• La chance de Aà Z

    Laurent Lemire

    • Fayard
    • 7 Novembre 2018

    «  La chance est une déesse qui se lasse d'habiter constamment auprès des mêmes  », écrivait Euripide. Nous la sentons près de nous, prête à être saisie avant de s'échapper. Quelle est donc cette étrange notion  ? Comment les philosophes, les savants, les poètes et les joueurs l'ont-ils appréhendée  ? Quelle est sa place dans l'Histoire, dans les découvertes, en amour  ? D'où viennent les expressions «  être né coiffé  » ou «  toucher le pactole  »  ?
    Dans ce petit livre ludique et richement documenté, prenant la forme d'un abécédaire, Laurent Lemire nous invite à déambuler dans les superstitions, les symboles et les idées. Il nous raconte des histoires étonnantes de chiffres magiques, de dés truqués, de hasard ou de probabilités dont Cicéron, Pascal, Laplace ou le docteur Petiot sont aussi les personnages.
     
    Laurent Lemire est journaliste, collaborateur au Nouvel Observateur et à Livres Hebdo. Il est notamment l'auteur de Savants fous, d'Archimède à nos jours  : une histoire délirante des sciences (Robert Laffont, 2002) et d'Alan Turing, l'homme qui a croqué la pomme (Fayard, 2012).
     

  • La créature de Frankenstein, " Elephant Man ", Jack l'Éventreur ou les terroristes suscitent effroi et fascination. Qu'ils viennent de territoires inconnus ou s'inscrivent dans notre quotidien, ces monstres peuplent notre imaginaire, construisent nos mythes et nourrissent nos peurs. Dans cet ouvrage, Laurent Lemire s'intéresse à cette anormalité, mais nous révèle aussi que la monstruosité ne se cantonne pas à ces créatures difformes et parfois inhumaines. Elle fait bel et bien partie de notre réalité. Partant des mythes et des légendes, l'auteur analyse les monstres de tous types, y compris les plus anodins, les plus inattendus et interroge le rapport qu'ils entretiennent avec l'Homme, mettant ainsi en lumière la part sombre ou bizarre de l'humanité. Le monstre montre toujours quelque chose. Reste à savoir quoi... Dépassant de loin le simple mais instructif glossaire, l'auteur voyage avec bonheur à travers l'Histoire, la mythologie, les sciences humaines, mais aussi la criminologie et le droit, renouvelant le genre et tissant le lien qui va du merveilleux à l'horreur.

  • Pomme croquée et arc-en-ciel du drapeau gay, le célèbre constructeur d´ordinateurs Apple rend un hommage crypté au mathématicien Alan Turing, qui fut l´un des plus grands esprits du XXe siècle. Jeune étudiant à Cambridge dans les années 1930, Turing se distingue en publiant des travaux théoriques qui posent les fondations des recherches en intelligence artificielle. Il côtoie alors les plus grands mathématiciens de l´entre-deux-guerres. En 1936, à Princeton, aux États-Unis, il a l´idée de concevoir un ordinateur. La Seconde Guerre mondiale lui permet d´appliquer ses théories. Engagé par les services secrets britanniques, Turing parvient à percer le secret de la machine « Enigma », qui permettait aux nazis de coder leurs messages, et contribue ainsi à la victoire des Alliés.  Mais ce héros discret sera contraint de demeurer dans l´ombre. Condamné d´abord au secret pour ses recherches, Alan Turing le sera ensuite pour son homosexualité, dans une Grande-Bretagne de l´après-guerre où l´homosexualité est un crime - Oscar Wilde en avait fait les frais cinquante ans plus tôt. Désormais écarté de tous les grands projets scientifiques, Turing est effectivement condamné en 1952 à la castration chimique. Ne supportant pas les effets des traitements hormonaux, il met fin à ses jours : le soir du 7 juin 1954, cet étrange surdoué, inconditionnel du Blanche Neige de Walt Disney, croque dans une pomme imprégnée de cyanure.  À partir de d´archives conservées à Cambridge et d´enquêtes dans les milieux de l´informatique, Laurent Lemire conte l´histoire stupéfiante d´un génie victime de la cruauté et de l´intolérance de son temps.

  • Chef de cabinet de Marcel Déat, collaborateur notoire, Georges Albertini refusa catégoriquement, à la Libération, malgré la gravité des faits qui pourraient lui être reprochés, de quitter Paris et de se joindre aux émigrés de Sigmaringen. Ce qui en dit long sur sa personnalité. Ancien socialiste, pacifiste convaincu cet homme fluet avait toujours eu un goût particulier pour noter et archiver toutes ses rencontres. Déjà à l'époque, chacun s'interrogea sur le sort des fameux « papiers » d'Albertini, brûlés selon ses amis, pieusement conservés selon certains. Est-ce pour cela qu'il bénéficia, lors de son procès, d'une extrême clémence : cinq ans de travaux forcés alors que d'autres subirent le peloton d'exécution ? Sa peine purgée, il participe alors à toutes les croisades anticommunistes et fonde, avec Boris Souvarine, les célèbres cahiers Ouest-Est. Réduit au silence en raison de ses activités sous l'Occupation, il n'en devient pas moins l'éminence grise, très appréciée, d'hommes d'État aussi différents que Vincent Auriol, Edgar Faure, Guy Mollet et Georges Pompidou. Il ne manque pas ensuite d'influencer certains éléments de la nouvelle classe politique française : Marie-France Garaud, Jacques Chirac, Alain Madelin, etc. Et là commence la légende de cet homme de l'ombre.

  • Copernic? Personne ne s'intéressa de son vivant à ses travaux. Léonard de Vinci? Il a fallu attendre le XIX? siècle pour redécouvrir ses dessins anatomiques. Mendel? Il cultiva des pois d'où sortirent les premières lois de la génétique trente-cinq ans plus tard. Comme Alfred Wegener et sa dérive des continents, Svante Arrhenius et sa théorie de l'effet de serre, Georges Lemaître et son Big Bang ou Peter Higgs et son fameux boson envisagé en 1964 mais « vu » pour la pre¬mière fois en 2012, tous ces savants ont en com¬mun d'avoir eu raison trop tôt. Leurs travaux furent incompris ou écartés avant de changer notre vision du monde. Plutôt que de considérer qu'ils étaient en avance sur leur temps, on préféra décréter qu'ils avaient pris le mauvais chemin.

    Avec brio, et un brin d'humour, Laurent Lemire brosse le portrait d'une vingtaine de savants, y compris les plus célèbres d'entre eux pour leur re¬donner leur juste place. Car, sans eux, les choses ne se seraient peut-être pas déroulées de la même manière.

    Voici une autre histoire des sciences à la fois surprenante, émouvante et passionnante.

  • Aussi souriante qu'effrayante, une « anti-histoire » des sciences des origines à nos jours, où l'on retrouve aussi bien Archimède qu'Oppenheimer...0300 Mais de vrais savants - et non des moindres - furent eux aussi tentés par l´irrationnel, le bizarre et l´inconnu. Newton écrivit sur la religion et l´alchimie, Pierre et Marie Curie furent attirés par les tables tournantes, Edison envisagea un téléphone pour communiquer avec les défunts et Nikola Tesla imagina un rayon de la mort plus proche de la science-fiction que de ses propres recherches en électromagnétisme. Et puis, il y eut les authentiques génies cinglés comme le logicien Kurt Gödel, l´informaticien Alan Turing ou John Nash, Prix Nobel d´économie en 1994 et schizophrène.
    Ces personnages hors du commun, qu´ils soient réels ou fantasmés, interrogent notre rapport à la science et au savoir. Voici donc la véritable histoire des dingues de labo, des agités de l´éprouvette, des fêlés de l´éthique, bref de tous ceux par qui, un jour, le délire scientifique est arrivé.
    0300Pas de savant sans grain de folie. De vrais savants - et non des moindres - furent tentés par l´irrationnel, le bizarre et l´inconnu. Newton écrivit sur la religion et l´alchimie, Pierre et Marie Curie faisaient tourner les tables, Edison envisagea un téléphone pour communiquer avec les défunts, et Nikola Tesla imagina un rayon de la mort plus proche de la science-fiction que de ses propres recherches en électromagnétisme... Chacun des portraits réunis ici est l´occasion de raconter des tranches de vie débridées et de s´attarder sur les fêlures de ces génies scientifiques, les moments où leur vie a basculé, de raconter leurs inventions dingues, leurs travaux insensés, leurs découvertes prodigieuses, mais aussi leurs comportements étranges. Dans un livre aussi rigoureux que plaisant, Laurent Lemire propose la véritable histoire des dingues de labo, des agités de l´éprouvette, des fêlés de l´éthique, bref de tous ceux par qui, un jour, le délire scientifique est arrivé.0400Table des matières Introduction Chapitre 1 :   Des Prométhée déchaînés Chapitre 2 :   Les premiers excentriques Chapitre 3 :   Farfelus gothiques Chapitre 4 :   Les docteurs universels Chapitre 5 :   L´étonnant Newton Chapitre 6 :   Des Lumières très électriques Chapitre 7 :   Révolutionnaires et fougueux Chapitre 8 :   Naissance d´un monstre Chapitre 9 :   Des médecins zinzins Chapitre 10 : Les obsessionnels de la mesure Chapitre 11 : L´infini turbulent Chapitre 12 : Un rayon mortel Chapitre 13 : Vraiment givré Chapitre 14 : Les rayons du professeur Blondlot Chapitre 15 : Logique de la folie Chapitre 16 : L´Ange du bizarre Chapitre 17 : Un physicien disparaît Chapitre 18 : Un délire étatique Chapitre 19 : Un fan de Blanche-Neige Chapitre 20 : Le mutique du quantique Chapitre 21 : Faites sauter la bombe !
    Chapitre 22 : L´empereur de l´Antarctique Chapitre 23 : L´homme qui refusait les dollars Conclusion Remerciements Bibliographie Index

  • A l'heure où les débats entre créationnistes et évolutionnistes continuent de faire rage, voici une restitution claire, vivante et critique des théories et des recherches anthropologiques de Buffon à nos jours. Sur ces questions, le livre de Lemire et Picq est devenu un classique.Il y a maintenant plus d´un siècle, en 1857, la révolution darwinienne, deuxième grave blessure infligée à l´amour propre de l´humanité après la révolution copernicienne, a révélé l´appartenance de l´homme au monde animal. Scandale ! Car c´est là l´a priori hérité de notre culture judéo-chrétienne et ancré, aujourd´hui encore, jusque dans l´esprit de certains anthropologues : l´homme n´accepte de se rattacher à l´animalité que dans la mesure où il constitue la fin de l´évolution qui a transformé les espèces. Il serait ainsi le résultat unique et définitif d´un processus d´hominisation : au singe à quatre pattes aurait succédé une longue procession d´espèces qui se seraient redressées progressivement, et ce sans qu´aucune tête ne dépasse jamais celle du représentant de la plus récente de ces espèces, l´homme moderne. C´est ce que nous exprimons quand nous déclarons : « L´homme descend du singe. » Or une telle affirmation est une erreur, explique Pascal Picq : « On ne peut pas descendre de soi-même. L´homme fait partie des singes au même titre que les chimpanzés, les babouins et autres macaques. » Non qu´il faille remettre en cause la théorie de l´évolution, elle reste une théorie fructueuse pour comprendre le monde animal, mais il faut comprendre la place de l´homme dans l´évolution. Nous ne sommes pas le résultat parfait de l´évolution, nous ne « descendons » pas du singe, nous sommes ses cousins.

    En retraçant les grandes étapes de la découverte des origines de l´homme, Pascal Picq montre comment a persisté et persiste encore l´idée préconçue que l´homme se situerait en haut de l´échelle des êtres, qu´il y aurait comme un saut qualitatif de la nature entre les singes et lui. Les recherches de Pascal Picq, une nouvelle fois, nous décentrent.

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