrège, où que ce soit, le sens de la communauté. Ne manquez pas les autres textes du dossier de Suzanne Beth, Clayton Bailey, Michel Freitag, Jonathan Livernois, Alexis Martin, Anne-Marie Régimbald et Alexis de Tocqueville.

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