• La BD est avant tout assimilée à un objet de distraction et de plaisir. Elle peut toutefois être aussi considérée comme une source par les historiens. Les récits en cases témoignent en effet de la culture ou des convictions des éditeurs et des auteurs. En outre, la BD transmet d'autant plus efficacement des clichés ou des valeurs qu'elle combine dessins, enchaînements visuels et textes.

    Ce petit livre entend montrer, à partir de cas précis, analysés de manière poussée, comment l'historien peut s'emparer de la « littérature dessinée » et quels défis se posent à lui à cette occasion. Est-ce que les premiers exploits de Tintin sont marqués au fer du catholicisme conservateur teinté de maurrassisme qui fleurit alors autour d'Hergé ? Quels fruits naissent après-guerre de la collaboration entre la maison Dupuis et les jésuites, ou encore quels liens entretiennent les créations wallonnes, flamandes et américaines ?

    À chaque fois, l'auteur part des cases et des bulles, et propose en guise de conclusion, une analyse historienne méthodique et approfondie d'une planche de Tintin au Congo.

  • Fruit d'une quinzaine d'années de recherches sur l'histoire du catholicisme aux Antilles et en Guyane, ce petit essai de synthèse vise à mettre à la portée de tous les acquis des travaux scientifiques récents.

    Il est ordonné autour de trois grands thèmes : l'attitude de clergé à l'égard de l'esclavage, la diffusion de modèles élaborés en Europe, et enfin le catholicisme vécu. Si certaines parties mettent en perspective des travaux déjà publiés, mais jamais réunis, d'autres sections sont entièrement originales et fondées sur des documents anciens. L'ouvrage propose pour finir quelques pistes pour l'avenir, un choix de textes, ainsi qu'une bibliographie étendue sur le thème.

  • Née dans le sillage d'Hergé, la bande dessinée dite "franco-belge", qui s'est imposée par le biais des hebdomadaires Spirou et Tintin , a largement fait écho aux préjugés coloniaux. Le cas de Tintin au Congo , publié en 1930, est assez bien connu. Le présent ouvrage analyse la production franco-belge de manière plus générale, pour faire notamment ressortir des convergences. A travers la bande dessinée franco-belge "classique", se dévoile tout un imaginaire colonial, qui fait écho à l'idéologie officielle développée outre-Quiévrain, mais aussi à des romans ou au cinéma. Le lecteur observera cependant que le genre étudié, imprégné de valeurs catholiques et scoutes, cultive parfois un idéal de fraternité entre les peuples et de rejet des préjugés.

  • La BD belge des années 1920-1960 a bénéficié d'un fort impact social sur un temps étendu. Elle a notamment offert au genre nombre de « classiques », constamment réédités, comme les exploits de Tintin ou ceux de Spirou. Il s'agit d'une littérature pour les jeunes, et même avant tout pour les jeunes garçons, qui privilégie l'esprit d'aventure ou l'humour. Mais les éditeurs et les auteurs n'étaient pas coupés de leur époque, et un certain discours politique transparaît entre les cases et les bulles.
    La BD belge d'expression française est ainsi marquée par sa naissance au sein de milieux catholiques conservateurs, voire maurrassiens. Durant l'entre-deux-guerres, on trouve dans maints récits des clichés anticommunistes, antiaméricains, antisémites ou colonialistes. Après 1945, les cartes sont largement rebattues. Dans le cadre des nouvelles alliances, des héros pilotes de chasse américains font leur apparition, tandis que les vieux clichés à connotation raciste tendent à disparaître. Mais on peut aussi raisonner en termes de permanences, et noter qu'un monarchisme plus ou moins diffus imprègne la production belge, depuis les années 1930 jusqu'aux années 1960.
    Cet ouvrage n'entend ni exalter un prétendu « âge d'or », ni dénoncer des errements idéologiques, mais permettre aux amateurs de relire la BD belge sous un angle plus politique, et fournir aux enseignants des pistes pour mieux intégrer le 9e art au sein de leurs pratiques pédagogiques.

  • « Je suis catholique », affirme le vainqueur d'une élection primaire en vue des présidentielles de 2017, qui fait de lui le candidat de sa famille politique. Depuis une dizaine d'années, un temps de réaffirmation catholique se dessine qui s'exprime tant dans le champ politique, que sociétal, culturel que théologique. C'est ce mouvement que cet ouvrage tente de cerner.
    Le catholicisme en France connaît en effet des évolutions majeures depuis les années 1980. Des tensions parcourent l'Église au-delà des différences entre les choix d'identité et/ou d'ouverture. Alors que ceux qui revendiquent d'être à la « gauche du Christ » semblent vieillir et disparaître, d'autres courants s'affirment qui se veulent plus authentiquement catholiques : seraient-ils installés à la droite du Père ? À ceux que l'inquiétude évangélique étreint, aux chrétiens critiques répondrait un catholicisme confessionnel, assumé, loin de l'enfouissement des années 1950-1960, « décomplexé ». Ils mettent au coeur de leur foi et de leurs pratiques la défense et la restauration des valeurs chrétiennes et de la famille. Ils défendent des choix de vie en contraste avec des évolutions contemporaines, s'appuient sur des groupes élitaires, des revues, des militances renouvelées.
    Bruno Dumons et Frédéric Gugelot ont réuni historiens, politistes, sociologues, pour étudier la pluralité interne du catholicisme et les modes d'organisation de l'institution au croisement du XXe et du XXIe siècle. Il s'agit de définir des catégories et des mises en perspective historique, puis de dégager des terrains d'exercice de ce catholicisme (clergé, paroisses, communautés, liturgie puis réseaux et instances de socialisation) avant d'évoquer quelques mobilisations militantes récentes (blasphème, Glorious, JMJ, « Manif pour tous »).
    Bruno Dumons, directeur de recherches CNRS (LARHRA), spécialiste d'histoire religieuse et politique.
    Frédéric Gugelot, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Reims, membre du Centre de recherche en histoire culturelle (CERHIC) et associé au CeSor (EHESS).
    Ont également contribué à cet ouvrage : Paul Airiau, Valérie Aubourg, Céline Béraud, Ludovic Bertina, Romain Carnac, Guillaume Cuchet, Magali Della Sudda, Étienne Fouilloux, Olivier Landron, Charles Mercier, Denis Pelletier, Vincent Petit, Yann Raison du Cleuziou, Sophie Rétif, Isabelle Saint-Martin, Christian Sorrel, Josselin Tricou.

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