• Trente ans après la tragique retraite de Russie du Corps expéditionnaire italien consécutive à l'échec de la prise de Stalingrad et vingt ans après la publication du Sergent dans la neige devenu un classique de la littérature italienne du XXe siècle, Mario Rigoni Stern réalise un désir qui le taraude : retourner sur les lieux où tant de ses camarades ont trouvé la mort, au combat, de froid ou de faim. C'est l'occasion d'évoquer ses souvenirs. Passé et présent alternent. Jadis, les souffrances vécues ont rapproché les deux camps. Aujourd'hui, l'auteur retrouve les qualités de l'âme russe découvertes dans les camps de prisonniers où, réfractaire à poursuivre le combat aux côtés des troupes allemandes après 1943, il a côtoyé les soldats de la grande Armée Rouge. Déjà, durant la retraite les contacts humains avec la population locale, élémentaires autant qu'essentiels, recèlent une belle leçon de vie. Il évoque aussi son cher plateau d'Asiago, notamment lorsqu'une vieille scierie est convertie en camps d'internement pour des Juifs dont l'auteur s'efforcera après la guerre d'identifier les victimes et les survivants afin de nous faire aussi connaître leurs noms, à nous, lecteurs. Comme dans tous ses livres, le grand écrivain italien nous fait partager avec une intensité rare les moments forts de sa vie qui, au-delà de son amour de la nature toujours présent dans ses écrits, forment une sorte d'odyssée courageuse entre toutes.

    1 autre édition :

  • « Il avait survécu, quand tant d'autres étaient morts, à plusieurs guerres et périodes de captivité. Il se sentait responsable envers ceux qui ne pouvaient plus parler. Mais écrire ne lui suffisait pas. Il avait aussi le devoir et le plaisir de l'hospitalité, l'attention à la sensibilité d'autrui et l'intérêt pour la conversation, avec une façon caractéristique de rythmer les mots et les concepts, et il avait quelque chose de plus : le désir, l'urgence presque, de perpétuer le souvenir d'événements de la petite et de la grande histoire, de chercher la raison de tant de tragédies et d'erreurs qui ne sont jamais inévitables. Tel est aussi le but de ces entretiens : raconter, reconstruire, transmettre, avec cette liberté et cette immédiateté que seule la spontanéité du dialogue peut atteindre. (...) Lire ces conversations, c'est un peu comme retrouver ou découvrir un ami. Le temps semble s'arrêter et on se prend à imaginer que d'autres façons de vivre sont possibles. » Le Courage de dire non rassemble les entretiens inédits de Mario Rigoni Stern de 1963 à sa mort en 2008. Survivant de la guerre et des camps mais aussi conteur des montagnes, de la forêt et de la terre, Rigoni, celui dont son ami Primo Levi dira qu'il avait su « garder son authenticité dans notre époque de fous », fait partie des grands protagonistes du XXe siècle.
    Enfance et adolescence sous la Grande guerre, guerre en Russie, retour chez soi, travail, réflexions sur l'écriture, sur la force magique de la nature : Mario Rigoni Stern (1921-2008) aborde chaque question avec la clarté de ceux qui ont assisté à l'un des moments les plus dramatiques de l'histoire. Une oeuvre précieuse et émouvante (Le Sergent dans la neige, L'année de la victoire, Les saisons de Giacomo), mais aussi un homme d'une très haute conscience morale.

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