• Le concept d'islamophobie est un leurre, une illusion, une intoxication ! Il complique ce qui est simple, il obscurcit ce qui est clair. Il entretient le ressentiment au lieu de favoriser la concorde. Il pousse à la sécession au lieu d'encourager le rassemblement. Pour rendre meilleur les rapports entre l'Occident et le monde de l'islam, il faut échapper à cette manipulation et cultiver un regard de vérité.
    Une telle clarification n'aiderait-elle pas le monde musulman à s'interroger sur lui-même ?En faisant croire aux musulmans qu'ils sont des victimes systématiques, ne les prive-t-on pas de leur sentiment de responsabilité ?
    Pour la première fois, Philippe d'Iribarne apporte un éclairage et des réponses concrètes.
    Philippe d'Iribarne est directeur de recherche au CNRS. Depuis son ouvrage majeur, La Logique de l'honneur (Le Seuil, 1989), Philippe d'Iribarne s'intéresse particulièrement au lien entre les religions et la modernité. Il est traduit en dix langues, dont l'arabe et le turc.

  • La logique de l'honneur Chaque pays a ses traditions, sa manière de définir les droits et devoirs de chacun, sa façon de commander, d'obéir, de coopérer et de s'affronter. Notre culte sourcilleux de l'honneur, nos distinguos infinis entre le noble et le vil nous font vivre dans un univers bien différent de celui où s'affrontent, outre-Atlantique, l'avidité du gain et la passion de l'honnête, ou encore des prudentes démarches qui conduisent les Néerlandais à accorder leurs volontés. À discerner les ressorts de chaque culture, on découvre ce qu'y ont de spécifique les moteurs de l'efficacité. Un classique de la sociologie et du management. Philippe d'Iribarne Né en 1937. Polytechnicien, ingénieur des Mines et directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l'enracinement du fonctionnement des entreprises et des économies dans la diversité des institutions et des cultures.

  • La france est un pays étrange, dont certaines bizarreries étonnent toujours à l'étranger.
    Il est sans doute peu de nations oú l'on célèbre autant la raison, les idées générales, l'universel, l'ouverture au monde, tout ce qui est grand, neuf, généreux. et pourtant la france n'a rien à envier à personne en ce qui concerne la défense des particularismes, des statuts, des terroirs, des situations acquises. on y brocarde volontiers les puissants - mais l'on y attend toujours le grand homme. quelle cohérence clans tout cela ? s'agit-il d'héritages singuliers ou d'une conception de la vie en société, d'une culture ? philippe d'iribarne a réuni, dans cet essai global, sa grande connaissance des spécificités et des différences françaises par rapport aux américains, aux allemands, aux anglais.
    La comparaison met en lumière ce que la france, éprise de " grandeur ", a de vraiment singulier, la conception de l'homme et de la société qui est au coeur de sa culture et ce qui en découle pour sa vie économique et sociale, l'appréhension du marché du travail et du chômage, le sens de la hiérarchie, l'enseignement, l'accueil et l'insertion des immigrés. même si des réformes sont nécessaires, ce " modèle social français ", très lointainement et très profondément enraciné, n'est pas sans atout, et il serait déraisonnable de le jeter aux orties de la mondialisation.

  • Le projet moderne de refondation de la société hante notre existence d'homme et de citoyen. Dans l'univers du travail comme dans les débats sur la construction européenne et l'immigration, ou s'agissant du regard que nous portons sur les pauvres, notre horizon demeure l'av?nement d'une humanité régénérée par la raison, libérée des préjugés ancestraux et du poids des cultures. Mais jusqu'? quel point le projet moderne reste-t-il un rep?re pour l'humanité ? N'est-il pas gagné parfois par la démesure dont les Grecs pensaient qu'elle attire le châtiment des dieux ? Le projet moderne comporte un envers, une face sombre qu'il s'agit d'explorer.
    Dans ces entretiens avec Julien Charnay, Philippe d'Iribarne offre une profonde réflexion sur nos difficultés ? penser les hommes comme des ?tres de chair, soumis aux contingences du monde, irréductibles les uns aux autres. L'auteur revient sur son itinéraire intellectuel et la gen?se de ses travaux visant ? déconstruire tout ce qui se présente comme ? moderne ?, ? l'appui de sa théorie de la culture qui nous éclaire sur la permanence, au fil des si?cles, de mythes, de peurs et de désirs de salut largement inconscients au sein de chaque pays. Un livre qui fera date, fruit de trente années de recherches menées aux quatre coins du globe, des États-Unis ? la Chine en passant évidemment par la France, dont l'? étrangeté ? ne cesse de nous interroger.

  • À partir d'enquêtes poussées sur le cas de Lafarge - implantée (entre autres) aux États-Unis, en Chine, en Jordanie et en Malaisie -, Philippe d'Iribarne décrit par le menu, de la Chine au monde arabe et aux États-Unis, une pluralité de cultures. Comment

  • La mondialisation efface-t-elle les différences entre les peuples ? Les cultures sont-elles également compatibles avec la démocratie ? Pour comprendre la Chine d'aujourd'hui, faut-il revenir à l'idée d'une Chine éternelle ? Les sciences sociales peinent devant ce type de questions. Philippe d'Iribarne propose ici une voie de réponse. Dans chaque société, le regard porté sur l'existence est durablement structuré par la présence d'un péril craint entre tous : aux Etats-Unis, perdre le contrôle de son destin, en France en être réduit à plier, par peur ou par intérêt, devant qui peut vous nuire ou vous prodiguer ses faveurs, en Inde se rendre impur, à Bali être livré au chaos engendré par la résurgence d'émotions habituellement bien contenues, au Cameroun être victime de ce que trame dans l'ombre celui qui vous fait bonne figure... Le souci de conjurer ce péril nourrit la façon dont les individus, révolutionnaires ou défenseurs des traditions, orientent leur action et conçoivent les institutions qu'ils se donnent. Il s'agit là d'un rouage essentiel, jusqu'ici non identifié, du fonctionnement des sociétés. En prendre conscience renouvelle notre regard sur la modernité, transforme notre compréhension du vivre ensemble et ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire des sciences sociales.Philippe d'Iribarne observe et pense depuis des années la diversité des manières de s'organiser pour vivre et travailler ensemble. Il est l'auteur notamment de La Logique de l'honneur (Seuil, 1989), Cultures et Mondialisation (en collaboration, Seuil, 1998) et L'Étrangeté française (Seuil, 2006)

  • En France, la Révolution a voulu instaurer un corps politique formé de citoyens égaux, avec le risque, qu´on lui a assez reproché, d´inventer une abstraction. En effet, dans les relations quotidiennes, la vie de travail, les rapports de voisinage, le corps social est marqué par une attention aiguë à ce que chacun « est », et en particulier à ses origines. La France où les immigrés et leurs descendants ont à trouver leur place n´a donc pas l´unité et la beauté d´une épure. Leur insertion dans la société où ils arrivent est régie par d´autres lois que leur intégration au corps politique. L´abandon de l´ancien idéal d´« assimilation », les exigences nouvelles des employeurs en matière de « comportement », l´image que les Français se font de l´islam ont ouvert une faille entre deux formes d´appartenance. Une société résolument multiculturelle serait-elle la solution ? Ou relève-t-elle d´une utopie qui ne veut pas voir les contingences de ce bas monde ? Réflexion faite, après avoir entendu tous les arguments, Philippe d´Iribarne estime que l´idéal républicain reste le fondement nécessaire d´un monde où ceux qui sont venus de loin seront réellement reconnus comme des semblables.

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