• L'histoire littéraire est en plein renouveau. Cet ouvrage en offre la première synthèse générale. Il se confronte aux grandes notions que rencontre toute théorie littéraire (la littérarité, l'auteur, le genre, le lecteur, la mimésis, etc.) et présente les voies les plus récentes de la recherche. Il est aussi un essai d'interprétation original, dont l'orientation est résolument pluridisciplinaire. Considérant la littérature comme un système culturel parmi d'autres, l'histoire littéraire entre en résonance avec l'anthropologie et la sociologie ; se définissant elle-même comme histoire de la communication littéraire, elle croise l'histoire culturelle et la médiologie ; visant à édifier une poétique historique des formes littéraires, elle porte la même attention aux inventions et aux pratiques esthétiques que l'histoire de l'art. Au fil des chapitres, l'ouvrage esquisse enfin une interprétation historique globale des grandes phases de la littérature française et, de façon plus précise, des bouleversements majeurs (esthétiques et institutionnels) qu'elle a connus de la Révolution jusqu'au XXIe siècle. Alain Vaillant est professeur de littérature française à l'université Paris-Nanterre, et directeur du Centre des sciences des littératures en langue française (EA 1586).

  • Le rire est à la mode. Mais sait-on vraiment de quoi l'on parle ? Il y a mille formes du rire ; et autant de manières d'en parler, selon qu'on est philosophe, écrivain, artiste, psychologue, historien. Le premier objectif de cet ouvrage est d'en offrir un panorama complet et synthétique. Mais il prend surtout le pari de l'unité fondamentale du rire, et défend une thèse originale : dans tous les cas, le rire naît chez l'homme face à l'irruption d'une menace potentielle qu'il décide de ne pas redouter, comme si un écran invisible l'en séparait. S'instituant spectateur du monde, il prend conscience de sa liberté, même précaire, au sein de la nature ou de la société. Le rire serait-il alors la matrice de toute civilisation ? Cette donnée anthropologique explique l'importance capitale du rire, le large éventail de ses mécanismes comiques et, en particulier, son affinité mystérieuse avec l'émotion esthétique. Quant à notre actuelle culture médiatique, on sait bien qu'elle a transformé le monde en un spectacle universel : très logiquement, le rire lui est devenu indispensable. L'âge post-industriel a donc parachevé la vocation primitive du rire humain : la boucle est bouclée. Provisoirement.

  • Longtemps rélégué dans l´ombre, le rire est aujourd´hui à la mode. Mais on s´intéresse presque toujours au rire pour d´autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques - comme s´il fallait toujours s´excuser de rire et de faire rire. À rebours, L´Esthétique du rire veut s´en tenir au rire. D´abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu´il est loisible d´énumérer (l´ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s´il existe bien un art du rire, il n´est rien d´autre que l´art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Âge, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l´histoire ne doit pas faire oublier l´essentiel : la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l´homme : dans l´inconscient que refoule le moi sérieux ; dans les mondes merveilleux de l´enfance ; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l´homme. L´art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l´intimité humaine en bruyant feu d´artifice. Et ce sont les extases d´imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d´ordre esthétique.

  • Ce numéro d'Études littéraires se propose de réfléchir aux relations entre la presse et la littérature, de la fin du XVIIIe au XXe siècle. Si naguère la recherche distinguait soigneusement les territoires médiatiques et littéraires, le renouveau de l'histoire culturelle et de l'histoire littéraire, ainsi que la vague de fond sociocritique nous ont appris à revisiter ces frontières trop communément acceptées. Certes, nulle discipline scientifique ne peut penser et se penser sans frontières : ici le territoire de la littérature, les rapports d'un texte avec son « co-texte », l'établissement des limites d'un corpus, ou encore toute la question des effets du texte sur le social, effets qui supposent à la fois des passages et des blocages entre le texte et le monde. Pour les historiens comme pour les littéraires, il n'y a sans doute pas de pensée possible sans frontière, sans limites et sans articulation fines de ces frontières et limites. Or, les études actuelles de la presse, qu'elles soient celles de l'histoire culturelle, de l'histoire littéraire, de la sociocritique ou de la sociologie de la littérature et de l'imprimé, sont emportées dans un grand mouvement de redéploiement. La raison essentielle en est sans doute la prise de conscience de l'immense valeur qui gît dans ce continent englouti qu'est la presse. En revisitant les hiérarchisations des corpus et les collaborations d'à peu près tous les écrivains à la presse; en explorant et en analysant les genres médiatiques qui constituent le corpus journalistique; en mettant en relation directe les poétiques médiatiques et les poétiques littéraires pour voir comment elles interagissent; en réévaluant à la hausse la qualité sémiotique accordée aux diverses représentations issues du journal, susceptibles, peut-être aussi bien que le roman, de dire le monde qui les a vues naître : en tout cela les études littéraires confèrent une valeur irremplaçable à l'objet journal et y trouvent une source de leur renouvellement. Ce numéro d'Études littéraires entend contribuer à cette réflexion et invite à penser la littérature par la presse.

  • « La vie d'un représentant en quincaillerie n'est pas ce que l'on imagine. Se balader en voiture pour vendre des trucs en ferraille à des entreprises travaillant les métaux ne peut être un métier très sérieux. Même la gendarmerie le dit, alors ! Oui, mais je les... Et pourquoi, quand des mecs se font défoncer la tête, c'est toujours sur moi que les soupçons se portent ? Je reprends ma route, direction Orléans, en passant par les derrières d'Olivet, par la route forestière solognote. J'aime bien ces petites routes ludiques. Il y a toujours quelque chose à regarder. Il n'est pas rare de voir tantôt un sanglier, tantôt un chevreuil. Ma fâcheuse tendance à récupérer tout et n'importe quoi va me jouer un vilain tour. Plusieurs, même. C'est ma vie qui en sera bouleversée ! » Ce roman policier nous fait visiter Orléans, la Sologne, la région orléanaise et une forêt du nord de la France. Quel rapport peut-il y avoir entre le Val d'Ardoux et la forêt de Mormal ? Après « Le Chien de Saint-Lyé-la-Forêt », Alain Vaillant nous transporte dans son univers et son imaginaire particulier. « L'Irrévérencieux de Saint-Lyé-la-Forêt » est un roman policier dont le théâtre est son pays, sa région, son village, sa passion. L'histoire de France et certains faits de société font toujours de ses textes une promenade pleine de découvertes et de méditations.

  • À l'aube de notre modernité, le romantisme a transformé la littérature, la musique, les Beaux-Arts. Mais, plus généralement, il a bouleversé notre manière de penser, d'aimer, de percevoir la nature ou l'Histoire ? en un mot, de vivre.
    Né en terre germanique, il a brillé d'un éclat formidable dans la France postrévolutionnaire, avant d'essaimer dans l'Europe entière et, au-delà, dans les empires coloniaux et en Amérique, où il a toujours accompagné la naissance des États nationaux.
    Ce dictionnaire, le premier à en présenter une vision globale, propose en 649 articles de tout connaître des poètes, artistes, penseurs ou hommes politiques qui ont fait le romantisme : Byron, Hugo, Beethoven, Novalis, Chopin, Turner, Delacroix, Pouchkine, Garibaldi... Le lecteur y découvrira également les idées, les motifs, les modes qui dessinent les contours de la culture romantique et permettent d'en saisir les multiples visages à travers le monde.
    Un ouvrage exceptionnel qui restitue le mouvement romantique dans toute sa complexité.

  • La crise de la littérature : la rumeur est si banale aujourd'hui qu'elle en paraît avoir existé de tout temps. En fait des années 1830, et des bouleversements culturels qui, liés aux séquelles sociales de la Révolution, transforment radicalement la communication littéraire. Cette mutation qu'on appellera indifféremment romantisme ou modernité touche non seulement le fonctionnement social ou institutionnel, mais surtout la nature même de la littérature, considérée désormais comme un fait textuel et non plus discursif : de cette rupture jusqu'alors inimaginable avec la tradition héritée de l'Antiquité, découlent toutes les grandes innovations esthétiques du 19e siècle, parmi celles-ci les oeuvres de Mme de Staël, Lamartine, Balzac, Musset, Hugo, Baudelaire, Allais, Mallarmé.

  • Baudelaire est ce singulier romantique pour qui le rire, contenu et latent, joue le rôle de la voix lyrique chez les autres poètes : il s'offre comme victime sacrificielle au public pour lui faire partager ses extases intérieures à travers la surface ironique de ses images versifiées. De telle sorte que Baudelaire reste, seul de son espèce et par excellence, le poète comique de la littérature française.

  • L'empire du rire, XIXe-XXIe siècle Nouv.

    Avec l'avènement de la démocratie, le rire apparaît comme un bien commun, partagé par tous et irriguant la totalité de l'espace public. Ce rire démocratique prend aussi appui sur la puissance de propagation et d'innovation des nouvelles industries médiatiques, qui acquièrent un poids économique et une force de frappe incomparables : acteur majeur de notre culture moderne du loisir et du divertissement, le rire s'est imposé à tous et constitue aujourd'hui l'un des moteurs de la société marchande et du consumérisme. Mais le rire répond aussi à un besoin anthropologique plus large : il soulage face aux angoisses de l'existence, et permet d'expérimenter le plaisir de la connivence sociale et celui de la fantaisie imaginative.

    Pour lui restituer toute sa richesse, cet ouvrage a choisi de multiplier les angles d'approche, en proposant à la fois une histoire culturelle du rire, une description de ses formes et des techniques utilisées, une réflexion théorique sur ses usages dans l'espace social.

    Tous les aspects du rire y sont envisagés de façon transdisciplinaire : des catégories du risible aux cibles du rire, de l'esthétique du rire à son usage au service des idéologies – à travers les beaux-arts, la littérature, la caricature, les arts de la scène, la télévision et les médias, la publicité, internet. Dans cette encyclopédie stéréoscopique du rire, abondamment illustrée, on aura encore plaisir à retrouver, au fil des pages et des images, toutes les grandes figures de l'humour depuis près de deux siècles. Il s'agira donc de prendre au sérieux la culture du rire, et de mesurer le rôle capital qu'elle a pu jouer dans l'histoire de notre modernité.

  • La France d'Ancien Régime était celle de la « gaieté » et de l'« esprit ». Avec la Révolution, commence le temps du rire moderne : d'un rire franc, dévastateur, protéiforme, et faisant flèche de tout bois ( de l'ironie, de la parodie, de la satire, mais aussi des brindille du calembour ou de la bague). Ce rire naît des convulsions de la Révolution. Il sape l'autorité triste des rois de la Restauration. Il triomphe dans le Paris louis-philippard, pour le plus grand plaisir du Bourgeois qui ne se lasse jamais de sa propre caricature. Il constitue le plaisir ordinaire d'une bohème entrée en dissidence contre toutes le formes de sérieux. Il trouve sa consécration sous la Troisième République, avec le Chat noir et ses avatars fin du siècle. Phénomène de société, le rire moderne est au coeur des inventions esthétiques du xixe siècle. Il inspire les journalistes, les poètes, les artistes et le monde de la scène. Il envahit les formes mineures de création culturelle aussi bien que les grandes oeuvres du canon. En voici le premier panorama raissoné, issu du travail collectif de vingt-huit spécialistes, historiens de la littérature, des arts ou de la culture.

  • Cet ouvrage porte sur la spécificité de l'action éducative d'un établissement de placement familial : le Centre de Placement Familial Spécialisé - oeuvre de l'abbé Denis de 1973 à 1999 à Pau. A travers l'histoire de l'institution et dans son fonctionnement actuel, le travail de recherche-action éclaire le positionnement d'une équipe, qui d'expérimentations en théorisations, se pose dans l'espace de la loi et dans la dynamique d'un territoire social. L'approche pédagogique souligne comment se construit une action éducative spécialisée dans l'accueil d'adolescents en grande difficulté, le plus souvent mineurs délinquants, hébergés dans des familles d'accueil.

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