• Vieillir est une réussite : la preuve en est que tout le monde n'y parvient pas. Philippe Bouvard, lui, peut se vanter d'avoir atteint l'âge de raison en toute sérénité. Évincé, puis rappelé pour réanimer - dans tous les sens du terme - les "Grosses têtes", il n'a rien perdu de son optimisme et de sa vivacité. Le résultat, ce livre qui célèbre à sa manière "l'ancienneté" : à l'image du cholestérol, il y a la mauvaise qui se prononce vieillesse et la bonne que l'on nomme expérience. Bouvard a choisi son camp. À soixante-dix ans passés, il trouve la vie décidément belle. Euphorisante et effrontée, une réflexion sur cet âge que l'on dit "grand", par un des élèves les plus indisciplinés du PAF.

  • Une pale ordure

    Philippe Bouvard

    « Sylvain Poret ne put contenir sa colère : - Si vous n'aviez pas autant d'argent, jamais je n'aurais travaillé pour vous ! La réponse de Grégoire Palau, dit Pâle Ordure fut conforme à la rhétorique cynique du directeur des programmes de Télémieux : -Dis plutôt que tu as de la chance de nous avoir rencontrés. Sinon tu mangerais encore des sardines à l'huile dans ton F3 de Drancy. Sur le moment, Poret avait éprouvé une jouis­sance à souffleter le mur du bureau directorial, sinon son occupant. Puis il avait commencé à regretter son geste. Pouvait-il se passer de la chaîne ? La réponse s'imposait : moins facilement que la chaîne se passerait de lui. »Abus de confiance, pots de vin, déstabilisation permanente, licenciements abusifs, droit de cuissage sont les ingrédients préférés des carnassiers de la jungle télévisuelle dont Philippe Bouvard dresse un truculent portrait. Avec ce nouveau roman, il livre une charge féroce contre ce milieu qu'il connaît bien. Farce autant que conte philosophique, Une pâle ordure, par sa verve satirique et son observation impitoyable de la machine à broyer les individus, est le roman noir et désopilant d'un moraliste de cette fin de siècle.

  • La grinchieuse

    Philippe Bouvard

    « Enfant, elle était déjà grincheuse. Adolescente, elle devint franchement chiques. Au point que le bon docteur Pierrot avait accouché de cette contraction néologique reprise par la famille et les rares amis : "Mme Rossinot est une grincheuse". » On sut très vite que nul ne pourrait la contenter. Certains prétendants préférèrent passer leur chemin. D'autres, aiguillonnés par la difficulté, se mirent sur les rangs. Mais elle faisait payer si cher ses faveurs qu'on regrettait bientôt de les avoir obtenues. Les hommes passaient dans sa vie, comme des fournisseurs de semence et des pourvoyeurs d'argent. Elle ne perdait jamais une occasion de leur rappeler la précarité de leur situation et décourageait toute conciliation fût-ce sur l'oreiller par cette formule : « Je ne suis pas une mégère qu'on peut apprivoiser. »On connaissait le journaliste à la plume caustique, l'amuseur et le moraliste. Philippe Bouvard, romancier, nous révèle une nouvelle facette de son talent. Observateur impitoyable de notre siècle, il décortique l'âme humaine et plonge au plus profond de sa noirceur pour nous offrir une fable grinçante, sans jamais rien perdre de sa verve rieuse et de son humour.

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