• Né d'une rencontre avec une classe de lycéens belges, ce livre incarne l'accomplissement d'un défi : celui qui consiste, pour un philosophe célèbre pour l'ambition et la richesse de son travail, à en proposer une introduction qui n'en perde pourtant jamais la pointe. C'est ce défi qu'a relevé Alain Badiou dans ce petit livre, mêlant entretiens et textes inédits, qui parcourt avec autant d'allégresse que de pédagogie plus de soixante années de publications, et traverse la totalité des domaines dans lesquels sa pensée s'est illustrée : ontologie fondamentale, mathématiques, politique, poésie ou amour - non sans multiplier les digressions en direction des grandes figures de l'histoire de la philosophie. À l'heure où l'oeuvre d'Alain Badiou est enseignée et commentée dans les universités et les grandes écoles du monde entier, il était temps qu'on dispose d'une boussole fiable afin de s'orienter dans son fantastique foisonnement. On la tient entre les mains.

  • Les esprits éclairés aiment à se moquer de Donald Trump. Il serait le symbole d'une forme de stupidité politique qui n'attendrait que le réveil des gens de bonne volonté pour s'évanouir comme un mauvais rêve. Mais rien n'est plus faux. Plutôt qu'un symbole, Trump est un symptôme : celui de la disparition progressive de la politique dans un gigantesque processus d'unification, où les camps en apparence les plus hostiles se tiennent en réalité la main. Pour en finir avec Trump, c'est cette disparition qu'il convient de combattre, en restaurant les possibilités d'une opposition qui résiste au consensus fondamental de notre temps. Ce consensus porte un nom : capitalisme démocratique. Son opposition aussi : idée du communisme. Toute la difficulté tient donc dans la façon dont Trump et ses semblables rendent chaque jour plus impossible de la rendre effective - au moment même où nous en avons le plus besoin.

  • Alain Badiou revient ici sur les principaux éléments de sa philosophie de manière accessible et vivante, en la présentant dans l´horizon de la recherche du bonheur réel (comme effet que produit la vérité dans l´expérience d´un sujet). Dans la première partie, l´auteur explique pourquoi cette recherche, qui est le nom de toute vie philosophique, est aujourd´hui plus que jamais désirable. Analysant les contraintes contemporaines, il entend montrer que la situation de la philosophie est aujourd'hui défensive, et qu´il y a là une raison supplémentaire d´en soutenir le désir. Dans la seconde partie, il confronte cette vision à celle des grands « anti-philosophes » (Pascal, Rousseau, Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, Lacan), auprès desquels la philosophie trouve la dose de scepticisme et de provocation nécessaire pour ne pas sombrer dans l´académisme. Dans la troisième partie, il affronte une autre forme de critique, celle qui objecterait que la philosophie ne sert à rien quand c´est le monde qu´il s´agit d´abord de changer (pour que les conditions du vrai bonheur y soit enfin accessibles à tous). Enfin, dans une quatrième partie, il revient sur les éléments de sa propre réponse à la question de la « vraie vie », celle que la philosophie nous promet. Reprenant les acquis de L´Être et l´événement (1988) et de Logiques des mondes (2006), il dessine les contours des questions qu´il reste à aborder et qui feront la matière du troisième volet de ce magnum opus : L´immanence des vérités. Par là même, il est conduit à revenir à une question centrale et laissé de côté dans les précédents traités : celle des affects propres à la philosophie.

  • Une tétralogie mettant en scène le citoyen de Sarges-les-Corneilles Ahmed, digne héritier de Scapin, qui maîtrise le réel comme il maîtrise la langue, donc la pensée. Quatre cycles de farces pleines d'humour et de réflexions philosophiques sur la liberté, le pouvoir, le théâtre...

  • " Ceux qui, aux alentours de 1965, avaient entre vingt et trente ans, ont alors rencontré un nombre exceptionnel de maîtres dans le champ de la philosophie. Les anciens comme Sartre, Lacan ou Canguilhem, étaient encore en pleine activité ; d'un peu plus jeunes, comme Althusser, déployaient leur oeuvre, et toute une génération, les Deleuze, Foucault, Derrida, entrait dans l'arène. Tous ces maîtres, aujourd'hui, sont morts. La scène philosophique, largement peuplée d'imposteurs, est autrement composée, ne tirant sa consistance que de ceux, jeunes et moins jeunes, qui, les formulant à neuf dans leur propre langue, savent être fidèles aux questions qui nous animèrent il y a quarante ans. Je crois juste de rassembler les analyses et hommages qu'au long des années, quand ils disparaissaient, j'ai consacrés à ceux à qui je dois la signification, toujours inhumaine autant que noble et combattante, du mot "philosophie". Je n'ai pas toujours eu avec ces contemporains capitaux des rapports simples et sereins : la philosophie, comme le dit Kant, est un champ de bataille. Mais, considérant aujourd'hui les innombrables "philosophes" médiatiques, je puis dire que j'aime tous ceux dont je parle dans ce livre. Oui, je les aime tous ". (Alain Badiou).

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle en France, un moment philosophique s'est développé qui, par son ampleur et sa nouveauté, se laisse comparer tant au moment grec classique qu'à celui de l'idéalisme allemand. Entre L'Être et le néant de Sartre (1943) et le dernier livre de Deleuze, Qu'est-ce que la philosophie(1991), on voit se succéder existentialisme, structuralisme, déconstruction, postmodernisme, réalisme spéculatif... Alain Badiou montre qu'en dépit des apparences cette période possède une sorte d'unité : la bataille autour de la notion de sujet (malgré la diversité des positions), la discussion de l'héritage allemand de Hegel à Heidegger, l'engagement politique, l'intimité avec la littérature, autant de points de convergence pour des penseurs si divers et parfois opposés. Ce livre réunit des textes sur Jean-Paul Sartre, Gilles Deleuze, Georges Canguilhem, Paul Ricoeur, Louis Althusser, Jean-François Lyotard, Françoise Proust, Jean-Luc Nancy, Barbara Cassin, Christian Jambert et Guy Lardreau, Jacques Rancière - textes qui ont en commun la vivacité et la clarté propres à Alain Badiou.

  • Ahmed revient sera mis en scène par Didier Galas du 6 au 23 juillet au festival d'Avignon IN 2018.
    Par des histoires à dormir debout, des farces antiques et des mythes contemporains, Ahmed essaie de transmettre l'art de philosopher. Dans cette farce philosophique, Ahmed, digne héritier de Scapin, bouscule les habitudes de pensées d'un monde surmédiatisé.

  • Une farce virevoltante qui évoque tour à tour le journalisme d'aujourd'hui, la portée politique de la philosophie, le bien-fondé de la pensée communiste, la misère de la philosophie, la Grèce contemporaine et Antique, la pensée platonicienne et la foi en celle-ci. C'est l'occasion aussi de s'adonner à de brillants pastiches des dialogues platoniciens ou des Nuées d'Aristophane, sans oublier de se moquer un peu d'Aristote.

  • « Les philosophes doivent être clairs et non pas profonds. Certains d'entre eux sont profonds par vocation, ils aiment cela, ils aiment avoir un jargon ténébreux. Cela, c'est la philosophie romantique. Ce n'est pas ma philosophie ». Alain Badiou repense le lien qui unit théâtre, politique et philosophie. Sa République de Platon offre au spectateur d'observer l'oeuvre originale au travers du prisme contemporain, alimenté par les évolutions et révolutions politiques survenues au cours de l'histoire, plaçant ainsi la république au coeur du Festival d'Avignon.

  • « (...) Il se peut que le mot « chu » soit latent dans le présent livre, dont je remercie ses éditeurs d'avoir eu l'idée de le ressusciter plus de vingt ans après son apparition/disparition. Car ce qui lui sert de point de départ est bel et bien la « chute » de l'Union Soviétique, amorcée sans doute en 1989, tout à fait consommée en 1991. C'est cet effondrement qui est qualifié de « Désastre obscur ». (.) J'ai continué depuis à méditer cette aventure, la seule qui ait donné sens à l'ensemble du XXe siècle. J'ai approfondi et varié les analyses et les interventions publiques que je jugeais nécessaires. Mais je n'ai pas à renier l'ébauche que vous allez lire. » Alain Badiou, juillet 2012

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « On dirait que l'épreuve épidémique dissout partout l'activité intrinsèque de la Raison, et qu'elle oblige les sujets à revenir aux tristes effets - mysticisme, fabulations, prières, prophéties et malédictions - dont le Moyen Âge était coutumier quand la peste balayait les territoires.
    Du coup, je me sens quelque peu contraint de rassembler quelques idées simples. Je dirais volontiers : cartésiennes. » Alain Badiou

  • "Qu'est-ce qu'un démocrate, je vous prie ? C'est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc." Cette question, ce jugement sans appel d'Auguste Blanqui datent d'un siècle et demi mais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s'attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d'emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d'y participer n'ont sur le sujet qu'un seul point commun : ils et elles rejettent l'idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires - ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot "démocratie", il n'est pas à abandonner à l'ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.

  • Une "vague d´antisémitisme en France" ? Pourquoi la dénonciation de cette "vague" a-t-elle commencé en 2002, quand a été lancée la guerre contre l´axe du Mal, en Afghanistan, en Irak, en Palestine ? Qu´en est-il de l´antisémitisme en France aujourd´hui ? Est-il, comme le soutiennent certains, la tache qui stigmatise la jeunesse arabe des quartiers populaires ? Et ceux qui mènent la campagne contre "la vague", qui sont-ils, d´où viennent-ils, quelle est leur rhétorique, quels intérêts défendent-ils ? Pourquoi s´en prennent-ils si violemment aux "mauvais juifs", aux "juifs de négation", victimes de la "haine de soi" ? Comment se fait-il que la traque de "l´antisémitisme" soit infiniment plus virulente en France qu´en Israël et même qu´en Allemagne ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ont réfléchi Alain Badiou et Eric Hazan. Leurs réponses sont une attaque frontale contre l´hypocrisie et la mauvaise foi qui règnent dans cette affaire.

  • Un dialogue inédit et exclusif entre deux des philosophes les plus influents de notre temps, Alain Badiou, figure de proue de la gauche radicale dans le monde et principal avocat de l'idée communiste, et Marcel Gauchet, représentant majeur de l'antitotalitarisme et défenseur de la démocratie libérale.
    Ensemble, ils font le bilan de l'Histoire et répondent chacun à leur manière à la question : l'Idée communiste peut-elle survivre à l'Histoire ?
    Ensuite, se tournant vers les enjeux contemporains, ils confrontent leurs projets respectifs : la sortie du capitalisme et la réactualisation de « l'hypothèse communiste » pour l'un, la réforme en profondeur d'un modèle démocratique contesté pour l'autre.
    Un débat de fond, sans concession, entre deux intellectuels aux positions diamétralement opposées, mais qui se rejoignent sur la nécessité de redonner du sens à la politique.

  • Reprise des interventions faites lors d'une soirée philosophique organisée au Théâtre national de Chaillot, à propos du livre d'Alain Badiou L'Etre et l'événement.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La question de l'idéologie est l'exemple le plus frappant d'un concept mis à l'épreuve et scindé par le mouvement réel. Marquée par Althusser du sceau d'infamie de ce qui s'oppose à la science, l'idéologie, après mai 1968, s'est au contraire vue chargée de tous les pouvoirs transfigurateurs requis par les limites politiques de la tempête. C'est l'époque où les scribes de la bourgeoisie parlent de « crise de la civilisation », et où la Gauche Prolétarienne lit dans l'Histoire une prétendue étape de « révolutionnarisation idéologique des masses ». Notre intervention véhicule donc un bilan. Il s'agit de prendre appui sur les points forts (la critique de masse du révisionnisme) pour évaluer et rectifier les points faibles (l'adoption d'un point de vue de masse indifférent à l'analyse de classe). Il en résulte que la dialectique classe/masse est le centre de gravité de ce livre. C'est armé de cette dialectique qu'on peut correctement investir et ruiner, sans concéder quoi que ce soit au révisionnisme, les derniers royaumes de l'idéologisme « ultragauche » : Deleuze et son désir, Glucksmann et son goulag. Le déploiement de la dialectique classe/masse engendre à son tour les deux thèses les plus importantes et, au moins dans leur formulation, les plus nouvelles : - l'existence dans toute révolte révolutionnaire des masses, quelle que soit l'époque considérée, d'aspirations égalitaires, anti-propriétaires et anti-étatiques, que nous désignons ici du nom d'« invariants communistes » ; - la reconnaissance du prolétariat comme puissance logique. L'idéologie s'est toujours scindée, et tout reflet est reflet de classe. Le prolétariat est cependant ce qui donne forme à la contradiction, divise la logique elle-même, et soumet irréversiblement la pensée à la reconnaissance de sa propre scission. Le prolétariat n'est pas l'inventeur de la résistance idéologique : il en est le premier logicien.

empty