• Ce livre explore les puissances qui animent l'acte sexuel, des plus pulsionnelles aux plus culturelles. Il montre comment le choix du genre ? se sentir femme ou homme ? est loin d'être conforme à l'anatomie et s'appuie sur une bisexualité psychique souvent méconnue. Chacun se choisit un genre en refoulant l'autre qui devient le lieu d'une attirance et d'un conflit, d'une « guerre des sexes » dont les péripéties animent le désir. Mais après avoir démonté les rouages de la « machinerie sexuelle », l'auteur aborde la partie la plus importante et la plus novatrice de son livre, celle qui concerne l'orgasme. Si la recherche de ce Souverain Bien commande beaucoup plus que le rapport entre les hommes et les femmes, on mesure qu'il y a dans cet essai un enjeu politique, centré sur un ressort secret qui anime la Cité.

    En couverture : Pierre Prud'hon, Vénus et Adonis, craie noire, grise et blanche sur papier brun roux, 1808, Rijksmuseum, Amsterdam. © Dennis Hogers / fotograaf PK-Online.

  • Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que notre conception de l´homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu´une « machine » dont il suffirait de réparer les rouages en cas d´avarie ; les sentiments comme l´amour, le désir, des créations comme la poésie ne seraient plus qu´une question d´hormones et de connexions nerveuses ; quant à l´activité psychique, les rêves, l´inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Éternel débat que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. Or peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d´un même phénomène ?
    Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Du reste, nombre de découvertes neurophysiologiques apportent de l´eau au moulin de Freud et montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d´inconscient. En mesurant l´apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu´est un « sujet », mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires...

  • Un effort d'explicitation du concept psychanalytique de Réel et de son intérêt pour la clinique du symptôme.
    Le concept de Réel est fondamental dans la clinique psychanalytique en raison du réel de la souffrance du symptôme, qui s'appuie pourtant seulement sur une réalité psychique. Cependant, la plupart des psychanalystes emploient ce terme dans un sens surtout philosophique qu'il est urgent de le préciser. Du même coup, la position respective de la science et de la psychanalyse se trouve explicitée.

  • Quoi de plus curieux que la querelle de deux amants lorsqu'elle se conclut par un déchaînement de passion amoureuse ? Aussi violente fut l'algarade, aussi sensuel paraît son épilogue. Alors même que deux amants remarquent qu'ils se laissent aller à leurs

  • Une analyse se termine-t-elle ? La longueur des cures passe parfois pour le résultat des conceptions théoriques et de la pratique des analystes contemporains.
    Mais en allait-il autrement il y a quelques décennies ? Freud lui-même se plaignait, en 1937, de la difficulté qu'il y avait à écourter la durée des analyses. L'immense majorité des analyses s'interrompt, au mieux, sur un effet thérapeutique heureux, mais elles ne sont pas pour autant achevées. Son procès reste-t-il seulement suspendu dans des conditions plus ou moins précaires ? Peut-il s'interrompre à un moment d'équilibre, permettant à l'analysant d'en finir avec le lien étrange qui l'attache moins à l'analyste qu'à ce qu'il ignore dans sa propre parole ? Existe-t-il au contraire une fin logique, aussi certainement calculable que les conditions qui ont présidé à l'entrée dans la cure ? Si Freud a évoqué la question de la fin de l'analyse tout au long de son oeuvre - avant tout dans les termes d'un objectif thérapeutique plus ou moins bien rempli - il ne l'abordera dans sa spécificité qu'au terme de sa vie. Tout en montrant la continuité qui existe de Freud à Lacan, G.
    Pommier tente de dégager ce qui, dans une analyse, peut logiquement se dénouer de ce qui restera indéfini. Faire la part entre le fini et l'infini est un enjeu d'importance, qui permet de délimiter ce que l'on peut attendre de l'invention freudienne.

  • Le crime commis par Louis Althusser (1918-1990), en tuant son épouse, venait au terme d'un parcours cahotique où se succédaient des crises maniaco-dépressives. Le philosophe, loin de construire un mur entre son oeuvre et son délire, cherchait à en élucider lui-même les points de jonction, les passes obscures. Il s'est finalement suicidé. G. Pommier poursuit ici la réflexion d'Althusser.

  • Dans le labyrinthe d'écoles psychanalytiques qui se réclament toutes de Freud, le profane peut avoir l'impression de se perdre, et se demander ce que signifie, au-delà des divergences pratiques et théoriques, cette référence copnstante au père fondateur. Serait-ce le signe que la psychanalyse échoue à établir son statut scientifique, ou bien serait-elle atteinte d'une névrose infantile, qui la riverait encore à l'amour du père ? Comment rendre compte que la formation des psychanalystes paraît relever de l'initiation ou de la transmission familiale ? Si elle ne relève ni de la religion, ni de la charlatanerie, à quelle pratique de discours appartient la psychanalyse, qui la distingue de la philosophie comme de la médecine ? Paru en 1989, cet ouvrage est toujours d'une brûlante actualité que l'auteur souligne dans une nouvelle introduction.

  • Il existe un agencement du désir sexuel.
    Il s'impose à chacun, qui y répond comme il le peut sans savoir d'où vient cette force ni ce qu'elle doit à l'amour. N'est-il pas accablant de constater que les désirs les plus profonds, qui sembleraient les plus aisés à satisfaire, parce qu'ils rencontrent presque toujours leur complice, paraissent la plupart du temps s'empêtrer dans leur propre mouvement et laisser, sinon dans l'insatisfaction, du moins dans une attente indéfiniment reconduite ?

  • Les désirs singuliers ne s'additionnent pas et la psychanalyse, qui traite de la particularité de chacun, devrait se désintéresser de toute investigation «politique». Mais le désordre secret de ces désirs singuliers n'a-t-il pas une incidence sur le tissu social ?
    Les travaux de Freud concernant la psychologie des foules sont encore loin d'avoir reçu toute l'attention qu'ils auraient méritée. Lorsqu'elles ne sont pas considérées comme des mythes ou de simples constructions, les thèses freudiennes ne sont guère prises en compte dans leur actualité, peut-être parce qu'on ne perçoit pas bien à quelle pratique concrète l'analyse théorique de la psychologie des foules correspondrait. Gérard Pommier tente d'éclairer les rapports de la psychanalyse et de la politique et montre que le regard de la psychanalyse peut être fécond lorsqu'il s'agit d'observer la réalité sociale.

  • Un assai sur les articulations entre l'identification et la pulsion, le signifiant et la lettre, le symptôme et l'angoisse.

  • Une longue histoire de l'écriture précède le moment où un enfant s'empare à son tour des signes de l'alphabet. Quelle analogie existe-t-il entre l'apprentissage individuel des graphies et les étapes qui furent celles que l'humanité dut franchir pour les inventer? Une étude d'un psychanalyste, ancien élève de Lacan.

  • « La question du genre et de la parentalité a bouleversé notre société en profondeur. Le carcan de plusieurs millénaires de patriarcat monothéiste a cédé - non seulement dans les lois, mais dans les manières de vivre et de respirer enfin. Les positions de `père' et de `mère' ne sont pas liées au sexe anatomique, mais à des fonctions. Une mère console de son propre ravage. Un père est ce personnage douteux qui punit, que l'on voue aux gémonies, mais que l'on en aime pas moins à mort. Le seul critère de ces fonctions est l'amour, qu'un homme ou une femme veulent donner, et les familles patriarcales normopathes en sont souvent bien dépourvues, ultra pathogènes qu'elles sont.

    Quant à la question du genre, elle aurait dû être limpide depuis longtemps, au moins depuis les thèses de Freud sur la bisexualité, dont il ne s'est jamais départi. Nous sommes divisés par plusieurs genres, et nous en choisissons un, selon notre histoire, non sans une certaine variabilité selon les âges de la vie, ou même les heures de la journée.

    Sur ces questions essentielles, une majorité de psychanalystes a fermé les yeux : il est temps de les ouvrir. Le désir inconscient poursuit sa route. Les psychanalystes qui ne porteraient pas `un regard neuf' sur ces réalités feraient de leur pratique la norme d'un temps révolu. » Gérard Pommier

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques. À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • De l'"OEdipe-roi" de Sophocle au complexe d'OEdipe freudien, de multiples chemins d'enquête donnent à voir la complexité du personnage mythique et les traits majeurs de son évolution au cours des siècles. Le mythe d'OEdipe meurt et renaît sans cesse pour continuer à raconter l'histoire de cette recherche de soi.

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