• C'est la totalité de l'histoire des Templiers qui est ici étudiée. Créé en 1120 par quelques chevaliers installés à Jérusalem pour incarner durablement les idéaux de la croisade, l'ordre du Temple s'est développé dans tout l'Occident. Ses missions l'ont porté sur le « front » de la Terre sainte et de l'Espagne de la Reconquista, soit les terrains d'affrontement, mais aussi de coexistence avec l'islam. Riche (mais pas autant qu'on l'a cru, même de son temps), puissant (mais beaucoup moins qu'on ne le dit, surtout de nos jours), il a mené jusqu'au bout son combat pour Jérusalem, même après la chute d'Acre en 1291. Il est supprimé en 1312, victime d'un procès fabriqué par les soins du roi de France Philippe le Bel et de ses conseillers.

  • Le 27 novembre 1095, à Clermont, le pape Urbain II lance un vibrant appel à la chrétienté : il faut aller libérer Jérusalem et les Lieux saints de la tutelle des musulmans. À compter de là et jusqu´au milieu du XIIIe siècle, les croisades se succèdent, la dernière se soldant par la mort de saint Louis. En réalité, les choses sont moins simples qu´il n´y paraît : Urbain II n´a jamais employé le mot « croisade », pour commencer. Et le Moyen Âge tout entier est travaillé par des mouvements collectifs, des pèlerinages exaltés, des guerres saintes, qui rendent la notion de croisade très difficile à appréhender. Aujourd´hui encore, elle suscite des débats houleux parmi les historiens.
    L´auteur de ce petit livre se propose de faire le point sur le sujet, en recourant - on le lui pardonnera - à une métaphore culinaire : « Que faut-il pour réussir une mayonnaise ? Un bol et une cuillère de bois, un jaune d´oeuf, de la moutarde, de l´huile. On mélange jaune d´oeuf et moutarde et l´on ajoute peu à peu l´huile, le tout étant vivement battu à la cuillère, salé et poivré. Et l´on obtient un objet culinaire complètement nouveau. Que faut-il pour qu´il y ait croisade ? Un contexte - favorable - de réforme, un pape inspiré, l´idée de la libération des Églises d´Orient, la guerre sainte, le pèlerinage pénitentiel, la rémission des péchés et Jérusalem. De cet amalgame (lui aussi divin, car inspiré par Dieu !) naît la croisade : une idée neuve, un objet historique nouveau. »

  • Le mystère des templiers exerce une fascination particulière chez nos contemporains. La simple évocation d'un grand-maître, d'une commanderie ou d'une baillie suffit à déclencher un puissant imaginaire, mêlant trésor perdu, guerre sainte et complot royal.

    Pour sortir des idées reprises en boucle, l'auteur, spécialiste incontesté des ordres religieux-militaires, réunit dans cet ouvrage une somme de données précises sur la réalité templière.

    Ni biographie collective ni dictionnaire, ce livre recueille et décompte toutes les informations mentionnées sur des templiers dans les procès et autres procédures qui s'étalèrent de la rafle du 13 octobre 1307 jusqu'à la fin de l'ordre en 1312.

    Origines, carrières, lieux... qu'ils soient chevaliers, chapelains, sergents, c'est tout un peuple qui surgit à travers les 2 336 templiers recensés, actifs pour le plus ancien depuis 1248, et 1 135 physiquement présents dans l'une ou l'autre des procédures.

    À la fois catalogue et base documentaire, cet ouvrage renseigne une période importante de l'histoire de l'ordre qui envoie alors massivement des recrues à Chypre dans la perspective de reprendre pied en Terre sainte.

  • Alain Demurger est médiéviste, maître de conférences honoraire à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, il est notamment l'auteur des Templiers publiés au Seuil (2005).

  • À l'origine de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem se trouve un hôpital fondé dans la Ville sainte au milieu du XIe siècle pour héberger les pèlerins venus prier sur le tombeau du Christ. Pendant deux siècles, les frères accueillent des voyageurs, riches ou pauvres, malades ou non, portent assistance aux déshérités et délivrent des soins médicaux aux blessés de guerre.

    D'abord ordre religieux, il est investi de responsabilités militaires dès le XIIe siècle avant même de devenir pleinement un ordre religieux-militaire. Pour preuve, l'apparition de frères d'armes, engagés avec les Templiers dans la défense des Lieux saints et des États latins d'Orient, et la grande forteresse du Crac des Chevaliers, qui atteste aujourd'hui encore de l'importance des moyens consacrés à cette tâche.

    La Terre sainte, mais aussi la péninsule Ibérique, sont le terrain d'élection de leur engagement dans les combats et la défense des forteresses. Pour mener leurs missions sur le « front », ils peuvent s'appuyer sur des ressources accumulées à « l'arrière », dans la chrétienté latine d'Occident, grâce à un puissant réseau de maisons et provinces. Chassé de Terre sainte à la chute d'Acre en 1291, l'hôpital se replie à Chypre avant de s'établir à Rhodes à partir de 1310.

    Assiégé par Soliman le Magnifi que, il se réfugie à Malte fi n 1521. De nos jours, l'ordre de Malte est revenu à la vocation charitable de ses débuts.

  • Tournois, croisades, table ronde et amour courtois... le monde des chevaliers fascine et intrigue. Quelle est la part entre l'imaginaire et l'histoire ? De Roland à Lancelot, en passant par Bayard et le roi Arthur, Alain Demurger ressuscite les grandes figues de la chevalerie, explique les codes et les coutumes, les idéaux et les exploits. C'est la vie quotidienne et rêvée des chevaliers, des seigneurs et de leurs dames, des guerriers et de leurs légendes qui est ainsi contée. Ceux qui ont autrefois joué aux chevaliers et ceux qui y jouent encore trouveront là un guide du Moyen Age épique et étonnant.

  • Comment christianiser la guerre ? Comment s'assurer un corps de soldats disposé à remplir fidèlement et de manière permanente la défense de la chrétienté et sa mission de lutte contre «l'Infidèle» ? A ces deux questions, la chrétienté médiévale a répondu

  • Le procès engagé par le roi de France Philippe le Bel contre les Templiers et la suppression de leur ordre par le concile de Vienne en 1312 ont été à l'origine du développement d'une pseudo-histoire et de légendes qui ont totalement occulté l'histoire de ce qui a été le premier ordre religieux-militaire de la chrétienté médiévale. Né vers 1120 en Terre sainte et pour la Terre sainte, le Temple est le fils de la chrétienté latine d'Occident ; l'Occident dynamique du XIIe siècle. Il tirait de l'Occident, où il était solidement implanté, une grande partie des revenus et des moyens matériels et humains dont il avait besoin pour remplir sa mission en Orient : la protection armée des pèlerins visitant Jérusalem et le Sépulcre du Christ ; la défense des Etats latins d'Orient (Antioche, Tripoli, royaume de Jérusalem) établis après le succès de la première croisade et bien évidemment confrontés à leurs voisins musulmans. Il s'engagea aussi, quoi qu'avec prudence, sur le terrain de la reconquête en péninsule Ibérique : on y trouve aujour-d'hui les plus beaux exemples de son architecture militaire. L'ordre du Temple n'a jamais failli dans sa mission et sa fin tragique ne doit pas grand chose à son histoire. Il a été un bouc-émissaire, un pion - opportuné-ment disponible - dans le violent conflit, très idéologique qui, durant le règne de Philippe le Bel, a opposé le roi de France et le pape, l'Etat et l'Eglise. Alain Demurger, est maître de conférences honoraire de l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, où il a enseigné l'histoire du Moyen Age. Il a orienté ses recherches sur l'Histoire du Temple et des ordres religieux-militaires, ainsi que sur la croisade et l'histoire politique de la France à la fin du Moyen Age.

empty