• De plus en plus, à l'échelle mondiale, face aux carences de l'État et du marché, le recours à l'« économie solidaire » apparaît comme la solution qui s'impose pour « réencastrer » l'économique dans le social et dans le politique. Mais cette formulation reste trop abstraite et insensible à la différence des genres. En fait, non seulement les femmes sont souvent les premières actrices des pratiques d'économie solidaire mais celles-ci offrent une opportunité inédite pour lutter contre les inégalités de sexe. Ceci explique-t-il cela ? Fondées sur des observations empiriques approfondies menées en France et au Sénégal, cet ouvrage explore les potentialités offertes par les nouvelles formes d'entrepreneuriat collectif et en propose une grille de lecture.

  • Partout dans le monde, des femmes et des hommes se mobilisent pour faire de l'économie autrement, une économie citoyenne qui ne soit pas au service du profit mais de l'intérêt collectif, et fondée sur la solidarité. L'économie solidaire concerne-t-elle un secteur de seconde zone, tout juste bon à panser les plaies de l'économie néolibérale ou pallier les manques d'un service public déliquescent ou inexistant ? Comment expliquer le faible intérêt, dans la littérature sur l'économie sociale et solidaire, pour le genre et les théories féministes ? Pourtant, ces initiatives sont fortement genrées et les femmes y sont souvent surreprésentées. Les activités sont marquées par des valeurs implicites de don de soi ou de sacrifice pour le bien- être de la famille, face à la crise et aux déficiences des systèmes de protection sociale. À quelles conditions trouve-t-on dans ces initiatives une opportunité de réinvention de l'économie, réencastrée dans le social et le politique et au service de la justice sociale et de genre ? Quelles sont les alternatives face à la crise de la reproduction sociale ? Peut-on repenser le politique et la démocratisation de l'économie ? L'économie solidaire peut-elle constituer une source d'émancipation pour les femmes ou est-ce que la solidarité, souvent dans des situations d'exclusion, ne fait que reproduire les mécanismes de leur propre exploitation ? Dans quelle mesure et à quelles conditions l'économie solidaire peut-elle être féministe ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il existe partout dans le monde une multitude d'initiatives locales spécifiquement féminines combinant activités économiques (production, consommation, finance, etc.) et politiques (défense des droits) et pourtant celles-ci sont quasiment ignorées de l'opinion publique et du domaine académique. La mobilisation des femmes pour faire de l'économique autrement est-elle une résistance et un palliatif à la mondialisation libérale ? Ou assiste-t-on à la construction d'une alternative ? Telle est la question centrale de cet ouvrage. Isabelle Guérin est socio-économiste, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement, responsable du programme « Travail, finances et dynamiques sociales » de l'Institut français de Pondichéry Madeleine Hersent, directrice de l'association ADEL (Association pour le développement économique local) Laurent Fraisse est socio-économiste, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique.

  • Comment se définit-on aujourd'hui ? Les bouleversements sociaux du xxe siècle ont modifié en profondeur des références identitaires qui semblaient immuables. Le métier, la famille, le territoire constituaient le fondement des identifications sociales. Au cours des dernières décennies, l'affaiblissement des institutions traditionnelles s'est accompagné d'une diversification des formes d'appartenances et des parcours de vie. Réalisée en 2003 par l'Insee et ses partenaires, l'enquête Histoire de vie a pour objet central la quête des appartenances dans laquelle sont engagés les acteurs sociaux. L'ouvrage explore les parcours individuels à travers différents registres identitaires : le territoire, la famille, l'appartenance sociale, la conjugalité, l'activité professionnelle, l'engagement politique et religieux, les langues parlées, mais aussi le handicap ou la maladie. Sociologues, démographes, économistes, géographes, statisticiens offrent ici leurs points de vue en se démarquant des classifications traditionnelles, et intègrent une dimension très novatrice de l'enquête, confrontant les conditions objectives d'existence des personnes au regard subjectif que celles-ci portent sur elles-mêmes. Cette enquête est la première en France qui permet de cerner, par des données chiffrées, les multiples composantes de l'identité individuelle.

  • Le concept de domination constitue l'une des plus hautes crêtes de cristallisation des débats qui animent le champ des sciences sociales et bien au-delà, toutes les réflexions sur la nature des rapports qui font et défont les sociétés. Il continue de donner lieu à de multiples controverses sur le pouvoir, les relations sociales où il prend forme ainsi que les subjectivités et les désirs ambivalents qu'il suscite. Plutôt que de revenir de manière abstraite sur ces débats, ces figures anthropologiques de la domination se proposent d'aborder, depuis des terrains contrastés (en Inde, au Pakistan, en France, au Mali et en Roumanie), les contradictions actuelles de la domination, en faisant une large part à la réflexivité, à l'épistémologie et aux positions en miroir des chercheurs et des acteurs.

  • Etre citoyen aujourd'hui, c'est consommer et dépenser son argent, qu'il soit rare ou abondant. Les contradictions de la consommation sont nombreuses : d'un côté, sa phase ascendante s'est achevée avec la crise ; de l'autre, un nouveau marché s'ouvre aux plus démunis. Les consommateurs se retrouvent enfermés dans une prison de plus en plus étroite qui les enchaîne au stade ultime de l'aliénation du marché capitaliste. Jusqu'où et jusqu'à quand ?

  • Ignorée, invisible, la question du genre reste cachée sous le développement. Et pourtant, comprendre le développement n'est pas possible sans une perspective de genre. Cet ouvrage, didactique, montre en quoi et comment le concept de genre permet de revisiter les études de développement. Le genre permet de comprendre la construction historique, sociale et culturelle des différences et des inégalités. Il offre des outils pour une analyse critique du système capitaliste globalisé. Le genre, inscrit dans le féminisme, permet aux catégories dominées et marginalisées, en particulier les femmes mais pas seulement, de faire entendre leurs voix. Dans le contexte actuel de crise globale et d'accroissement des inégalités, il propose des pistes pour renouveler la pensée sur le développement, mais aussi pour agir autrement. Combinant diverses disciplines et thématiques, cet ouvrage montre que la portée heuristique du genre ne se limite pas aux domaines habituellement considérés comme féminins (l'éducation, la famille, le social, la santé de la reproduction, etc.) mais s'étend à tous les domaines (le politique, le droit, la sécurité, la diplomatie, l'économie, etc.). Ce livre met aussi en évidence la diversité et l'enrichissement mutuel des diverses traditions de recherche entre le monde francophone, anglophone et hispanophone. Il s'adresse particulièrement aux étudiant-es, chercheur-es et enseignant-es, militant-es, chargé-es de programme dans des organisations de coopération et représentant-es des pouvoirs publics au Nord et au Sud.

  • La solitude a récemment fait son entrée en politique : un premier « ministère de la solitude » a été créé au Royaume-Uni en 2018, suivi, quelques semaines plus tard, d'une proposition similaire en Russie. Si la question sociale de la solitude est loin d'être nouvelle, son institutionnalisation en enjeu de politiques publiques est récente, et entérine un réel changement d'échelle dans la façon d'appréhender ce phénomène. Longtemps considérée comme insaisissable, subjective et diffuse, exigeant exclusivement des actions locales et ciblées, elle est de plus en plus envisagée comme un fait social à part entière, et donc comme un objet légitime de politiques publiques à la fois nationales et transversales. La solitude, expérience intime par excellence, peut désormais relever d'un ministère d'État.

  • La question posée dans ce numéro concerne la façon dont le rapport à la mort, social, politique, subjectif s'exprime pour ses dissidents et dissidentes, notamment celleux qui ne se conforment pas à la binarité du système, soit les personnes trans et non binaires.

    Cette parution est l'occasion de croiser les perspectives historiques, anthropologiques, sociologiques, psychologiques et cliniques autour des déterminants sociaux, des situations de vie mais aussi de l'expérience intime de la mort pour les personnes trans.

  • Microfinance is often presented, not only as an efficient tool to fight against poverty, but also as a means of promoting the empowerment of the most marginalized sections of the population, especially women. However, reality has shown that the causal relation between microfinance and empowerment is neither linear, nor unequivocal and that it is even less systematic. This book is an attempt to nourish the debate, on the one hand, by combining theoretical reflections and case studies, and on the other hand, by engaging practitioners and researchers from various backgrounds (mainly economists, sociologists and anthropologists). First of all, we consider the question of definitions. Even if everyone agrees that the concept of `empowerment' refers to notions of choice, of power and of change, the diversity of definitions suggested here confirms that under no circumstances does a universal conception of it exist. The second part insists on the central role of the environment. The link between microfinance and empowerment is all the more subtle, and sometimes unforeseeable, as microfinance projects take place within an economic, socio-cultural and political context that is itself complex, evolutionary and which partially conditions the results obtained. Microfinance projects - as any development projects - should therefore be understood and analyzed as endogenous processes. Finally, a third part relates to the crucial question of evaluation. Here still, the diversity of the results is striking: certain experiments are very positive while elsewhere the results are very mixed and sometimes even worrying. One does not speak any more of empowerment, but of "disempowerment" or even "overempowerment". This heterogeneity of results is due as much to the diversity of the projects, their methods of action, the target population, and the context of intervention as to the methodologies of evaluation. The conclusion leads us to go beyond a certain number of contradictions evoked throughout the book while proposing to think of empowerment using the French concept of "solidarity-based economy". This concept of solidarity-based economy, which is theoretical as well as normative, is a framework for analysis and action, which, according to us, must make it possible to guard against the risks of failures and perverse effects mentioned throughout the book.

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