• Au début de ce XXIe siècle, un courant né dans le monde anglo-saxon s'est proposé de mobiliser les nouvelles technologies pour permettre à l'être humain de faire reculer ses propres limites jusqu'à devenir transhumain - voire même posthumain - en modifiant son génome par la biotechnologie, en couplant son cerveau avec l'ordinateur, en transformant ses cellules par des matériaux plus solides à l'échelle nanométrique, etc. Après une description de ce mouvement, une lecture critique sur le plan philosophique puis théologique est proposée. Que devient, dans cette perspective, la relation que l'homme avait nouée avec la nature et avec son semblable ? Quels droits s'arroge-t-il sur sa descendance et sur son propre corps ? Quelle est, finalement, cette sorte de nouvelle religion sans Dieu ? Un lexique explique, en fin d'ouvrage, les mots nouveaux.

  • Ces dernières années, les medias nous ont rapporté, images à l'appui, les tragiques péripéties de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui fuient l'Afghanistan, le Congo, la Guinée, l'Irak, le Kosovo, la Lybie, le Mali, la Somalie, la Syrie et tant d'autres pays en proie à la violence. Radio et télévision parlent fréquemment de Calais, de Ceuta et Melilla, de Lampedusa, des réseaux de passeurs, et des murs dressés aux frontières... On nous cite conscien­cieusement le nombre de morts, retrouvés dans des camions hermétiques ou engloutis dans la Méditerranée... pour assurer un accueil décent aux personnes qui fuient le danger, les partisans du Refugees welcome invoquent les droits de l'homme dont ces réfugiés sont titulaires, puisque les « droits humains » sont valables toujours et partout ; de l'autre côté, les pays occidentaux revendiquent leur souveraineté en affirmant qu'ils ne peuvent pas accueillir toute la misère du monde... Deux logiques qui s'affrontent.

  • L'Europe, continent athée ? Cela reste à voir. Ce n'est pas un hasard si Jean-Marc Ferry de ce côté-ci du Rhin, et Jurgen Habermas de l'autre entrouvrent aujourd'hui la porte des Républiques au discours religieux. Car si la raison publique, faite de liberté et d'égalité, semblait suffire à régir le champ économique et social de notre modernité, elle s'avère finalement incapable de formuler la norme commune applicable aux fondamentaux de l'existence tels que la vie, le corps, l'amour ou la mort. C'est le sens de l'appel de ces deux auteurs aux ressources qu'ont accumulées les religions et, singulièrement, le christianisme. Pour répondre à cet appel, Xavier Dijon revisite donc les grands axes de la tradition chrétienne (Création, faute, Incarnation, Salut, Trinité, Eucharistie) pour en dégager les enseignements qui enrichiraient la raison publique d'aujourd'hui. Mais la foi se laissera-t-elle ainsi arraisonner ? Et la raison s'ouvrira-t-elle à ce discours qui vient de plus loin qu'elle ? La partie est loin d'être gagnée. Mais Xavier Dijon, en puissant philosophe, amène ici le débat jusqu'à un point inédit et passionnant.

  • Comment comprendre la condition corporelle du sujet humain dans le champ juridique de la société occidentale contemporaine ? L´encadrement institutionnel, encore présent jusqu´au milieu du siècle dernier, s´effrite sous nos yeux dans les domaines de la bioéthique. Alliance, vie, sexe, fécondité, mort passent en effet de plus en plus sous l´empire du sujet qui en dispose, le droit se comprenant alors comme instituant l´égalité des citoyens par les libertés qu´ils sont autorisés à prendre à l´égard de leur corps. L´ouvrage décrit cette évolution à partir de documents principalement belges, français et européens. Puis il entame, à l´aide des trois personnes verbales je, tu, il, une réflexion philosophique sur la place qu´une telle transformation réserve encore à l´altérité : si la science a remplacé la richesse du symbole par l´objectivité du il dans l´intelligence des corps, et si la volonté subjective du je a pris la place de la `loi naturelle´ dans la formulation du droit, où est passé le tu qui désigne l´autre ? En d´autres termes, comment la loi qui régit les corps relèvera-t-elle encore le défi de l´intersubjectivité ? Pour radicaliser le propos, l´ouvrage aborde le débat mené, dans ces questions de vie, d´amour et de mort, entre la référence chrétienne et sa contestation libérale. En deçà des évidences de la liberté et de l´égalité, l´insistance religieuse sur la fraternité, -sans rien renier de la nécessaire liberté de conscience garantie par l´État laïc-, fournit une contribution propre au débat bioéthique en délivrant une parole de raison sur la donnée du corps.

  • Les traditions africaines savent ce qu'est le bien commun : la terre des ancêtres, l'hospitalité envers l'étranger, la solidarité du village... mais, entrée en ville, cette notion n'est-elle pas aussi entrée en crise ? Dans la figure moderne de l'Etat postcolonial, cette vue large du bien partagé par tous constitue-t-elle encore l'horizon de nos gouvernants ? Si chaque groupe utilise l'Etat, ou l'entreprise, à son profit, qu'est devenu ce bien qui devait rester "commun" ?

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