• Jean Rouaud est écrivain et auteur de nombreux ouvrages. Il a reçu le prix Goncourt 1990 pour son premier roman Les Champs d'honneur (Minuit). Avec une érudition parfumée d'humour, Jean Rouaud revisite les évangiles dont les paysages arides et les images de catéchisme ont accompagné son passé de petit Français catholique né sous un ciel de pluie près des rives de la Loire et bien loin du Golgotha et du fleuve Jourdain. Tendre, drôle, iconoclaste, poétique, Évangile (selon moi) s'amuse à soulever les voiles du mythe. Il rafraichit nos mémoires d'enfance, et nous invite, dans une langue classique et savoureuse, à découvrir, derrière les clichés, une autre manière de dire l'histoire et la géographie.

  • Les champs d'honneur Nouv.

    Les champs d'honneur

    Jean Rouaud

    • Audiolib
    • 17 Février 2021

    Ils sont morts à quelques semaines d’intervalle : d’abord le père, puis la vieille tante de celui-ci, enfin le grand-père maternel. Mais cette série funèbre semble n’avoir fait qu’un seul disparu : le narrateur, dont le vide occupe le centre du récit. C’est à la périphérie et à partir d’infimes indices (un dentier, quelques photos, une image pieuse) que se constitue peu à peu une histoire, qui finira par atteindre, par strates successives, l’horizon de l’Histoire majuscule avec sa Grande Guerre, berceau de tous les mystères.
    Prix Goncourt en 1990, Les Champs d’honneur est devenu un classique de la littérature française contemporaine. C’est Jeanne Moreau en personne qui avait choisi d’enregistrer cette oeuvre majeure. Trente ans plus tard, Audiolib a pu rééditer cet enregistrement historique devenu introuvable, et le compléter d’une lecture par l’auteur des derniers chapitres, pour faire revivre ce chef d’œuvre du patrimoine.
    © et (P) Audiolib, 2021
    Enregistrement original J. Moreau (p) 1990 Editions Ducaté © 1990/1996 by les Éditions de Minuit
    Durée : 4h56

  • Stances

    Jean Rouaud

    Que dit la poésie du monde tel que nous le recevons par voie de presse ? Peu de choses de nos valeurs profondes et de nos désirs. Les marchés, les réseaux de communication, la recherche scientifique au service du profit ou de la guerre, le nombrilisme culturel, les mensonges politiques recouvrent tout. Reste la littérature. Quelques vers ressassés suffisent pour retrouver le frisson de notre présence au monde. Stances est un spectacle poétique composé de six textes et six chansons, regroupés sous six rubriques telles qu'on les trouve à l'intérieur d'un quotidien : Art, Communications, Science, Culture, Politique, Littérature.

  • Décideurs : besoin de vous poser et de mettre vos idées au clair ? Ouvrez ce cahier et laissez-vous guider !
    Véritable « remue-méninges », ce cahier vous ouvre de nouvelles pistes et opportunités !
    Il soutient et favorise votre réflexion dans la conception d'une stratégie créative et propose des angles de réflexion et des questions inspirantes pour favoriser l'innovation dans votre activité professionnelle.
    Pour l'utiliser au mieux, nous vous invitons :
    - à le feuilleter pour découvrir les questions qu'il contient, repérer leur emplacement et savoir ainsi où noter vos idées ;
    - à le conserver afin de pouvoir vous y référer souvent ;
    - à y noter vos idées qui surgissent au fil des jours ;
    - à l'exploiter pour décanter et affiner votre réflexion ;
    - éventuellement à le partager, le travailler avec d'autres personnes afin d'élargir votre champ de vision.
    À vos crayons pour une pause constructive !

  • Lorsque Jean Rouaud se plonge dans la poésie de René Guy Cadou c'est pour mieux tisser entre eux des liens fraternels. Le prosateur d'aujourd'hui entremêle son écriture avec les vers du poète trop tôt disparu. Il le suit, pas à pas, sur les chemins de cette Loire Intérieure dont on sait à quel point elle l'habite. Ainsi se construit une envoûtante introduction à l'oeuvre de Cadou qui parvient à l'essentiel : susciter le désir de le lire ou de le relire.

  • La ville est un concept omniprésent : elle nous entoure, c'est aussi bien nos circulations, nos modes d'accès à la culture ou la consommation, mais d'abord la relation aux autres. Et la ville, c'est un mouvement : nous les avons vu se construire, nous assistons à l'enfoncement des architectures mortes trop vite. Nous sommes conscients de toutes les urgences que la ville catalyse, et nous n'avons jamais abandonné les vieilles utopies : elles s'enracinent bien trop loin dans le passé, il n'y a qu'à voir les peintres.

    C'est à cela que Jean Rouaud s'affronte, figure complexe, qu'il démêle en 10 incises successives. On commence avec une déclaration de François Mitterrand, Le socialisme c'est la ville, pour s'en aller voir en cours de routes les villes nouvelles :
    La ville n'existe tellement plus que lorsqu'on se propose d'en bâtir une nouvelle, on se lamente qu'elle ne ressemble pas à une ville.

    Et de là on arrivera à cette nouvelle idée de la ville qu'est Internet. Mais c'est aussi le destin des villes de province. Et ce qu'on a tenté de reconstruire après guerre, comment cela conditionne en partie le destin présent. Jean Rouaud est d'Ouest, on parle de Nantes, Saint-Nazaire et Brest.

    Et la ville est toujours la somme de toutes les villes, celles des voyages, des explorations, du rêve même de la ville : on arpentera la Place Rouge de Moscou, on croisera Ground Zero, pour finir au destin centrifuge de l'hyper-métropole qu'est Paris, sans oublier au passage ces bizarres terminologies du genre communauté d'agglo.
    Quant à partager les mêmes intérêts, pour les fondre dans une histoire commune, ça impliquerait de lancer un zoom arrière très puissant sur Google Earth où, du fin fond de la galaxie, on pourrait effectivement penser que tous ces groupes sont embarqués sur la même planète et qu'ils y forment en somme une agglomération de communautés, ou plutôt une agglo de com, en langage communicant. Il y a une bonne distance cependant dans ce jeu de réglage vu du ciel, mais qu'on ne franchit jamais, où l'on remarque par exemple que la porte d'Auteuil n'est qu'à une encablure du périphérique et de ses villages de cartons et de bâches en plastique. Éclairez-nous, petit Robert, pouvons-nous encore parler de communauté ?

    En décomposant figure après figure l'idée de ville, Jean Rouaud nous propose non pas ses options personnelles : elles sont présentes, on ne les partage pas pour autant, il ne nous les impose pas. Ce qu'il nous présente, c'est le prisme pour appréhender ce jeu complexe et en mouvement, de façon extrêmement précise.

    Est-elle dissoute, la ville, lorsque les SDF plantent leurs tentes place de la Bourse, et pourquoi garde-t-on comme repères ses plus honorifiques les hommages aux bouchers tel que l'Arc de triomphe ?

    F.B

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