• Des siècles de civilisation occidentale nous ont habitués à dissocier l'âme et le corps, le pur et l'impur, l'esprit et la matière, la religion et le sexe. L'histoire est pourtant traversée de cultures qui ont entretenu un rapport beaucoup moins conflictuel entre ces réalités. Certaines sont même allées jusqu'à faire du corps et de ses passions l'un des chemins privilégiés vers le divin. Voilà ce qu'on explorera ici. On le fera d'abord en observant comment les religions, à travers le temps et l'espace, ont tenté de réguler la sexualité humaine. Mais on verra aussi comment elles l'ont utilisée pour expliciter leurs croyances et leurs dogmes, nourrir leurs symboles et leurs rituels, décrire leur expérience du sacré.

    Un tel parcours ne nous confine pas aux ombres disparues du passé; il permet de dégager des façons de penser et des types de comportements encore repérables dans le vécu de notre propre temps, fût-ce le plus souvent à notre insu. Il se pourrait d'ailleurs que la quête des sens caractéristique de notre époque puisse à maints égards se lire comme une véritable quête de sens, et que celle-ci s'apparente plus qu'on le croit à la quête religieuse d'une humanité plusieurs fois millénaire.

  • En introduction de ce recueil de 369 limericks, Guy Ménard présente le genre dans un texte porté par une plume alerte, dynamique et divertissante. S'il prend parfois des petites libertés avec la forme, ses limericks répondent sans contredit à leur objectif premier : observer le monde contemporain sous toutes ses coutures, le disséquer, le retourner dans tous les sens. Ces petites caricatures révèlent un homme d'une grande sensibilité, au cynisme bien placé et au sens de l'humour indéniable. Chaque poème est un petit bonheur de sourire en coin, et on se prendra plus dune fois à se dire, la main sur la bouche : « Ciel, il a osé ! »

  • «Dans son Homo ludens, Johan Huizinga a mis en lumière ce qui rapproche le jeu du secret, du mystère, de l'action sacrée - bref, du rite. Réciproquement, l'action rituelle est un spectacle, une représentation dramatique, une figuration, un geste répétitif et réglé: en d'autres termes, un jeu. Quelle que soit sa valeur, ce rapprochement entre le jeu et le rite est apparu comme un outil à la fois provocant et prometteur. D'autant plus que, à bien des égards, la culture contemporaine manifeste un engouement considérable pour d'innombrables formes ludiques, du sport professionnel aux jeux vidéo, en passant par les "jeux de société", les quiz, les jeux de "hasard" et les séductions du show business. À partir de l'analyse d'une "action ludique", quelle qu'elle soit - voyages à Las Vegas de touristes captivés par le Caesars Palace, engouement pour la téléréalité, fascination pour les jeux "de rôle" ou pour les jeux vidéo d'horreur -, il serait ainsi possible de déboucher sur le rite. Mais, à l'inverse, en examinant un rite - liturgie eucharistique, manifestation du 1er mai, remise des médailles olympiques, pèlerinage à Compostelle ou à Katmandou -, c'est bel et bien au jeu que l'on aurait le sentiment d'aboutir. Pourrait-on dès lors, au sens strict - et non à celui d'une vague analogie -, poser une équivalence entre rite et jeu? Telle est en tout cas la question qui sert de fil conducteur à cette réflexion collective qui dégage, sous divers angles et à propos d'un grand éventail de manifestations culturelles anciennes et récentes, la force anthropologique et la persistance du jeu autant que du rite.» ( Philippe St-Germain et Guy Ménard )

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