FeniXX réédition numérique (Fayard)

  • Depuis la dernière guerre, l'Occidental moyen est atteint de strabisme diplomatique. Il ne peut considérer la situation mondiale sans loucher : un oeil sur les États-Unis, l'autre sur l'Union Soviétique. C'est pourquoi Robert Escarpit a tenté d'appliquer au problème la méthode qu'il emploie dans ses billets du MONDE. Elle consiste à se servir de ses deux yeux en même temps et, dans la mesure du possible, de les garder ouverts. Il ne s'agit ni d'une comparaison systématique, ni surtout d'un parallèle. Robert Escarpit a, de l'U.R.S.S. et des États-Unis, des expériences très inégales qui peuvent difficilement se réduire à un commun dénominateur. Il faut plutôt considérer ce livre comme un double diagnostic. Ce diagnostic est que "les deux font la paire, c'est-à-dire que chacun de ces deux peuples peut très bien suivre son chemin sans avoir rien à envier, rien à réclamer l'un à l'autre". En d'autres termes : "Il y a place dans la nature pour le rat des villes et pour le rat des champs. Il y a aussi place pour le rat d'égout et pour le grégaire lemming qui ne pullule que pour mieux marcher au suicide". L'auteur exprime l'espoir que "le ton plaisant de ce livre ne trompe personne sur ses véritables intentions". La vérité est sans doute que les intentions n'empêcheront personne de s'apercevoir que le livre est amusant.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Depuis la dernière guerre, l'Occidental moyen est atteint de strabisme diplomatique. Il ne peut considérer la situation mondiale sans loucher : un oeil sur les États-Unis, l'autre sur l'Union Soviétique. C'est pourquoi Robert Escarpit a tenté d'appliquer au problème la méthode qu'il emploie dans ses billets du MONDE. Elle consiste à se servir de ses deux yeux en même temps et, dans la mesure du possible, de les garder ouverts. Il ne s'agit ni d'une comparaison systématique, ni surtout d'un parallèle. Robert Escarpit a, de l'U.R.S.S. et des États-Unis, des expériences très inégales qui peuvent difficilement se réduire à un commun dénominateur. Il faut plutôt considérer ce livre comme un double diagnostic. Ce diagnostic est que "les deux font la paire, c'est-à-dire que chacun de ces deux peuples peut très bien suivre son chemin sans avoir rien à envier, rien à réclamer l'un à l'autre". En d'autres termes : "Il y a place dans la nature pour le rat des villes et pour le rat des champs. Il y a aussi place pour le rat d'égout et pour le grégaire lemming qui ne pullule que pour mieux marcher au suicide". L'auteur exprime l'espoir que "le ton plaisant de ce livre ne trompe personne sur ses véritables intentions". La vérité est sans doute que les intentions n'empêcheront personne de s'apercevoir que le livre est amusant.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je voudrais donner sa chance à ce roman. Pour peu qu'on sache que je fais dans l'humour, que je mange du curé et du fasciste, que j'exerce à Bordeaux, comme mon héros principal, le métier de professeur, je crains qu'on ne lise Sainte Lysistrata comme un livre d'humour, un pamphlet ou une autobiographie. Or c'est un roman que j'ai écrit. De l'humour, bien sûr, il y en a. L'humour est comme l'arsenic : on en trouve partout. Il suffit de connaître la chimie. Une petite ville girondine est à cet égard passablement juteuse. Cependant attention en buvant : le suc que j'ai extrait contient aussi du vrai arsenic, et du fiel, et des larmes. Quant au pamphlet, un roman pousse où il peut, comme un champignon. Le mien a poussé sur mon époque. Lorsque l'on cueille un champignon, il est difficile d'ignorer l'odeur du fumier sur lequel il a pris naissance, mais cette odeur n'est peut-être pas l'essentiel du champignon quand on le mange. Reste l'autobiographie. Naturellement on ne cesse de se raconter, mais écrire un roman n'est pas pour cela la meilleure méthode. Mon héros n'est pas moi. Je l'ai placé dans un cadre qui m'est familier, je lui ai donné certaines de mes coordonnées géographiques et sociales précisément parce qu'il m'était plus facile ainsi de comprendre cet inconnu qui me hantait. J'ajoute que je n'ai pris - du moins consciemment - aucun de mes proches ni aucun de mes collègues comme modèle. Il n'y a pas de clef à ce roman. Je n'ai rien dit de Lysistrata elle-même. Qu'en puis-je dire ? Dans mon livre elle a cinq visages. C'est peu pour une femme. Pour une sainte c'est sans doute trop. Robert Escarpit.

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